Bourses mondiales: Wall Street touche de nouveaux records, l'Europe prudente
Les marchés boursiers mondiaux ont terminé en ordre dispersé mardi, oscillant entre prudence et optimisme quant à la perspective de voir les Etats-Unis et l'Iran trouver un accord de paix.
A Wall Street, l'indice Nasdaq (+1,19%) et l'indice élargi S&P 500 (+0,61%) ont tous les deux enregistré de nouveaux sommets en clôture, s'établissant respectivement à 26.656,18 et 7.519,12 points. Seul le Dow Jones a terminé dans le rouge, lâchant 0,23%.
Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran ont fait état d'avancées ces derniers jours dans les discussions. Le président américain Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end.
L'Iran a toutefois accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays.
"Mais Wall Street ne semble avoir peur de rien, le marché est dans une phase de forte croissance", explique à l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.
En Europe, Paris (-1,03%) et Francfort (-0,80%) ont relâché une partie des gains de la veille.
Les deux principales places boursières de l'Union européenne ont notamment été refroidies par les propos d'Isabel Schnabel, membre allemande de la Banque centrale européenne (BCE).
"Elle a déclaré qu'elle voterait en faveur d'une hausse des taux d'intérêt en juin, même s'il y avait un accord pour mettre fin à la guerre en Iran", décrypte Kathleen Brooks, directrice de recherche pour la plateforme d'investissement XTB, selon qui "il y a actuellement 90% de probabilité d'un relèvement lors de la réunion de la BCE le mois prochain".
Milan s'est également repliée (-0,64%), plombée par le recul de Ferrari (-8,37% à 284,05 euros). Le fabricant automobile a fait une sortie de route auprès des investisseurs en annonçant le lancement de "Luce", son premier modèle entièrement électrique.
Londres aurait sans doute davantage progressé (+0,24%) sans le flot des ordres de vente qui ont touché l'une de ses deux championnes pétrolières (British Petroleum, -4,03%).
Les investisseurs ont réagi à la mise à l'écart du PDG de BP, Albert Manifold, en raison "de graves préoccupations" liées à sa gouvernance.
- Le pétrole en hausse -
Les cours du pétrole sont repartis à la hausse mardi, le baril de Brent tutoyant les 100 dollars, après des attaques américaines en Iran.
Le prix du baril de Brent a pris 3,58% par rapport à la clôture la veille, à 99,58 dollars et le baril de West Texas Intermediate a terminé à 93,89 dollars.
"Il est peu probable que les prix descendent en dessous de 95 dollars le baril (pour le Brent, ndlr) tant que les deux parties ne seront pas parvenues à un accord, en raison de l'insécurité qui règne dans le détroit" d'Ormuz, anticipe Gregory Brew, d'Eurasia Group.
Ce passage crucial pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe reste pratiquement bloqué.
En cas de réouverture de la navigation, "les flux devraient retrouver 30% à 50% de leur volume d'avant-guerre en l'espace d'un mois", anticipe M. Brew.
Mais si les pourparlers échouent à nouveau, il faudra s'attendre à un énième bond des prix, selon les analystes.
- Les taux obligataires remontent -
Sur le marché obligataire, la journée a été marquée par des déclarations d'Isabel Schnabel, membre allemande de la Banque centrale européenne (BCE).
"Nous considérons qu'une remontée des taux dans un contexte où la demande ralentit n'est pas forcément un bon calcul", estime Mabrouk Chetouane, de Natixis.
Le taux de l'emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, est remonté à 2,98% contre 2,94% lundi à la clôture.
Le rendement de l'emprunt français à dix ans s'établissait à 3,60% contre près de 3,56% lundi soir.
Dans ce contexte, le billet vert prenait 0,12% face à la monnaie unique européenne, à 1,1631 dollar pour un euro.
F.Hammond--TNT