The National Times - JO-2026: cette neige artificielle, si indispensable et décriée

JO-2026: cette neige artificielle, si indispensable et décriée


JO-2026: cette neige artificielle, si indispensable et décriée
JO-2026: cette neige artificielle, si indispensable et décriée / Photo: © AFP/Archives

S’il est encore trop tôt, à cent jours des JO-2026 de Milan-Cortina, pour en connaître la météo, leurs organisateurs ont une certitude: il y aura de la neige, artificielle, désormais indispensable, au grand dam des défenseurs de l’environnement.

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Pour leur retour dans leur berceau des Alpes, après un long et décrié détour par la Russie (Sotchi-2014), la Corée du Sud (Pyeongchang-2018) et la Chine (Pékin-2022), les JO d'hiver devraient revêtir un confortable et blanc manteau à Cortina et Bormio pour le ski alpin, à Anterselva pour le biathlon, à Livigno pour le ski freestyle et snowboard et dans le Val di Fiemme pour le ski nordique.

Ces stations des Dolomites et de Lombardie, habituées à accueillir des étapes de Coupe du monde et des Championnats du monde, sont juchées entre 1.200 et 1.800 m d'altitude pour leur centre-ville, ce qui leur garantit en enneigement a priori suffisant pour la quinzaine olympique (6-22 février 2026) en plein coeur de l'hiver.

Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de neige artificielle, ou de culture, produite pour les quatrièmes JO italiens de l'histoire.

- 2,4 millions de m3 de neige artificielle -

Les Fédérations internationales de ski et de biathlon le requièrent pour avoir des pistes plus résistantes, quand la neige naturelle est amenée à fondre au soleil, afin de garantir la sécurité des athlètes et l'égalité des chances.

Aussi, le comité d'organisation Milano-Cortina 2026 table sur une production de neige artificielle de 2,4 millions de m3 nécessitant 948.000 m3 d'eau, dont 580.000 pour le seul site de Livigno Mottolino pour le snowpark avec son half-pipe, sa rampe de Big Air et autres modules.

Pour ces JO, on sera en-dessous des 2,8 millions de m3 d'eau utilisés en 2022 pour enneiger respectivement les sites de Yanqing (ski alpin) et Zhangjiakou (tous les autres sports de neige).

Mais, synthétise pour l'AFP Jake W. Dean, de l'université de Californie, "même s'il devait y avoir des conditions parfaites en termes d'enneigement, il y aura de la neige artificielle".

"Ces événements majeurs peuvent ainsi tout faire comme ils le veulent pour leurs compétitions", avance-t-il notamment en référence aux retransmissions TV.

Or, qui dit canons et lances à neige -qui pulvérisent l'eau par un flux d’air comprimé vers l’air froid où elle se transforme en fine poussière de neige- dit consommation d'énergie, lacs artificiels et autres bassins de stockage pour l'alimentation en eau.

- "Un fardeau" -

"C'est un fardeau qu'on fait peser sur des stations qui ont déjà été beaucoup artificialisées en raison de l'évolution du secteur du ski", dit à l'AFP Vanda Bonardo, de l'association Legambiente Lombardia.

"Ce qui nous inquiète, ce n'est pas tant qu'on coupe par ci, par là des arbres, mais le poids toujours croissant de cette industrie sur les montagnes", poursuit-elle.

Selon Mme Bonardo, dans le contexte du réchauffement climatique qui a vu l'enneigement dans les Alpes italiennes chuter de 50% en 100 ans, selon une étude publiée en décembre 2024 dans l'International Journal of Climatology, "la neige naturelle devient l'exception".

"Le problème, ce n'est pas les Jeux olympiques, renchérit le président du Club alpin italien, Antonio Montani. Ils ne font qu'illustrer le vrai problème que sont ces centaines de stations qui ne peuvent fonctionner qu'avec de la neige artificielle, en consommant beaucoup d'énergie et de fonds publics".

C'est aussi l'avenir des JO qui est en jeu: selon le CIO, dix pays seulement seraient encore en mesure d'accueillir les Jeux d'hiver d'ici 2040.

"Dans plusieurs années, voire décennies, il deviendra même impossible de produire de la neige dans certains endroits et le nombre de sites pouvant accueillir l'événement va se réduire", prévient Robert Steiger, professeur à l'université d'Innsbruck, spécialisé dans l'adaptation au changement climatique.

M.A.Walters--TNT

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