The National Times - Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion

Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion


Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion
Sénatoriales: la macronie compte ses pertes, la droite mesure son érosion / Photo: © AFP

Après les sénatoriales, l'heure des tractations: la macronie mesure ses pertes à la chambre haute tandis que la droite, majoritaire au Sénat, concède une certaine érosion en faveur des centristes. A gauche, un duel pour la présidence du groupe socialiste se profile.

Taille du texte:

. Le cas Backès à trancher, pertes à limiter

Sans surprise, le camp présidentiel a perdu des plumes dans cette élection indirecte et globalement assez stable. Un cas est particulièrement sensible pour le gouvernement, celui de la secrétaire d'Etat à la Citoyenneté Sonia Backès, battue en Nouvelle-Calédonie par un candidat indépendantiste.

De retour en métropole mardi, la ministre sera bientôt fixée sur son avenir, très incertain si l'on en croit la règle appliquée jusqu'ici pour les membres du gouvernement battus aux législatives, qui ont dû démissionner.

"Il n'y a pas de règle édictée concernant les ministres candidats aux sénatoriales", a balayé sur Sud Radio le ministre des Relations avec le Parlement Franck Riester. "Aucune décision n'est prise à ce stade", a-t-on appris de source gouvernementale.

En toile de fond, le groupe macroniste au Sénat (RDPI) va perdre certains de ses 24 membres, mais s'active en coulisses pour attirer des élus, comme Olivier Bitz (Horizons), également courtisé par le groupe centriste et le groupe des Indépendants selon plusieurs sources parlementaires.

"On est en tractations", glisse le chef de file des sénateurs macronistes François Patriat, qui lorgne aussi du côté des outre-mer.

Le sénateur de la Côte-d'Or doit cependant constater que la majorité présidentielle au Sénat est en train de glisser vers le parti Horizons d'Edouard Philippe, dont les sénateurs siègent dans un autre groupe, celui des Indépendants, présidé par le philippiste Claude Malhuret.

"On avait sept sénateurs Horizons avant le scrutin, on en aura au moins dix après", calcule M. Malhuret, qui pourrait diriger un groupe d'une petite vingtaine de membres à l'ouverture de la session, contre 14 auparavant.

. Rééquilibrage LR-centristes

Si la droite s'est empressée d'annoncer une "majorité sénatoriale confortée" avec une "stabilité" du groupe Les Républicains, les calculs de la nuit ont révélé une érosion notable de la première force du Sénat.

"Le groupe LR va perdre entre cinq et dix sièges", prédit un sénateur historique. Les dernières estimations internes atteignaient péniblement le chiffre de 139 membres, contre 145 avant l'élection, à condition de convaincre tous les incertains d'ici au mardi 3 octobre, date butoir pour la composition des groupes parlementaires.

"La majorité sénatoriale sera confortée mais surtout rééquilibrée", note Hervé Marseille, le chef de l'Union centriste (UC), alliée de la droite au Palais du Luxembourg. "Cela va permettre aux centristes d'exprimer des différences avec plus de force".

Le patron de l'UDI, candidat à sa succession à la tête de l'UC, est l'un des vainqueurs de ce scrutin, avec une progression probable au-delà des 60 membres, contre 57 auparavant, en ratissant large (MoDem, UDI, divers droite...). "Mais le chemin du Sénat est pavé de tentations", rappelle le sénateur.

. Un duel Kanner-Kerrouche à gauche

L'objectif des 100 sénateurs de gauche (socialistes-écologistes-communistes) est approché et pourrait même être atteint selon le choix de quelques élus non-encartés. Selon leurs estimations, les écologistes auront au moins 15 sièges (+3) et les communistes 17 (+2).

Quant au groupe socialiste, maintenu à au moins 64 sièges, il doit gérer la question de sa présidence.

Deux candidats s'affrontent: le sénateur des Landes Eric Kerrouche, réputé proche du premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure, aimerait doubler le sortant Patrick Kanner, représentant de l'autre courant du Parti socialiste, moins "Nupes-compatible".

"Le principal reproche que l'on me fait, c'est que le groupe n'est pas +nupéisé+. J'assume", assure M. Kanner à l'AFP, défendant le bilan "positif" des socialistes qui "ont crevé l'écran" au Sénat.

De l'autre côté, M. Kerrouche "peut apporter de la stratégie politique, une autre façon de fédérer un groupe", assure Rémi Cardon, l'un de ses soutiens, qui reproche à l'actuel président d'avoir érigé "quelques barrières" avec le groupe socialiste de l'Assemblée nationale.

Le duel s'annonce plutôt serré, d'autant qu'une troisième candidature est dans les tuyaux selon plusieurs membres du groupe: celle de Rachid Temal, fraîchement réélu sénateur du Val-d'Oise.

H.Davies--TNT

En vedette

Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées samedi, assure Macron

Seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées samedi sur des tracés qui protégeront "les commerces et les bâtiments publics", a indiqué jeudi Emmanuel Macron qui a également annoncé que les organisations lycéennes et étudiantes seraient reçues lundi par Sébastien Lecornu.

Nucléaire: pas d’obstacle au prolongement des réacteurs d’EDF au-delà de 60 ans, estime le régulateur

L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) n'a "pas identifié" d'obstacle au prolongement des centrales d'EDF "au-delà de leurs 60 ans", mais des travaux d'études doivent se poursuivre pour conforter les conclusions actuelles, a affirmé jeudi son président Pierre-Marie Abadie.

Zelensky estime que la Russie n'a pas "changé d'attitude" après des frappes sur l'Ukraine

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé jeudi que la Russie n'avait pas "changé d'attitude" après de nouvelles frappes nocturnes qui ont fait de nouvelles victimes en Ukraine, malgré une relance de la diplomatie après une visite de l'émissaire américain Steve Witkoff.

Ukraine: sept morts dans des frappes après la visite de l'émissaire américain en Russie

Moscou et Kiev ont échangé des frappes dans la nuit de jeudi, laissant un bilan de sept morts côté ukrainien, ont indiqué les autorités, quelques heures après la visite en Russie de l'émissaire du président américain Donald Trump.

Taille du texte: