The National Times - Espace : L'Europe appelée à trouver sa son chemin, des vols habités aux communications

Espace : L'Europe appelée à trouver sa son chemin, des vols habités aux communications


Espace : L'Europe appelée à trouver sa son chemin, des vols habités aux communications
Espace : L'Europe appelée à trouver sa son chemin, des vols habités aux communications / Photo: © POOL/AFP

Le président français Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen ont appelé jeudi les Européens à "agir" massivement pour trouver leur place face aux Etats-Unis et à la Chine dans la course à l'espace, des communications aux vols habités.

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"Les choix que nous faisons maintenant seront décisifs (..) pour les décennies à venir", a averti la dirigeante européenne lors du premier sommet international sur l'Espace à Paris.

"Pour rester au premier plan, les Européens doivent agir ensemble, investir à grande échelle et développer un marché concurrentiel", a-t-elle insisté.

L'Europe est confrontée à une domination des acteurs américains dans les lanceurs, les constellations satellitaires et les services en orbite.

Le président français, qui co-organisait ce sommet - boudé par les géants américains - avec l'Allemagne, a tracé une feuille de route européenne, plaidant pour des vols habités d'ici "dix ans", même s'il ne sera lui-même plus au pouvoir dans huit mois.

L'Europe doit notamment "affirmer son ambition" sur les vols habités, a pointé le chef de l'Etat. Elle doit aussi "voler avec ses propres équipages !", a-t-il martelé.

- Vol habité dans dix ans -

"Je veux voir dans deux ans la première capsule cargo européenne, Nyx, s'amarrer à la Station spatiale internationale", a aussi lancé Emmanuel Macron.

Le premier atterrisseur lunaire européen, Argonaut, doit ensuite se poser sur la Lune "dans cinq ans", a-t-il ajouté.

Argonaut pourrait accueillir des missions de nature très variée, comme du fret destiné aux astronautes à proximité du site d’alunissage, un véhicule robotisé pour explorer la surface de la Lune, un télescope lunaire ou encore une centrale électrique.

"Et dans dix ans, la première capsule européenne habitée (doit) décoller de Kourou (Guyane française, ndlr) avec à son bord des astronautes européens et d'autres nations", a ambitionné le chef de l'Etat.

Pour le moment, l'Europe dépend de l'Américain SpaceX pour envoyer des astronautes à bord de l'ISS. Ainsi, une mission spatiale privée issue d'un accord entre la France et l'entreprise américaine Vast, emportera trois astronautes européens, dont le Français Thomas Pesquet, vers l'ISS en 2027, dans un vaisseau de SpaceX.

Les Européens doivent aussi disposer d'ici "dix ans" d'une "qualité de connexion comparable à la 5G partout", sans zones blanches, a relevé Emmanuel Macron. "C'est une question de "souveraineté et d'opportunité économique", a-t-il pointé.

Il a invité opérateurs de télécoms et constellations et les industriels à "constituer, sans attendre, une alliance européenne du +Direct to Device+" capable de fournir une connexion directe entre satellites et téléphones, sans passer par une antenne terrestre.

Selon une étude du cabinet de conseil PwC, l'économie spatiale mondiale a dépassé les 500 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 1.100 milliards d'ici 2035 portée par les communications satellitaires, la navigation, l'observation de la Terre, les services de lancement et les activités autour de la Lune.

- "Gouvernance partagée" -

Le désengagement des Etats-Unis de certains programmes conjoints avec l'Europe pousse les Européens à s'interroger sur leur dépendance et sur leur propre rôle dans l'exploration lunaire.

Emmanuel Macron a aussi appelé à "assumer pleinement la préférence européenne", un sujet de tensions avec Berlin, et plaidé pour un budget spatial européen "à la hauteur de nos ambitions".

"La France sera aux côtés de la Commission pour défendre l'importance du cadre financier pluriannuel ambitieux tel qu'il a été proposé", a-t-il lancé au passage, alors que Berlin réclame des coupes massives dans ce futur budget de l'UE.

Ursula von der Leyen a vanté les mérites de la constellation européenne Iris², destinée à réduire la dépendance aux solutions de communications privées américaines comme le réseau Starlink d'Elon Musk, dont les premiers satellites seront "lancés en 2029".

L'Allemagne veut bâtir son propre réseau souverain de satellites, au risque selon ses détracteurs d'affaiblir le programme de l'Union Européenne.

Le président français a enfin appelé à une "gouvernance partagée" de l'espace, avec une régulation à la "hauteur des enjeux" et à "la tenue d'une conférence pour établir une feuille de route claire sur la coordination du trafic spatial".

A.Little--TNT

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