The National Times - L'Opep+ débat de coupes pour doper les prix du pétrole

L'Opep+ débat de coupes pour doper les prix du pétrole


L'Opep+ débat de coupes pour doper les prix du pétrole

De difficiles négociations des ministres de l'Opep+ se poursuivaient dimanche à Vienne pour tenter de trouver une parade aux cours du pétrole en berne, avec à la clé une possible nouvelle réduction de la production.

Taille du texte:

Les treize membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), emmenés par l'Arabie saoudite, se sont retrouvés dans la capitale autrichienne avec leurs dix partenaires conduits par la Russie.

Le rendez-vous, qui a débuté avec plusieurs heures de retard sur le programme initial, se prolongeait dans l'après-midi, une source proche des discussions évoquant une coupe d'un million de barils par jour "sur la table".

L'issue reste toutefois très incertaine alors que des médias ont fait état de divergences entre les participants.

Selon l'agence Bloomberg, les Emirats arabes unis, désireux de pomper davantage, militent pour un relèvement de la base de calcul de leur quota de production de brut.

Une mesure qui interviendrait au détriment de certains pays africains, réticents pour des raisons politiques à ajuster à la baisse leur part même s'ils peinent à atteindre leurs objectifs.

- Spectre de la récession -

A l'image du prince saoudien Abdelaziz ben Salmane ou du vice-premier ministre russe Alexander Novak, les responsables des différents délégations sont restés muets sur leurs intentions à leur arrivée au siège du cartel, où les attendaient une foule de journalistes.

Son homologue émirati, Souhail ben Mohammed Al-Mazrouei, avait dit la veille sans plus de détails "attendre avec impatience une décision qui permettra d'équilibrer le marché".

Si le pétrole a redressé la barre au cours des deux dernières séances, les cours ont dévissé d'environ 10% depuis l'annonce surprise début avril par certains membres de l'Opep+ d'une baisse drastique des quotas.

Cette mesure a de fait échoué à faire remonter les prix dans un marché déprimé par les craintes de récession économique mondiale, les hausses des taux des principales banques centrales et la laborieuse reprise de la demande en Chine au sortir des restrictions anti-Covid.

Le Brent, référence du brut en Europe, s'échange actuellement à 76 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI à 71 dollars - loin des sommets enregistrés en mars 2022 au début du conflit en Ukraine (près de 140 dollars).

Devant la morosité économique, "la probabilité d'une nouvelle coupe s'est fortement accrue", dit à l'AFP Giovanni Staunovo, d'UBS.

Si lui parie malgré tout toujours sur un statu quo, d'autres analystes, comme Yousef Alshammari de CMarkits, ont modifié leurs pronostics. M. Alshammari s'attend désormais à ce que "l'Arabie saoudite fasse pression pour une diminution d'au moins un demi-million de barils par jour".

- Maintenir un "front uni" -

Reste à voir si Ryad parviendra à convaincre l'autre pilier du groupe, la Russie, qui semble réticente à resserrer davantage les vannes d'or noir - manne lui servant à financer son offensive militaire contre l'Ukraine.

Son représentant Alexander Novak "ne voit pas la nécessité pour l'Opep+ de changer de cap", souligne dans une note Barbara Lambrecht, de Commerzbank. Car Moscou ne profiterait guère d'un renchérissement des cours.

Du fait des sanctions occidentales, seul le pétrole russe à un prix égal ou inférieur à 60 dollars peut continuer à être livré. Au-delà de ce plafond, il est interdit pour les entreprises de fournir les services permettant le transport maritime (fret, assurance, etc...).

"En revanche, l'Arabie saoudite a besoin de prix plus élevés pour équilibrer son budget", précise Mme Lambrecht qui évoque un seuil de rentabilité autour des 80 dollars le baril pour Ryad.

En dépit de ces divergences, "les deux principaux producteurs du cartel auront sans doute à cœur de maintenir un front uni pour préserver leur influence", estime-t-elle.

Lors de leur dernier désaccord majeur en mars 2020, la Russie avait refusé de tailler dans sa production pour soutenir des cours tirés vers l'abîme par la pandémie de Covid-19. Le royaume saoudien avait alors inondé le marché de pétrole, plombant durablement les prix.

"L'Arabie saoudite ne veut pas que ce scénario se reproduise, pas plus que la Russie", argue Yousef Alshammari.

Lewis--TNT

En vedette

17 octobre : Marylise Léon (CFDT) demande de "vraies réponses sociales" sur les revendications exprimées

La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon a estimé mardi sur France Inter que l'exécutif "paie cash dix ans de verticalité" du pouvoir à travers les violences en marge des manifestations du 17 octobre, et appelé à de "vraies réponses sociales" sur les revendications exprimées.

Colombie: un palais présidentiel bis aux airs de Maison Blanche suscite la controverse

Le nouveau président de droite de la Colombie a pris ses quartiers loin de Bogota, dans une bâtisse aux airs de petite Maison Blanche, un message politique décrié par ses opposants qui fustigent une onéreuse mise en scène.

Canada : les séparatistes défaits en Alberta, Carney salue le choix de "l'unité"

La riche province pétrolière de l'Alberta s'est massivement opposée lundi à l'organisation d'un référendum sur l'indépendance promu par les séparatistes, une victoire pour le Premier ministre canadien Mark Carney qui a salué un "choix clair" pour "l'unité" en pleine guerre commerciale avec les États-Unis.

Les violences de colons, un sujet embarrassant pour Netanyahu à la veille des élections

Les attaques contre une journaliste américaine et des diplomates européens en Cisjordanie occupée risquent de transformer le soutien de Benjamin Netanyahu aux colons israéliens les plus radicaux en handicap politique à quelques jours des élections, ses adversaires l'accusant de laxisme face au "terrorisme juif".

Taille du texte: