The National Times - Avec 4% des émissions, l'Afrique demande plus d'argent pour son adaptation au réchauffement climatique

Avec 4% des émissions, l'Afrique demande plus d'argent pour son adaptation au réchauffement climatique


Avec 4% des émissions, l'Afrique demande plus d'argent pour son adaptation au réchauffement climatique
Avec 4% des émissions, l'Afrique demande plus d'argent pour son adaptation au réchauffement climatique / Photo: © AFP

L'Afrique, qui émet seulement 4% des gaz à effet de serre mondiaux mais voit ses populations et sa biodiversité souffrir du réchauffement de la planète, a réclamé lundi plus d'argent pour s'y adapter au nom de la "justice climatique".

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L'Union africaine (UA), dont le siège est à Addis Abeba, organise de lundi à mercredi son deuxième sommet continental sur le climat dans la capitale éthiopienne. Lors de la première édition en 2023 au Kenya, une "Déclaration de Nairobi" avait été signée demandant déjà davantage d'efforts financiers des pays riches.

"Aujourd'hui, le lien entre le climat et le sous-développement ne fait plus aucun doute. Le climat, l'exode rural, la migration et l'instabilité sous toutes ses formes sont inter-liés", a affirmé Mahamoud Ali Youssouf, le président de la commission de l'UA, dans son discours inaugural.

Mais alors que "l'Afrique ne contribue qu'à hauteur de 4% des émissions de gaz à effet de serre" et que les nations industrialisées "polluent la planète" depuis plus de 150 ans, les plans de mitigation proposés au continent vont à l'encontre de toute "justice climatique", a-t-il regretté.

Selon un rapport publié jeudi par l'ONG Oxfam et l'Igad, un bloc d'Etats d'Afrique de l'Est, ses Etats membres, à savoir Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan et Soudan du Sud, "ont reçu ensemble, en moyenne, 1,7 milliard de dollars par an entre 2013 et 2022, en +équivalents subventions+, soit la valeur réelle de l'aide climatique après intérêts et remboursements de la dette".

"Ce montant est inférieur de 96% aux 41,8 milliards de dollars dont les pays de l'Igad affirment avoir besoin chaque année pour mettre en œuvre leurs plans d'action nationaux sur le climat jusqu'en 2030", poursuivait ce rapport.

"Les pays riches et les pollueurs mettent la planète en feu. (...) Ils doivent assumer la responsabilité des dommages qu'ils ont causés et financer de manière adéquate les mesures climatiques dans les pays où le changement climatique fait des ravages", estime Fati N'Zi-Hassane, directrice d'Oxfam en Afrique.

L'Organisation météorologique mondiale (OMM), dans un rapport intitulé "L'Afrique pâtit de manière disproportionnée du changement climatique et des coûts de l'adaptation", estimait en 2024 que 48 de ses 53 pays étaient en danger de crues et 40 risquaient des sécheresses du fait du réchauffement.

Toujours selon ce rapport, "les aléas associés au climat font perdre aux pays africains entre 2 et 5% de leur PIB chaque année".

F.Morgan--TNT

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