Les Bourses mondiales prudentes face à la volatilité du prix du brut, avant l'inflation américaine
Les Bourses mondiales marquent le pas mardi, les investisseurs scrutant la situation au Moyen-Orient et la volatilité des cours du pétrole, dans l'attente de publications clés sur l'inflation américaine.
A New York, vers 15H45 GMT, le Dow Jones cédait 0,08%, le S&P 500 reculait de 0,32%, quand l'indice Nasdaq perdait 0,12%.
Les Bourses européennes ont terminé sans élan. Paris (-0,13%) et Londres (-0,17%) ont à peine cédé du terrain, quand Francfort (+0,26%) et Milan (+0,08%) ont légèrement monté.
"Le rebond des prix du pétrole a ravivé les inquiétudes concernant l'inflation et incité les investisseurs à la prudence avant la publication, plus tard dans la semaine, de données cruciales sur l'inflation américaine", commente Patrick Munnelly, stratégiste chez Tickmill Group.
"Les valeurs énergétiques ont progressé avec le prix du pétrole brut, mais la faiblesse (...) des valeurs de consommation et de certaines valeurs industrielles a empêché le marché dans son ensemble de prendre une direction claire", note-t-il.
A Londres, BP (+1,75%) et Shell (+1,41%) ont gagné du terrain, profitant de la volatilité des prix du brut, de même que TotalEnergies (+1,39%) à Paris, Eni (+2,01%) à Milan et Equinor (+1,69%) à Oslo.
Un prix du pétrole plus élevé dope mécaniquement les perspectives de bénéfices des groupes pétroliers mais à l'inverse, pèse sur les industriels pour qui l'énergie reste un important poste de dépenses.
- Le pétrole proche des 90 dollars -
Par ailleurs, avec un baril de pétrole qui se rapproche des 90 dollars, "le risque pour les marchés est que l'inflation se révèle plus persistante que prévu", estime Daniela Hathorn, de Capital.com. "Les prix de l'énergie restent nettement supérieurs aux niveaux observés avant la reprise des tensions au Moyen-Orient."
Mardi, les prix du pétrole restaient volatiles après une flambée de 5% la veille.
Vers 14H00 GMT, le Brent remontait légèrement (+0,55% à 88,20 dollars le baril) après avoir passé brièvement les 90 dollars en début de séance européenne puis évolué dans le rouge une majeure partie de la journée. Le WTI américain suivait le même renversement de tendance (+0,52% à 82,56 dollars).
Le pétrole avait annulé une partie de ses gains "après que le ministre pakistanais de la Défense a indiqué aux journalistes que les États-Unis et l'Iran étaient +proches d'un certain arrangement+, lequel, selon lui, +évolue en faveur de la paix+", commente Neil Wilson, de Saxo UK.
"Les marchés sont fortement guidés par les gros titres de l'actualité", résume Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com, estimant que les prix pourraient rapidement repartir plus franchement à la hausse.
"Le pétrole brut a fortement progressé au cours des derniers jours, alors que les espoirs d'un accord entre les États-Unis et l'Iran permettant de rouvrir complètement le détroit d’Ormuz se sont estompés", rappelle-t-il. "Nous avons également entendu des messages contradictoires en provenance de Washington et de Téhéran."
- L'inflation américaine dans le viseur -
Fawad Razaqzada rappelle également que "si les prix du pétrole brut continuent toutefois d'accélérer à la hausse, les inquiétudes concernant une nouvelle poussée inflationniste pourraient devenir plus difficiles à ignorer pour les investisseurs".
Dans ce contexte, le marché attend les publications de l'indicateur d'inflation côté consommateurs (CPI) pour le mois de juillet aux Etats-Unis mercredi et son équivalent pour les producteurs (PPI) jeudi.
A partir de ces chiffres, les investisseurs évalueront la probabilité d'un relèvement des taux d'intérêt par les banques centrales américaine et européenne lors de leur prochaine réunion en septembre.
"Le marché considère en ce début de semaine qu'il y a seulement 23% de chances pour un statu quo de la Fed sur ses taux d'ici la fin d'année et donc 77% de chances qu'elle relève ses taux", d'après Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.
La hausse des taux rend le rendement des obligations plus rémunératrices, ce qui incite les investisseurs à vendre certains actifs, comme les actions, pour acheter davantage d'obligations. Les indices boursiers pourraient subir ce contrecoup.
Dans ce contexte, les bons du Trésor américain à échéance 10 ans affichaient un rendement à 4,69% vers 15H45 GMT, contre près de 4,71% lundi à la clôture.
B.Scott--TNT