The National Times - La BCE relève ses taux face aux risques inflationnistes liés à l'énergie

La BCE relève ses taux face aux risques inflationnistes liés à l'énergie


La BCE relève ses taux face aux risques inflationnistes liés à l'énergie
La BCE relève ses taux face aux risques inflationnistes liés à l'énergie / Photo: © AFP

Confrontée à l'envolée des prix de l'énergie alimentée par la guerre au Moyen-Orient, la Banque centrale européenne a relevé ses taux jeudi, avertissant que les perspectives restaient incertaines, maintenant la possibilité d'un resserrement supplémentaire.

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Le principal taux directeur, sur les dépôts, a été relevé d'un quart de point, à 2,5%, son plus haut niveau depuis mars 2025, à l'issue d'une réunion de politique monétaire délocalisée à Berlin. Il s'agit de la deuxième hausse cette année.

"Les perspectives demeurent hautement incertaines et comportent des risques orientés à la hausse pour l'inflation et à la baisse pour la croissance économique", explique le communiqué résumant les décisions du jour.

Un message qui laisse entendre que la BCE n'exclut pas un nouveau tour de vis dans les prochains mois.

Après une hausse en juin puis une pause en juillet, la BCE est confrontée à un regain d'inflation lié à l'envolée des prix du pétrole provoquée par les hostilités entre Washington et Téhéran et le conflit opposant les rebelles houthis du Yémen à l'Arabie saoudite.

Le Brent a franchi mercredi les 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin juillet, sur fond de menaces persistantes sur les flux énergétiques transitant par les détroits de Bab el-Mandeb et d'Ormuz.

Dans une zone euro fortement dépendante des importations d'énergie, l'inflation a atteint en août 3,3%, le plus haut niveau depuis trois ans, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE.

L'inflation sous-jacente, qui exclut les prix des biens les plus volatils (dont l'énergie et l'alimentation), a toutefois légèrement ralenti à 2,4% sur un an.

Or, la BCE craint que le présent choc énergétique ne finisse par se diffuser à l'ensemble de l'économie par des effets dits de second tour, si les salariés réclament des hausses de salaire pour compenser la perte de pouvoir d'achat et que les entreprises répercutent leurs coûts plus élevés dans leurs prix.

En relevant ses taux, elle renchérit le crédit immobilier, les prêts aux entreprises et le coût du financement public.

L'objectif est de freiner progressivement la demande et de limiter la capacité des entreprises à augmenter leurs prix.

- Plus d'inflation en 2027 -

Les nouvelles prévisions économiques publiées jeudi montrent pourquoi l'institution estime disposer encore d'une marge de manoeuvre pour agir malgré un contexte géopolitique tendu.

Pour 2026, l'institution de Francfort a maintenu sa prévision d'inflation à 3,0%, comme en juin, et l'a relevée à 2,5% en 2027, contre 2,3% auparavant.

Elle a légèrement amélioré sa prévision de croissance à 0,9% cette année, contre 0,8% auparavant, alors que l'Allemagne, première économie européenne, a fait mieux qu'attendu au premier semestre. Le PIB grimperait ensuite de 1,4% en 2027, puis de 1,5% en 2028.

De quoi conforter l'idée qu'un nouveau relèvement des taux d'intérêt ne compromettra pas excessivement l'activité économique.

Ainsi, "le Conseil des gouverneurs reste ouvert à un nouveau resserrement monétaire, dont la probabilité apparaît désormais sensiblement accrue, même en cas d'accalmie des prix de l'énergie par rapport aux niveaux observés cette semaine", a commenté Kamil Kovar, chez Moody's Analytics.

La politique monétaire de la BCE rencontre aussi des détracteurs.

En France, le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé la semaine dernière un tour de vis qui intervient alors que le pays est, selon lui, "au bord de la récession économique", dans un message sur le réseau X.

"La BCE nous conduit dans le mur", a écrit le candidat à la présidentielle de 2027 qui veut aussi faire annuler la partie de la dette française détenue par la Banque de France, membre de l'Eurosystème.

Mme Lagarde pourrait réagir à ces attaques jeudi devant la presse. La banque centrale rappelle à l'envi que son mandat s'exerce indépendamment des débats politiques nationaux.

G.Waters--TNT

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