The National Times - Les marchés mondiaux digèrent le discours du patron de la Fed, plus ferme qu'attendu

Les marchés mondiaux digèrent le discours du patron de la Fed, plus ferme qu'attendu


Les marchés mondiaux digèrent le discours du patron de la Fed, plus ferme qu'attendu
Les marchés mondiaux digèrent le discours du patron de la Fed, plus ferme qu'attendu / Photo: © AFP

Les marchés mondiaux ont terminé la semaine sur une note contrastée, jaugeant les mises en garde du président de la Réserve fédérale (Fed) sur l'inflation américaine, qui renforcent les anticipations d'une hausse prochaine des taux de l'institution.

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"Le sentiment général sur les marchés était que (Kevin Warsh) ne ferait pas de grandes déclarations et ne donnerait aucune indication concernant les taux" lors de son premier discours au rendez-vous annuel des banquiers centraux à Jackson Hole (Wyoming), commente auprès de l'AFP Adam Button, analyste chez investingLive.

Ses déclarations n'ont toutefois laissé aucune ambiguïté sur le fait que la priorité était "maintenant" la lutte contre l'inflation, ravivée par la guerre au Moyen-Orient et l'envol des prix de l'énergie.

"Le message est sans équivoque: il est prêt à relever les taux", note M. Button.

Les opérateurs, qui n'accordaient auparavant qu'à peine plus de 35% de chances à un resserrement monétaire lors de la prochaine réunion de la Fed en septembre, estiment désormais qu'il s'agit de l'option la plus probable, à près de 60%, d'après l'outil du Chicago Mercantile Exchange (CME), FedWatch.

Les marchés préfèrent un environnement monétaire plus accommodant, propice à la croissance des entreprises et aux investissements.

"Le patron de la politique monétaire est toutefois resté assez vague quant au moment où le comité" jugera nécessaire de procéder à un tour de vis, estime Jose Torres, d'Interactive Brokers.

Heather Long, économiste de la banque Navy Federal Credit Union, pense qu'une hausse de taux "n'interviendra probablement pas en septembre" mais plutôt lors des réunions "d'octobre ou décembre".

A Wall Street, l'indice Nasdaq a reculé de 0,52%, l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,25% tandis que le Dow Jones a terminé proche de l'équilibre (-0,02%).

En Europe, la Bourse de Paris a gagné 0,98%, Londres 0,29% et Milan 0,67%. Francfort a terminé en hausse de 0,77% à 26.569,99 points, un sommet en clôture.

- Le dollar s'envole -

La devise américaine a été soutenue par le ton plus ferme qu'attendu de Kevin Warsh.

Stable en début de séance, le billet vert progressait de 0,61% face à la monnaie unique européenne vers 20H30 GMT, à 1,1585 dollar pour un euro.

Il gagnait aussi 0,42% face à la devise britannique, à 1,3530 dollar pour une livre sterling et prenait 0,43% face à la devise japonaise, à 160,07 yens pour un dollar.

Sur le marché obligataire américain, "l'évolution des anticipations monétaire a entraîné une forte hausse des taux des bons du Trésor à court terme", observent les experts de Briefing.com.

Le rendement des emprunts de l'Etat à échéance deux ans, le plus sensible à la conjoncture économique, évoluait autour de 4,36%, contre 4,23% la veille.

A dix ans, le rendement atteignait 4,72%, contre 4,68% jeudi soir.

L'or chutait lui de 3,12% à 4.455,70 dollars l'once, pénalisé par la force de la devise américaine qui est comme lui une valeur refuge.

Par ailleurs, le métal jaune "constitue une protection contre l'inflation: il a donc tendance à ne pas bien se porter lorsque la Fed cherche activement à combattre la hausse des prix", ajoute Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

- Le pétrole quasi stable -

Les cours du pétrole sont restés à plat, les opérateurs se montrant prudents face aux nombreuses incertitudes sur la situation au Moyen-Orient, à l'issue d'une semaine marquée par l'espoir d'une reprise plus marquée des flux depuis le détroit d'Ormuz.

Le prix du baril de Brent a lâché 0,44% à 89,31 dollars. Le baril de West Texas Intermediate a perdu tout juste 0,16% à 83,40 dollars.

Les cours ont reculé de 4 à 5% sur la semaine "principalement à la suite d'informations selon lesquelles Oman et l'Iran prévoient de négocier une nouvelle route maritime (...) traversant le détroit d'Ormuz", souligne Norman Liebke, analyste de Commerzbank.

"Néanmoins, derrière les gros titres, les détails restent flous", ajoute Tamas Varga, de PVM Energy.

Les opérateurs attendent de connaître plus amplement les modalités d'une telle initiative, notamment si cela inclut l'instauration d'un droit de péage, une condition jusque-là rejetée par Washington.

A.M.James--TNT

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