The National Times - Les taux d'emprunt américains bondissent, un camouflet pour le gouvernement américain

Les taux d'emprunt américains bondissent, un camouflet pour le gouvernement américain


Les taux d'emprunt américains bondissent, un camouflet pour le gouvernement américain
Les taux d'emprunt américains bondissent, un camouflet pour le gouvernement américain / Photo: © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

Les taux d'intérêt de la dette publique des Etats-Unis ont poursuivi leur envolée mercredi, l'opération du gouvernement pour apaiser les tensions du marché ayant finalement produit l'effet inverse de celui escompté.

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A échéance dix ans, qui fait référence, le rendement des emprunts de l'Etat américain a culminé en milieu de journée à 4,85%, son plus haut niveau depuis 2023. Il a depuis reflué légèrement mais s'affiche nettement au-dessus de son niveau de la veille.

"Le marché des bons du Trésor a passé la matinée à attendre que Scott Bessent (le ministre américain des Finances, NDLR) dévoile l'ampleur des moyens qu'il était prêt à mobiliser" pour faire diminuer la pression sur les taux, souligne Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.

Il a finalement été particulièrement déçu.

Le Trésor a annoncé qu'il allait racheter d'ici jeudi jusqu'à six milliards de dollars d'obligations à long terme, triplant le montant généralement en jeu dans ce type d'opérations.

D'autres rachats portant sur "au moins" quatre milliards de dollars à chaque fois sont programmés jusque début novembre.

Mais "il ne s'agit guère plus que d'une goutte d'eau dans un océan" de dette, estime Stephen Innes.

Rien que pour l'année 2026, le Bureau du Congrès pour le budget (CBO) estime le déficit américain à environ 2.000 milliards de dollars. Et l'endettement total de l'Etat fédéral dépasse 40.000 milliards de dollars.

Un montant que le gouvernement doit emprunter sur le marché obligataire, à un coût toujours plus élevé, ce qui grève ses finances.

- Flambée des cours du pétrole -

Le ministère des Finances avait fait savoir le 19 août qu'il allait intervenir de façon plus musclée sur le marché de la dette publique, dans une démarche largement interprétée comme visant à détendre les taux d'emprunt de l'Etat fédéral après que l'échéance à 30 ans a atteint son plus haut niveau en près de deux décennies.

Scott Bessent avait alors estimé que l'envolée "ne reflétait pas les fondamentaux sous-jacents" mais découlait plutôt d'un faible volume des échanges sur les marchés pendant la période estivale, généralement calme.

Selon Patrick O'Hare, analyste pour Briefing.com, "le marché interprète plus ou moins" l'opération du Trésor "comme un tour de passe-passe" financier qui ne change pas le fond du problème.

Les investisseurs considèrent que la détention de bons du Trésor présente plus de risques qu'avant sur fond de dette monumentale et d'inflation tenace aux Etats-Unis.

La guerre au Moyen-Orient a provoqué une flambée des cours de l'énergie - le baril de pétrole Brent est repassé mercredi au-dessus des 100 dollars - qui se répercute sur l'ensemble de l'économie mondiale.

Dans ce contexte, les prêteurs demandent un rendement plus élevé pour ces morceaux de dette souveraine afin de compenser les hausses de prix, qui érodent dans la durée la valeur de leur capital prêté.

Comme les taux des bons du Trésor font référence, l'impact ne se cantonne pas aux finances publiques mais renchérit les crédits contractés par les entreprises commme les particuliers.

Le tout à rebours de la promesse faite par Donald Trump de baisser les prix et les coûts d'emprunt.

Le président américain a prédit mercredi que les cours du pétrole allaient "chuter" après les élections législatives de début novembre aux Etats-Unis, pariant sur un arrêt "immédiat" de la guerre avec l'Iran quand cette échéance sera passée.

Il avait auparavant anticipé des baisses de prix bien plus proches.

Ses revirements politiques - avec notamment ses guerres commerciales - expliquent aussi que les investisseurs exigent une prime plus élevée pour prêter à l'Etat.

Le gouvernement américain doit également faire face à une concurrence accrue des entreprises, les géants technologiques empruntant de plus en plus massivement sur le marché obligataire pour financer leurs gigantesques dépenses liées aux centres de données et aux solutions d'intelligence artificielle (IA).

T.Allen--TNT

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