The National Times - Succession et ambitions: face aux actionnaires de LVMH, Bernard Arnault ne lâche pas la barre

Succession et ambitions: face aux actionnaires de LVMH, Bernard Arnault ne lâche pas la barre


Succession et ambitions: face aux actionnaires de LVMH, Bernard Arnault ne lâche pas la barre

Face aux actionnaires du numéro un mondial du luxe LVMH, son PDG Bernard Arnault, 77 ans, a renvoyé à plus tard le débat sur sa succession, préférant fixer des objectifs à moyen terme pour son groupe.

Taille du texte:

La succession, d'abord, a suscité l'une des toutes premières questions des actionnaires présents dans la salle lors de l'assemblée générale jeudi à Paris. Interrogé sur son potentiel dauphin parmi ses cinq enfants, qui travaillent tous chez LVMH, Bernard Arnault a botté en touche.

"Vous m'avez renouvelé l'année dernière à 99% pour les dix années suivantes. Donc, on reparlera de tout ça dans sept, huit ans, si vous voulez bien", a répondu le milliardaire. Lors de l'assemblée générale de 2025, LVMH avait fait voter la modification de ses statuts, portant à 85 ans les limites d'âge du PDG.

Le dirigeant n'a pas indiqué à ce jour qui pourrait reprendre les rênes du géant mondial du luxe, mais quatre de ses cinq enfants sont au conseil d'administration de LVMH, et deux d'entre eux, Antoine Arnault et Delphine Arnault, font désormais partie du comité exécutif.

La question, régulièrement évoquée, suscite des spéculations: à l'occasion d'apparitions médiatiques récentes, sa deuxième épouse, Hélène Mercier, mère des trois derniers enfants, a notamment assuré qu'il n'y avait pas de tensions entre ses fils et les deux aînés.

Jeudi, pour la toute première fois en assemblée générale et peut-être en geste d'équité, le patriarche a invité tour à tour Jean, directeur marketing des montres pour Louis Vuitton, Frédéric, directeur général de Loro Piana, Alexandre, directeur général de Moët Hennessy, Delphine, PDG de Dior, puis Antoine, chargé de l'image du groupe, à prendre la parole.

"Bon, les enfants, bah vous les avez vus les enfants... Est-ce qu'ils ont l'air très ambitieux ? Je ne sais pas... C'est à vous de me dire", a ironisé Bernard Arnault face à son auditoire.

"Les actionnaires sont tenus au courant des activités de chacun d'entre eux, qui sont très focalisés dans un domaine précis et qui sont tous les cinq, vous avez pu le constater, très brillants dans leur domaine", a-t-il ensuite dit auprès des médias.

- "Confiant" -

Plus largement, le patron a formulé des ambitions pour le moyen terme. "Ce qui compte le plus, c'est où va-t-on, où sera-t-on dans cinq ans ? Quelle va être la nature du groupe dans cinq ans ?", a-t-il dit, citant des "atouts formidables" pour rester en tête du secteur du luxe, qui vient de traverser plusieurs années de ralentissement.

Le PDG s'est notamment fixé comme objectif de faire du joaillier Tiffany - racheté en 2021 pour près de 16 milliards de dollars (13,7 milliards d'euros) - "la première marque de joaillerie au monde". "On n'est pas loin, mais on n'y est pas encore. Dans cinq ans, je pense qu'on peut y arriver", a-t-il assuré.

"Je suis très confiant à cinq ans sur l'évolution de notre groupe. Voilà pourquoi quand les actions baissent un peu, comme c'est le cas depuis quelque temps, j'en rachète", a-t-il aussi dit.

Bernard Arnault et sa famille ont d'ailleurs récemment augmenté leur participation, à 50,01% du capital de LVMH, pour 65,94% des droits de vote.

A plus court terme, le groupe a été pénalisé - à l'instar de ses concurrents - par la guerre au Moyen-Orient, qui lui a coûté 1% de croissance organique au premier trimestre. La région, très dynamique pour le luxe, représente environ 6% de ses ventes totales.

"Tout dépend de la façon dont cette crise va se dénouer", a estimé Bernard Arnault. "Ou cela va être une catastrophe mondiale avec des développements économiques extrêmement sérieux et très négatifs. Et à ce moment-là, qui peut dire comment va se dérouler l'année 2026 ?", a-t-il interrogé.

"Ou alors ça va se régler d'une manière ou d'une autre, plus rapidement, ce qu'on souhaite tous, même si ça n'a pas l'air facile. Et à ce moment-là, les affaires reprendront progressivement leur cours normal", assure-t-il.

A.Robinson--TNT

En vedette

Cyberattaque aux supermarchés : Delhaize annonce le retour à la normale

La chaîne de supermarchés belge Delhaize a confirmé ce mardi que ses magasins, affectés lundi par une cyberattaque paralysant leurs systèmes de réfrigération, sont revenus à un fonctionnement normal. L'approvisionnement reprend normalement après l'élévation dangereuse des températures dans les rayons.

Octobre 2026 : Le marché de l'occasion en baisse mais les voitures électriques bondissent

Le marché français du véhicule d'occasion a enregistré un repli de 7,2 % en octobre 2026, totalisant 452 492 immatriculations. Dans ce contexte de ralentissement global, les voitures 100 % électriques ont connu une croissance exceptionnelle de 43,5 %, consolidant leur part de marché à plus de 6 %. Cette dynamique contraste avec la résistance des véhicules thermiques anciens et la baisse des prix moyens.

Paris enregistre un recul des réservations touristiques après la manifestation du 17 octobre

D’après AirDNA, une plateforme de collecte et analyse de données sur la location de logements, les touristes fuient Paris depuis le 17 octobre dernier. Ce jour a été marqué par une mobilisation générale et importante en France, avec des manifestations contre la vie chère dans plusieurs grandes villes, dont la capitale.

Les Bourses européennes ouvrent en léger repli

Les Bourses européennes ont ouvert en légère baisse lundi, dans un marché prudent à la veille des élections de mi-mandat aux Etats-Unis et après la chute des valeurs technologiques à Wall Street vendredi.

Taille du texte: