The National Times - En Charente, une supérette en libre-service pour redynamiser un village

En Charente, une supérette en libre-service pour redynamiser un village


En Charente, une supérette en libre-service pour redynamiser un village
En Charente, une supérette en libre-service pour redynamiser un village / Photo: © AFP

Panier à la main, Janine Roy se sert en beurre et yaourts pendant que son mari Yves patiente à la caisse sans vendeur... non pas d'un supermarché, mais de la supérette en libre-service de leur village de Claix, en Charente.

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Janine s'y rend tous les deux jours, car "la mamie habite tout près, elle a souvent besoin de quelque chose", explique cette sexagénaire qui vient faire les courses pour sa mère en rentrant de sa balade matinale.

D'habitude, le couple se ravitaille à La Couronne, à une dizaine de minutes en voiture. Mais depuis la mi-novembre, Claix et ses quelque 1.000 habitants possèdent à nouveau leur propre commerce, un mobile-home en bois de 40 m², installé à côté des vignes.

Sa particularité: pas de vendeur régulier, mais un lieu accessible sept jours sur sept via un QR code personnel, sur téléphone ou carte, qui permet également d'activer la caisse.

L'idée a germé dans l'esprit de Julien Nau et Alex Grammatico, fondateurs de la société Api et habitants de la région, après avoir découvert un service similaire en Suède.

- "Tout à portée de main" -

"On s'est dit que c'était un besoin pour la majorité des communes qu'on connaissait", à une époque où "il y a de moins en moins de services" en milieu rural, développe Alex Grammatico.

Selon lui, sur 36.500 communes françaises, 23.500 sont dépourvues de commerce alimentaire.

Dans les rayons de la supérette de Claix, les clients trouvent environ 700 références, dont 70% distribuées par Carrefour, à des prix comparables à ceux pratiqués en supermarché, mais aussi des œufs ou pâtes fournis par des producteurs locaux.

"C'est bien pour les personnes un peu plus âgées qui ont tout à portée de main", approuve Josianne Rouhaud, retraitée de 68 ans qui habite à 300 mètres de la boutique.

"Ça évite d'aller bien loin et c'est vite fait", salue de son côté Michel Augeard, 79 ans, qui se bat un peu pour utiliser la caisse automatique, mais qui est aidé par Valérie, la gestionnaire.

"On les accompagne de manière à ce qu'ils ne soient pas perdus et on crée aussi ce lien social qui est primordial", souligne cette ancienne employée expérimentée de la grande distribution.

- 40 autres supérettes en 2023 -

C'est elle qui s'occupe des commandes, de la gestion des livraisons et de l'approvisionnement du magasin. Sans avoir besoin d'être là toute la journée.

Dépôt de pain avec vendeur délaissé, projet de petite épicerie abandonné car le bâtiment était trop cher à construire... La mairie de Claix s'est longtemps escrimée sans succès à redonner vie à la commune.

Cette fois, il a seulement fallu fournir un terrain d'au minimum 100m² et un branchement électrique pour un total d'environ 2.000 euros d'investissement.

"Des gens m'expliquent qu'ils ont changé leurs habitudes. Il y aura toujours les courses du mois à côté, mais pour le journalier, ça suffit", se réjouit le maire, Dominique Pérez.

"Il y en a beaucoup qui disent qu'il manque le contact, mais si on est plusieurs dans le magasin, il y en a", ajoute une cliente.

Après Claix, la société Api compte installer 40 nouvelles supérettes en libre-service dans la région en 2023, avec une gestionnaire pour cinq magasins, puis se développer dans le reste de la France si le succès est au rendez-vous.

Josianne Rouhaud, elle, souhaiterait désormais "un petit marché de légumes, ça serait génial".

Pour le moment, un producteur de hamburgers et une prothésiste ongulaire vont s'installer sur la même place.

"C'est peut-être de la chance, mais on n'avait jamais vu ça", conclut Dominique Pérez.

T.Bailey--TNT

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