Hantavirus: les derniers évacués ont quitté le Hondius, finalement contraint par la météo d'accoster
Les 28 dernières personnes qui devaient quitter le MV Hondius sont finalement descendues à quai lundi, le navire où a été détecté un foyer d'hantivirus ayant été contraint de s'amarrer dans le port des Canaries où il était arrivé dimanche.
Les opérations d'évacuation du navire de croisière, qui avaient à l'origine jeté l'ancre dans le port de Granadilla de Abona - sur l'île de Tenerife - sans accoster, s'étaient faites dimanche via des navettes maritimes, mais l'opération a été rendue impossible lundi quand le vent s'est levé, entraînant la formation d'une légère houle.
Les autorités régionales des Canaries avaient manifesté leur opposition à l'accueil du navire et poussé pour qu'a minima il n'accoste pas à Grandilla de Abona, estimant que le bâtiment aurait dû évacuer ses occupants au Cap-Vert, où sa croisière s'était achevée, et non sur l'archipel espagnol.
En combinaison intégrale de protection sanitaire bleue, les occupants sont descendus sur le quai par une passerelle, avant de monter à bord de bus spécialement affrétés pour les acheminer jusqu'au tarmac de l'aéroport de Tenerife Sud.
Là, deux avions doivent les emmener aux Pays-Bas.
L'un des avions transportera 22 passagers dont 19 membres de l'équipage (17 Philippins, un Néerlandais et un Allemand), tandis qu'un second vol, partant un peu plus tard, emmènera six autres passagers: quatre Australiens, un Néo-Zélandais et un Britannique.
Parallèlement, 26 membres de l'équipage devaient rester à bord du Hondius et reprendre la direction des Pays-Bas, emportant aussi le corps d'une Allemande morte à la suite d'une contamination, a précisé sur X la ministre espagnole de la Santé, Mónica García.
Au total, 122 personnes auront été évacuées en moins de 48 heures dans cette opération qualifiée d'"inédite" par Madrid.
- "Rentrer en bonne santé" -
"Je ne souhaite rien de plus à chacun, passagers comme membres de l'équipage, que de pouvoir rentrer chez soi sain et sauf et en bonne santé", a dit le commandant du Hondius dans une vidéo diffusée par son exploitant néerlandais Oceanside Expeditions.
Parmi les croisiéristes et membres de l'équipage déjà évacués, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.
Face à la presse, Mónica García s'est défendue de tout laxisme dans le dispositif mis en place par les autorités sanitaires, qui prévoyait notamment que les tests PCR soient réalisés dans les pays d'origine, une fois les passagers et membres d'équipage rapatriés.
Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et un autre probable ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.
- "Possibilité" de futurs cas -
"En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation (pouvant aller jusqu'à six semaines, ndlr), il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres d'équipage dans les semaines à venir", a dores et déjà mis en garde Pamela Rendi-Wagner, la directrice d'une agence sanitaire de l'UE (ECDC), dans un communiqué.
En l'état déjà, un autre passager américain présente des "symptômes légers", selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant toutefois la population à ne pas céder à "la panique".
La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, même si l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2020.
La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'être humain à être humain.
L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.
"L'isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission", a expliqué auprès de l'AFP Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique de l'Argentine, un pays confronté à un foyer d'hantavirus qui a fait 11 morts en 2018-2019.
Enfin, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez recevra mardi matin à Madrid le patron de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, une deuxième fois en quatre jours, selon ses services.
al-am-rbj-mig/mdm/liu
K.M.Thompson--TNT