The National Times - Islande: suspense après un référendum à couteaux tirés sur l'UE

Islande: suspense après un référendum à couteaux tirés sur l'UE


Islande: suspense après un référendum à couteaux tirés sur l'UE

Les Islandais ont voté samedi dans un référendum sur une reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, un scrutin à suspense dont l'issue pourrait ne se dessiner que tard dans la nuit.

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Les bureaux de vote ont fermé à 22H00 GMT. En l'absence de sondages à la sortie des urnes, il pourrait falloir plusieurs heures avant de savoir clairement si le "oui" ou le "non" l'emporte, tant l'issue s'annonce serrée.

Les résultats du vote seront suivis de près par l'UE, qui n'a pas accueilli de pays riches, contributeurs nets au budget européen, depuis 1995.

Dans le sillage de la crise financière qui avait terrassé son économie, l'île de près de 400.000 habitants avait déposé sa candidature à l'UE en 2009, mais les discussions avaient été gelées en 2013 avec l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement eurosceptique.

Les sondages donnent les deux camps au coude-à-coude: la dernière enquête Maskina parue vendredi donnait le "oui" très légèrement en tête, à 50,4%, soit dans la marge d'erreur statistique.

La question de la pêche, pilier historique de l'économie nationale, dont l'Islande veut garder la maîtrise, serait alors probablement âprement débattue, même si Bruxelles affiche sa volonté de trouver des "solutions créatives".

Pour l'heure, les quelque 273.000 électeurs étaient invités à répondre à la question suivante: "L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne?".

Formellement, ce référendum a une valeur consultative, mais le gouvernement, une coalition conduite par la Première ministre sociale-démocrate Kristrun Frostadottir, s'est engagé à en respecter l'issue, quelle qu'elle soit.

"La course a été serrée, extrêmement passionnante", a noté Mme Frostadottir samedi, après avoir voté dans une école de Reykjavik.

La campagne "a permis de relancer le débat sur l'Union européenne, sur la place de l'Islande dans le monde et, plus largement, sur son positionnement géopolitique", a-t-elle dit.

Le gouvernement a convoqué une conférence de presse dimanche à 13H00 GMT pour évoquer les suites qu'il compte donner au scrutin.

En cas de victoire du "non", il a d'ores et déjà promis de ne pas relancer les négociations d'adhésion pendant son mandat qui court jusqu'en 2028 et indiqué qu'il saisirait le Parlement de la question d'un éventuel retrait formel de la candidature islandaise à l'UE.

Les politologues jugent improbable qu'il présente sa démission.

- Suspense "insoutenable" -

"Je pense que, depuis une semaine, la dynamique est du côté du +non+", a affirmé à l'AFP Lovisa Olafsdottir, une consultante de 24 ans, rencontrée à la soirée électorale organisée par le camp du "non", Afram Island ("En avant l'Islande").

"Bien sûr, ce sera très serré. Le suspense sera insoutenable, mais nous espérons bien l'emporter", jugeait de son côté un militant du camp opposé, Freyr Rognvaldsson, un chargé de relations publiques de 48 ans.

La campagne a surtout porté sur des enjeux économiques et intérieurs, même si la guerre en Ukraine et les visées de Donald Trump sur le Groenland voisin ont donné au scrutin une dimension géopolitique.

L'Islande, dont l'économie est redevenue florissante, participe déjà au marché unique européen via l'Espace économique européen (EEE), qui ne couvre toutefois pas la politique commune de la pêche.

Sa prospérité s'accompagne d'une devise très volatile ainsi que d'une inflation et de taux d'intérêt élevés, ce qui, aux yeux de nombre d'Islandais, rend séduisante la perspective, à terme, d'adopter l'euro.

Stratégiquement située aux portes de l'Arctique, l'île de l'Atlantique Nord ne dispose pas de forces armées et s'appuie pour sa défense sur l'Otan et sur un accord bilatéral conclu avec les Etats-Unis en 1951.

L'imprévisibilité de Donald Trump et sa volonté de s'emparer du Groenland - qu'il a à plusieurs reprises confondu avec l'Islande - nourrissent certaines inquiétudes.

A Bruxelles, une éventuelle adhésion de l'Islande serait perçue comme une vitrine positive de la politique d'élargissement et permettrait aussi à l'UE d'accroître sa présence dans une région arctique de plus en plus convoitée.

Et peut-être aussi de relancer le débat chez la richissime Norvège, toujours rétive à une adhésion.

D.Kelly--TNT

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