The National Times - Dans l'Ouest, les inondations perdurent, le pic toujours attendu à Redon

Dans l'Ouest, les inondations perdurent, le pic toujours attendu à Redon


Dans l'Ouest, les inondations perdurent, le pic toujours attendu à Redon
Dans l'Ouest, les inondations perdurent, le pic toujours attendu à Redon / Photo: © AFP

Le pic n'est toujours pas atteint vendredi à Redon, ville d'Ille-et-Vilaine inondée depuis trois jours, et où le fleuve de la Vilaine reste placé en vigilance rouge pour les crues, avec de nouvelles pluies attendues vendredi.

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A Saint-Nicolas-de-Redon, commune limitrophe de Redon située dans le département voisin de Loire-Atlantique, la zone commerciale est sous plusieurs mètres d'eau, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

Les pompes à essence, le magasin Leclerc et d'autres enseignes sont entièrement submergés, et des gendarmes en bateau surveillent les environs pour éviter tout pillage.

A la station du quai Duguay-Trouin, la Vilaine, toujours en vigilance rouge, se stabilise aux alentours des 5,08 mètres, mais "3 à 5 mm de pluie sont attendus en fin d'après-midi sur le nord du département" de l'Ille-et-Vilaine, ce qui pourrait impacter le niveau des cours d'eau, indique la préfecture de la Loire-Atlantique.

"Nous observons depuis la nuit une stagnation du niveau d'eau", a indiqué sur Franceinfo le maire de Redon, Pascal Duchêne.

Mais "le niveau d'eau va encore monter jusqu'à a priori demain" avec "en perspective" une décrue en fin de semaine pour Redon, ville particulièrement vulnérable car entourée de rivières, de marais et d'un canal.

Le ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau et la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher se rendront sur place samedi, a annoncé le cabinet de M. Retailleau.

Ailleurs, en Ille-et-Vilaine, les fleuves entament une lente décrue. "Sur le bassin de la Vilaine et de ses affluents, la décrue est amorcée sur les secteurs les plus à l'amont", signale Vigicrues.

Depuis leur train traversant la Bretagne, des passagers observent médusés l'ampleur des inondations.

"C'est très impressionnant, en arrivant au niveau de Rennes j'ai vu de nombreux champs inondés, des parcelles sous l'eau ou complètement boueuses", raconte à l'AFP Laure Cometti, 35 ans, dans un train en direction de Brest.

La SNCF a annoncé avoir "totalement interrompu entre Rennes et Quimper dans les deux sens de la circulation" les trains TGV Inoui et Ouigo. "Cela fait suite aux inondations entre Rennes et Redon, la reprise des circulations dépendra fortement des conditions météorologiques."

- "Le plus dur est passé" -

Quelque 422 personnes ont été évacuées, dont 310 à Saint-Nicolas-de-Redon, selon un communiqué de la préfecture de Loire-Atlantique.

"Depuis dimanche soir, le SDIS a réalisé 350 interventions mobilisant plus de 1.202 sapeurs-pompiers", indique-t-elle, précisant que 16 routes départementales restaient fermées.

A Messac, commune de 7.000 habitants situés à mi-chemin entre Redon et Rennes, le pont qui enjambe la Vilaine est toujours interdit à la circulation.

Suzanne Nourrison, retraitée, observe le fleuve agité: "Ça a baissé, même s'il y a encore pas mal de maisons inondées", note-t-elle. "Le plus dur est passé, la météo est plus clémente."

Non loin, Jean-Luc Prisé, 64 ans et propriétaire de trois commerces alimentaires inondés, soupire. "Ça va être dur économiquement, on va voir les dégâts. Chocolat, café, on va devoir tout balancer", confie-t-il, bottes aux pieds.

Dans l'ensemble de l'Ille-et-Vilaine, 1.106 personnes ont été évacuées depuis dimanche, selon la préfecture. Aucune victime n'est recensée, même si les dégâts matériels sont conséquents.

A Rennes, traversée par la Vilaine et son affluent l'Ille, "la fin de l'épisode de précipitations et l'amorce de la décrue permettent d'envisager une amélioration progressive de la situation", a indiqué la mairie jeudi.

La ville se prépare déjà à la suite, en organisant les opérations de nettoyage "qui ont débuté".

Les conséquences de ces crues qualifiées d'exceptionnelles par les autorités pourraient être lourdes pour certains secteurs. Certains agriculteurs voient ainsi "les céréales semées à l'automne noyés", impactant les futures récoltes, souligne le syndicat agricole FDSEA.

Cinq autres départements sont en vigilance orange pour crues (Eure, Oise, Sarthe, Seine-Maritime, Somme).

A.Parker--TNT

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