The National Times - Fed: Powell tire sa révérence comme président, restera gouverneur face aux pressions

Fed: Powell tire sa révérence comme président, restera gouverneur face aux pressions


Fed: Powell tire sa révérence comme président, restera gouverneur face aux pressions
Fed: Powell tire sa révérence comme président, restera gouverneur face aux pressions / Photo: © AFP/Archives

Jerome Powell a annoncé mercredi qu'il resterait à la Réserve fédérale américaine (Fed) comme gouverneur à la fin de son mandat de président, et ce tant qu'il ferait l'objet de pressions politico-judiciaires.

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Il est président jusqu'au 15 mai mais peut rester au conseil des gouverneurs jusque fin janvier 2028.

"Je partirai quand je le jugerai approprié", a-t-il déclaré en conférence de presse.

Cette situation, très inhabituelle, a quelque peu éclipsé l'aspect monétaire.

La banque centrale venait de laisser ses taux d'intérêt inchangés (entre 3,50% et 3,75%). La décision était attendue mais quatre responsables ont manifesté leur désapprobation, pour des raisons différentes.

Jerome Powell a expliqué qu'il comptait "faire profil bas" en tant que gouverneur, ne restant que parce que le ministère de la Justice et la Maison Blanche maintiennent la pression à son encontre.

Ils lui reprochent le dérapage de la facture du chantier de rénovation du siège de la Fed à Washington.

Une enquête ouverte par une procureure proche de Donald Trump vient d'être close, sans sembler définitivement enterrée.

La menace qui plane sur Jerome Powell - devenu président en 2018 à l'initiative de Trump, renouvelé sous le démocrate Joe Biden - fâche les milieux économiques et une large part de la classe politique, attachés à l'indépendance de l'institution.

Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président Trump n'hésite pas à déstabiliser la banque centrale qui ne fournit pas les baisses de taux d'intérêt qu'il attend.

Outre Powell, il a tenté d'évincer la gouverneure Lisa Cook. La Cour suprême doit prochainement trancher sur cette affaire.

"C'est une inquiétude répandue que ce genre de choses pourraient continuer", a glissé M. Powell, en référence aux poursuites de responsables monétaires.

Son séjour prolongé constitue un revers pour Donald Trump qui a cherché à accélérer son départ et souhaite attribuer son siège de gouverneur à quelqu'un d'autre.

M. Powell semblait détendu pendant la conférence de presse, puis grave à nouveau au moment d'insister sur l'importance d'avoir une banque centrale concentrée uniquement sur des objectifs économiques et l'intérêt général, non sur la prochaine échéance électorale.

Il a félicité celui que Donald Trump a désigné pour lui succéder, l'ex-gouverneur de la Fed (2006-11) Kevin Warsh.

Il le "croit sur parole" quand il assure qu'il ne se laissera pas influencer par Donald Trump, a-t-il déclaré.

Une commission du Sénat a donné quelques heures plus tôt son feu vert à cette nomination. Un vote en séance plénière sera organisé plus tard pour lever les derniers verrous à son accession au sommet de la Fed.

- Rebond d'inflation attendu -

Le communiqué de la Fed montre que M. Warsh hérite d'une institution divisée, peu disposée à baisser les taux dans un avenir proche, et dans le brouillard.

Cela faisait plus de trente ans que quatre dissensions n'avaient pas été enregistrées.

Le gouverneur Stephen Miran - qui cèdera bientôt son siège à M. Warsh - a voté pour des taux plus bas.

Trois autres responsables (des présidents de Fed régionales) sont favorables au statu quo mais désapprouvent la formulation du communiqué final.

Beth Hammack (Fed de Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas) ne veulent pas que la Fed laisse entendre qu'elle est encline à baisser les taux à l'avenir.

Ils signalent ainsi qu'elle pourrait au contraire selon eux devoir les relever face à l'inflation.

Powell a dit ne pas s'étonner de telles divergences devant une situation aussi mouvante.

En huit ans de mandat, a-t-il souligné, "nous avons eu au moins quatre chocs d'offre".

Il a cité la pandémie de Covid-19, l'invasion de l'Ukraine, les droits de douane de Donald Trump et désormais la guerre au Moyen-Orient qui fait flamber les prix de l'énergie.

A ce sujet, il a prévenu que l'indice d'inflation PCE de mars, publié jeudi, risquait d'afficher une forte accélération (3,5% contre 2,8% précédemment).

P.Johnston--TNT

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