The National Times - Aux Etats-Unis, un rapport sur l'inflation au potentiel explosif

Aux Etats-Unis, un rapport sur l'inflation au potentiel explosif


Aux Etats-Unis, un rapport sur l'inflation au potentiel explosif
Aux Etats-Unis, un rapport sur l'inflation au potentiel explosif / Photo: © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

La publication vendredi d'un rapport officiel sur les prix aux Etats-Unis est précédée d'une tension inhabituelle: s'il est mauvais, il incitera la banque centrale américaine à relever ses taux d'intérêt dès la semaine prochaine.

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Ce serait un coup dur pour Donald Trump à quelques semaines des élections législatives de mi-mandat. Le président et ancien promoteur immobilier fait inlassablement campagne pour des taux plus bas, afin de rendre les crédits moins chers et de stimuler l'économie.

Mais la guerre contre l'Iran, qu'il a déclenchée le 28 février au côté d'Israël, a causé un rebond de l'inflation dans son propre pays.

Face à la valse des étiquettes, la patience des Américains s'amenuise, tout comme celle des décideurs monétaires chargés de contenir la hausse des prix autour de 2%.

L'indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois d'août sera publié à 12H30 GMT par le service statistique du ministère américain du Travail.

Les investisseurs s'attendent à ce qu'il progresse au même rythme - élevé - qu'en juillet, soit 3,4% sur un an, selon le consensus publié par MarketWatch.

Plusieurs responsables de la banque centrale de la première économie mondiale ont fait comprendre que ce rapport pouvait faire basculer l'issue de leur prochaine réunion, les 15 et 16 septembre.

Deux scénarios sont possibles.

En l'absence d'aggravation de l'inflation en août, une majorité pourrait se dégager en faveur d'un nouveau statu quo monétaire (les taux directeurs sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre).

Dans le cas inverse, un relèvement des taux risque de s'imposer.

"Il faudrait que le rapport soit bien meilleur qu'attendu pour que la probabilité d'une hausse diminue", estime auprès de l'AFP Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.

Longtemps indécis, les marchés financiers parient à plus de 70% sur un serrage de vis, selon l'outil de veille CME FedWatch. Habituellement, si près de l'échéance, leur certitude quant à la future décision avoisine les 100%.

- "Pas de signaux" -

"L'incertitude entourant cette réunion n'est pas inédite mais rare", souligne l'économiste de l'agence Moody's, Mark Zandi, auprès de l'AFP.

Cela découle, selon lui, "des divergences d'opinions sincères entre les responsables quant à la ligne à adopter, mais aussi du fait que le nouveau président (Kevin Warsh) ne veuille pas donner de signaux" explicites aux investisseurs.

M. Warsh a pris la tête de la Fed au printemps après avoir été désigné par Donald Trump.

Le locataire de la Maison Blanche se dit certain que les prix du pétrole (dopés par la reprise des hostilités militaires entre les Américains et les Iraniens dans le détroit d'Ormuz) plongeront après les élections de mi-mandat, organisées le 3 novembre.

En attendant, le prix du diesel vole de record en record dans les stations-services américaines. C'est le carburant des tracteurs et des camions, donc des professionnels qui cherchent à répercuter leurs surcoûts sur leurs clients.

L'essence ordinaire augmente aussi rapidement, alors que la période est d'habitude synonyme de reflux en raison du tarissement des déplacements estivaux.

Résultat, même si l'indice des prix à la consommation d'août n'est pas dramatique, ce qui se passe en cette rentrée laisse présager pire pour la suite.

"Tous les événements depuis la dernière réunion (de la Fed) n'ont fait qu'aggraver les craintes inflationnistes", reprend Heather Long, citant la reprise de la guerre au Moyen-Orient et le conflit commercial entre les Etats-Unis et le Canada.

Autre point urticant pour le gouvernement américain: l'inflation pousse les prêteurs à demander à l'Etat fédéral toujours plus d'argent en échange du financement de la monumentale dette publique, ce qui la fait gonfler davantage.

Par effet d'entraînement, les crédits aux entreprises et aux particuliers se renchérissent aussi. Avant même, donc, que la Fed agisse.

Une musique monte depuis plusieurs semaines en provenance de la Maison Blanche, suggérant que voter pour une hausse des taux directeurs serait "antipatriote".

Le comité de politique monétaire est composé de douze personnes, dont Kevin Warsh et son prédécesseur honni par Donald Trump, Jerome Powell.

S.Mitchell--TNT

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