The National Times - Les ministres des Finances du G20 aux Etats-Unis, Washington veut isoler davantage Téhéran

Les ministres des Finances du G20 aux Etats-Unis, Washington veut isoler davantage Téhéran


Les ministres des Finances du G20 aux Etats-Unis, Washington veut isoler davantage Téhéran
Les ministres des Finances du G20 aux Etats-Unis, Washington veut isoler davantage Téhéran / Photo: © AFP/Archives

Les ministres des Finances des pays du G20 sont rassemblés jusqu'à mardi dans le pays de Donald Trump, qui les a assommés de droits de douane et veut les convaincre de rejoindre sa guerre économique contre l'Iran.

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Les Etats-Unis tiennent la première d'une série de réunions sur leur sol dans un grand complexe hôtelier accolé à un golf verdoyant au pied des Appalaches, à Asheville (Caroline du Nord).

Originaire de la Caroline du Sud voisine, le ministre des Finances Scott Bessent va orchestrer les discussions, en duo avec le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) Kevin Warsh.

Washington, qui préside cette année le regroupement des grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France...), entend centrer les débats sur les moyens de doper la croissance, la dérégulation et la résorption des "déséquilibres" dans les échanges commerciaux.

Mais d'autres sujets vont vite s'imposer, au moins en coulisses.

D'abord la guerre au Moyen-Orient, initiée par les Etats-Unis il y a six mois, qui a provoqué une crise énergétique et fait grimper les prix dans le monde entier.

Rouage essentiel du gouvernement du milliardaire républicain, Scott Bessent est chargé de mener, à coups de sanctions, une offensive économique contre l'Iran, que la puissance militaire américaine n'a pas réussi à faire plier.

Le secrétaire au Trésor a récemment lancé un avertissement aux pays continuant à commercer avec Téhéran, menaçant de les couper du système financier occidental.

Selon le ministère, M. Bessent va marteler son message contre l'Iran lors des tête-à-tête avec ses homologues à Asheville.

- "Discussions délicates" -

Autre point de tension: malgré la censure par la Cour suprême d'une grande partie de ses droits de douane, l'exécutif américain est loin d'avoir renoncé à surtaxer les produits importés et vient de relancer les hostilités avec le voisin canadien, membre du G20 et du G7 à ses côtés.

"Puisqu'on est maintenant en guerre commerciale avec le Canada, il n'y a pas d'unité du G7. Et sans unité du G7, il est difficile d'arriver au G20 et de mener des discussions délicates", a remarqué auprès de l'AFP Josh Lipsky, chercheur au groupe de réflexion Atlantic Council.

"Je pense que la plupart des pays vont écouter respectueusement (les responsables américains) mais resteront circonspects en raison des enjeux macroéconomiques chez eux comme aux Etats-Unis", a-t-il ajouté, en référence à l'inflation tenace et à la récente augmentation des taux d'intérêt de la dette publique.

Le G20 a été créé à la suite de la crise financière asiatique de 1997-1998 afin de renforcer la stabilité économique et financière mondiale. Il comprend 19 pays et deux entités régionales: l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA).

L'Afrique du Sud a été exclue cette année des réunions par le gouvernement américain qui accuse régulièrement, sans preuves, les autorités de Pretoria de persécuter les fermiers blancs.

Autre pays en délicatesse avec Donald Trump, le Brésil du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva n'a pas envoyé son ministre des Finances.

Sans être un membre permanent - du moins pour l'heure -, la Pologne a été conviée par Washington à participer à tous les travaux pour couronner la solide expansion économique du pays d'Europe de l'Est.

La Russie doit être représentée par un émissaire du ministère des Affaires étrangères.

Un responsable européen, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, s'est dit fâché de voir que le pays, en guerre contre l'Ukraine depuis 2022, n'avait pas été écarté de ce G20.

Par ailleurs, la demande d'accréditation de plusieurs journalistes travaillant pour des médias américains de premier plan a été rejetée, selon les publications.

L'agence de presse économique Bloomberg n'a reçu aucun laissez-passer, a indiqué un porte-parole à l'AFP samedi soir.

Le New York Times a rapporté que son reporter chargé de couvrir le Trésor s'était aussi vu refuser l'accès, le quotidien dénonçant dans un communiqué une "atteinte à la liberté de presse".

Un porte-parole du Trésor a réagi en affirmant avoir accrédité près de 300 membres des médias et dit attendre d'eux une couverture "factuelle" et pas "sensationnaliste."

Le cycle de réunions du G20 s'achèvera mi-décembre avec un sommet des chefs d'Etat en Floride, dans un luxueux complexe de golf appartenant à Donald Trump à Miami.

A.Robinson--TNT

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