The National Times - Budget des armées: les députés valident une enveloppe de 413 milliards sur sept ans

Budget des armées: les députés valident une enveloppe de 413 milliards sur sept ans


Budget des armées: les députés valident une enveloppe de 413 milliards sur sept ans
Budget des armées: les députés valident une enveloppe de 413 milliards sur sept ans / Photo: © AFP/Archives

L'Assemblée nationale a largement adopté en première lecture le principe d'une enveloppe de 413 milliards d'euros sur sept ans pour le budget des Armées, destinée notamment à "préparer" et "moderniser" les forces militaires, malgré les critiques de l'opposition sur des "effets d'annonce".

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Après un vote confortable - 408 voix contre 87, avec le soutien de LR et du RN - le ministre des Armées Sébastien Lecornu a salué sur Twitter les "90 heures de débats sereins, constructifs et à la hauteur des enjeux".

Dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine, les 413,3 milliards de cette loi de programmation (LPM) représentent une hausse de 40% par rapport à la précédente. Ils doivent notamment permettre de moderniser la dissuasion nucléaire. Trente milliards doivent servir à couvrir l'inflation.

Les crédits doivent également améliorer le traitement des troupes et de leurs familles, et permettre de bonifier les conditions des réservistes, pour doubler les effectifs (80.000 volontaires visés pour 2030).

La LPM, qui sera actualisée en 2027 par un vote du Parlement, entend aussi "moderniser" l'appareil militaire : 10 milliards pour l'innovation, 6 milliards pour "l'espace", 4 milliards pour le "cyber", 5 milliards pour les drones, etc...

- "pas si mal" -

L'exécutif, qui espérait convaincre au moins les députés LR et des socialistes, a obtenu gain de cause pour les premiers. Le député LR Jean-Louis Thiériot a toutefois, comme toutes les oppositions, refusé de qualifier le texte d'"historique".

"Mais nous savons l'état de nos finances publiques. 413 milliards ce n'est déjà pas si mal", a-t-il ajouté.

Les députés de la majorité, du groupe Liot et du Rassemblement national ont également voté pour. Socialistes et écologistes se sont abstenus.

Pour le PS, Mélanie Thomin a déploré des manques dans la revalorisation des militaires. "Pourquoi cette LPM reporte son effort financier massif après 2027 ?", a-t-elle également lancé.

C'est l'un des principaux griefs des oppositions : pour arriver à 69 milliards de budget annuel en 2030, l'exécutif prévoit de progresser par "marches" : +3,1 milliards en 2024, puis 3 milliards supplémentaires par an de 2025 à 2027, et 4,3 milliards de plus par an à partir de 2028, soit après la fin du quinquennat Macron.

- reports de livraisons -

Sébastien Lecornu a longuement invoqué en retour pendant les débats le calendrier des commandes, et les investissements qui doivent intervenir à la fin de cette période de sept ans. Les LR demandent un rééquilibrage, même modéré, au Sénat, pour tenir compte des besoins d'entraînement des troupes.

Au grand dam de certains membres de l'opposition, le texte prévoit également un report de livraisons de matériels. Les armées recevront ainsi sur la période moins de chars, de Rafale ou de frégates par exemple que ce qui était prévu dans la précédente LPM, ce que déplorent certains membres de l'opposition.

Sébastien Lecornu dit "privilégier la cohérence sur la masse" : recevoir moins de matériel, mais s'assurer qu'il soit opérationnel et que les militaires y soient entraînés.

Divisée sur une partie des sujets défense (commandement intégré de l'Otan, dissuasion nucléaire), la gauche l'a aussi été dans son vote mercredi.

"Nous ne retrouvons pas dans votre modèle d'armée qui découle d'une stratégie militaire toujours au service de l’Otan et de la politique étrangère des Etats-Unis", a lancé Fabien Roussel (PCF). Son groupe, opposé à la construction d'un nouveau porte-avion et aux nouveaux investissements dans la dissuasion, a voté contre. Comme les Insoumis.

Aurélien Saintoul (LFI) a cité des divergences sur des programmes d'armement franco-allemands, et ses craintes de voir le Service national universel généralisé à l'avenir pour tenir les objectifs de hausse des réservistes, ce que ce texte ne prévoit pas en l'état.

Un contrôle strict de militaires et civils ayant exercé des fonctions sensibles, et souhaitant travailler pour un Etat ou une entreprise étrangère sera établi. Les pouvoirs de réquisitions de l'Etat auprès d'entreprises impliquées dans la défense seront aussi étendus.

Le texte renforce aussi les pouvoirs de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information dans la lutte contre les cyberattaques, malgré de vives inquiétudes à gauche pour la protection des libertés publiques.

Le texte ira désormais au Sénat. L'exécutif espère une adoption définitive avant le 14 juillet.

S.Arnold--TNT

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