The National Times - Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon

Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon


Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon
Près de la nouvelle ligne de front dans le Donbass, un sentiment d'abandon / Photo: © AFP

A Seversk, gros bourg ukrainien proche de la nouvelle ligne de front dans l'Est, un sentiment d'abandon a gagné les habitants qui "essaient de survivre", la nuit dans les caves et le jour en cherchant eau, nourriture, aide et médicaments.

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"Tout le monde souffre. On essaie de survivre", confie Nina, 64 ans, retraitée qui pousse sa bicyclette. "Il n'y a pas d'eau (courante), pas de gaz, pas d'électricité. On vit sous les bombes depuis trois mois, c'est l'âge de pierre", dit-elle.

Un camion ambulant propose des marchandises et des victuailles polonaises, du pain, des saucisses, des recharges pour camping gaz. Les habitants se rassemblement autour du véhicule alors que le grondement prolongé des roquettes Grad se fait entendre.

"C'est cher, bien sûr", constate Nina.

Cette petite ville du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, a des allures de village avec ses maisons d'un étage plantées le long de routes poussiéreuses. Dernière grosse localité avant le front, elle est devenue la nouvelle frontière entre la Russie et l'Ukraine.

Toute la journée, des véhicules militaires ukrainiens, dont des Humvees américains et des obusiers de dernière génération américains et de style soviétique, passent et repassent. Des tanks aussi, des camions d'aide et des ambulances.

Les troupes ukrainiennes, après avoir quitté Severodonetsk ravagée et désormais occupée par les Russes, combattent maintenant à Lyssytchansk, sur la rive opposée de la rivière Donets.

A Seversk, les habitants encore sur place, parmi lesquels beaucoup de retraités, ont l'impression d'être abandonnés par Kiev.

"La ville est carrément morte et nous voudrions vivre un peu plus longtemps", se plaint Marina, 63 ans, ouvrière en retraite. "Ils sont juste en train de nous tuer, c'est dangereux partout", et "personne n'a besoin de nous, il n'y a pas d'aide du gouvernement, l'Ukraine nous a oubliés".

"On ne vit pas, on survit", se désole une autre femme, 60 ans, Polina, vêtue d'un survêtement violet flashy.

- "Les piles très demandées" -

"Ca défile toute la journée", constate un policier près d'un point de contrôle, qui observe "du mouvement aujourd'hui" après le passage de trois véhicules évacuant principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants.

Une fumée sale s'élève après le tir d'un missile ukrainien.

De l'aide humanitaire est aussi acheminée. A la mairie de Seversk, trois camions de la Croix-Rouge arrivent et déchargent des cartons de nourriture, avec de l'huile, du thé, de la farine et des produits d'hygiène, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une responsable municipale, Svetlana Severin, réclament plus de bougies, d'allumettes et de lampes torches à la Croix-Rouge. "Les piles, c'est très demandé", dit-elle.

Les cartons d'aide sont entreposés et la distribution organisée par roulement certains jours de chaque mois, pour éviter les attroupements, selon Mme Severin.

Près du camion ambulant, une vieille dame s'indigne pourtant de ne pas accéder à l'aide. Elle réclame des médicaments pour son coeur.

"Les gens ont besoin de bougies, ils passent la nuit dans leurs caves", décrit une travailleuse sociale, Svetlana Meloshchenko, qui fait la tournée avec de l'eau acheminée dans des bidons de lait et achève de distribuer des bougies, des biscuits et du savon liquide.

"Il y a beaucoup de petits enfants, de personnes âgées ou handicapées", dit-elle, et aussi "beaucoup de diabétiques" : "Les médicaments sont fournis à l'hôpital mais ça ne suffit pas".

Près de là, dans une station essence désaffectée, des militaires ukrainiens font une pause. Ils mâchent du pain et des saucisses, mitraillettes au pied. Ils disent aller et venir du front, sans donner de détails.

"Notre cause est juste", insiste un jeune soldat. Un aîné barbu ajoute en souriant: "On ne regarde pas les infos. Quand les nouvelles seront vraiment bonnes, on en entendra certainement parler".

A.Wood--TNT

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