The National Times - Audiovisuel public: le "rapport Alloncle" mis au vote des députés, qui s'annonce serré

Audiovisuel public: le "rapport Alloncle" mis au vote des députés, qui s'annonce serré


Audiovisuel public: le "rapport Alloncle" mis au vote des députés, qui s'annonce serré
Audiovisuel public: le "rapport Alloncle" mis au vote des députés, qui s'annonce serré / Photo: © AFP/Archives

Après des mois de travaux sous tension, des députés se prononcent lundi sur la publication du rapport sur l'audiovisuel public rédigé par leur collègue Charles Alloncle (UDR, allié du RN), un vote crucial et incertain après les polémiques sur ses méthodes.

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Un vote favorable à la majorité des 30 membres de la commission d'enquête sur "la neutralité et le financement" de l'audiovisuel public est une condition nécessaire pour que le rapport soit rendu public une semaine plus tard.

Un vote négatif est rarissime. Mais les tensions qui ont émaillé les travaux et les réactions des parlementaires aux conclusions écrites de Charles Alloncle, qu'ils ont consultées à huis clos jeudi et vendredi, rendent tout pronostic hasardeux.

Le député a prévenu lundi matin sur RMC: "Je ne me soumettrai pas à ce chantage qui consiste à supprimer des pans entiers" du rapport. Cependant, "quelque chose me dit qu'à la fin on arrivera à trouver un terrain d'entente".

Pour la quasi-totalité de la gauche, le vote sera négatif.

Le patron des députés PS, Boris Vallaud, a dénoncé devant la presse "mensonges" et "partis pris" dans ce rapport "à charge" contre l'audiovisuel public.

Le document est "partial, malveillant", constituant un véritable "pamphlet idéologique", ont renchéri les insoumis, prêts à le "censurer".

M. Alloncle a "dévoyé ce qu'est une commission parlementaire", selon les écologistes également.

Du côté du bloc central, les élus Renaissance et MoDem ont prévu de s'abstenir. Charles Alloncle pourra compter sur les voix du RN et au moins une de LR, tandis que Horizons est incertain.

Les députés se réunissent à 14H30 à huis clos pour des discussions s'annonçant longues.

Ils étaient tenus au secret sur le fond du rapport mais de nombreux éléments ont fuité.

Selon des sources proches de la commission, le document de près de 400 pages contient quelque 80 propositions, dont des mesures chocs qui soumettraient France Télévisions à une sévère cure d'austérité.

Charles Alloncle préconise de supprimer la chaîne France 4 et France TV Slash, dédiées aux publics jeunes, pour "redéployer les moyens" sur une nouvelle offre diffusée sur France.tv et les réseaux sociaux.

France 2 et France 5 seraient fusionnées au profit d'une "grande chaîne généraliste", tandis que franceinfo et France 24 seraient aussi refondues dans une seule entité. Côté radio, Charles Alloncle suggère de supprimer le Mouv', l'antenne de Radio France dédiée au hip hop.

Selon ses propositions, le milliard d'euros d'économies générées serait affecté à "l'entretien du patrimoine" de l'Etat et au désendettement du pays.

- Hésitations -

Parmi les autres mesures, M. Alloncle propose de soumettre les figures de la télévision et de la radio publiques à une stricte neutralité, et de revenir à la nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l'Elysée. Un "retour à l'ORTF", critique un député du bloc central.

Au-delà des propositions, les députés interrogés par l'AFP hésitent à donner leur feu vert à la publication du rapport en raison du "ton" employé, selon eux, par Charles Alloncle.

Un député se demande si "l'Assemblée nationale peut cautionner qu'un rapport parlementaire soit fondé sur de telles méthodes de calomnie et d'insinuation".

La socialiste Ayda Hadizadeh souhaite deux votes: sur le rapport dans son intégralité, pour le repousser, et sur la publication des préconisations qui seraient endossées par le seul Charles Alloncle.

"Enterrer ce rapport serait une faute démocratique", a mis en garde M. Alloncle la semaine dernière dans un entretien au magazine JDNews, un des médias dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui ont pris pour cible l'audiovisuel public ces derniers mois en pointant son coût et un supposé manque de neutralité.

Le Monde a révélé que Lagardère News, propriétaire du JDD et du JDNews, avait envoyé à des députés de la commission d'enquête une série de questions à poser aux personnes auditionnées. Le lobbying, "c'est vieux comme l'Assemblée", a réagi M. Alloncle lundi.

Mais selon le président de la commission, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), "des éléments concordants accréditent des tentatives d'ingérence inédites".

Radio France, cible de questions suggérées par Lagardère News, a appelé à "faire toute la lumière sur des collusions éventuellement à l’œuvre avec des acteurs directement intéressés à la déstabilisation" d’un concurrent.

L.Graham--TNT

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