The National Times - Télécoms: Bouygues, Free et Orange entrent en négociations exclusives pour le rachat de SFR

Télécoms: Bouygues, Free et Orange entrent en négociations exclusives pour le rachat de SFR


Télécoms: Bouygues, Free et Orange entrent en négociations exclusives pour le rachat de SFR
Télécoms: Bouygues, Free et Orange entrent en négociations exclusives pour le rachat de SFR / Photo: © AFP/Archives

Les quatre opérateurs télécoms français ont annoncé vendredi être tombés d'accord sur un prix pour le rachat de SFR, ouvrant des négociations exclusives qui pourraient conduire à une reconfiguration inédite du secteur avec un retour à trois opérateurs en France.

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"Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange annoncent la remise d'une nouvelle offre et entrent en négociations exclusives avec le groupe Altice France en vue de l'acquisition de SFR" pour un montant de 20,35 milliards d'euros, ont-ils indiqué dans un communiqué.

Il s'agit d'une première dans le secteur, la maison mère de SFR, Altice France, n'ayant jusqu'alors accepté aucune potentielle offre de rachat.

"Cette annonce marque une étape importante pour une opération structurante qui concerne l'ensemble du secteur télécom français et européen", a réagi Bercy.

Altice France avait refusé en octobre une première offre, déposée par le consortium constitué des trois opérateurs, qui proposait un prix de 17 milliards d'euros.

"Sur la valorisation, même si l'offre a été améliorée, on n'est pas sur un prix drastiquement différent" dans cette deuxième offre, a commenté auprès de l'AFP Sylvain Chevallier, analyste télécoms et associé du cabinet de conseil BearingPoint.

Le partage des actifs de SFR entre les trois potentiels acquéreurs est resté quant à lui quasiment inchangé par rapport à l'offre refusée en octobre.

L'accord dévoilé vendredi répartit les actifs à hauteur de 42% pour Bouygues Telecom, 31% pour Iliad, et 27% pour Orange.

Bouygues Telecom devrait hériter du segment "B2B", les offres dédiées aux professionnels, tandis que l'activité grand public et les infrastructures seraient partagées entre les trois acheteurs.

- "Rupture importante" -

Avec cette offre menée par trois concurrents, le marché renoue avec l'hypothèse d'un rapprochement entre opérateurs, inédite depuis la tentative de rachat de Bouygues Telecom par Orange abandonnée en 2016.

"Il s'agirait d'une rupture importante", souligne Sylvain Chevallier, qui rappelle néanmoins que le marché français "a vécu longtemps avec trois opérateurs", avant l'arrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.

D'après l'analyste, ce retour à trois acteurs serait bienvenu, dans un secteur où "la concurrence était totalement exacerbée, et les prix trop bas".

Une approche également défendue par les opérateurs français, qui se sont depuis plusieurs années déclarés favorables à une consolidation du marché.

"Que les consommateurs se rassurent, on va rester dans un marché très concurrentiel", a ajouté M. Chevallier.

Le ministère de l'Économie a quant à lui assuré vendredi qu'il resterait "extrêmement vigilant quant à la préservation de l'emploi, à l'impact sur les prix des abonnements pour les consommateurs, ainsi qu'au maintien des investissements dans les réseaux".

- "Discuter et négocier" -

Si l'accord signé par les quatre opérateurs ouvre une période de négociations exclusives jusqu'au 15 mai 2026, le processus de consolidation devrait être long.

"Afin d'aboutir, l'accord de vente devra être validé par les autorités de concurrence compétentes, ont souligné les quatre opérateurs dans le communiqué, ajoutant prudemment qu'"il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée."

"A ce stade, de nombreux détails restent à discuter et à négocier", ont indiqué le PDG d'Altice France, Arthur Dreyfuss, et le PDG de SFR Mathieu Cocq, dans un mail interne adressé aux salariés de l'entreprise consulté par l'AFP.

Ils précisent également que "le projet final sera présenté aux instances représentatives du personnel de chacun des entreprises".

L'annonce a rapidement fait réagir les syndicats vendredi. "Des garanties d'emploi pour les salariés de SFR sont envisagées. Mais limiter ces protections à un seul opérateur reviendrait à transférer le risque social d'un opérateur vers l'autre, en faisant des salariés des autres entreprises la variable d'ajustement", a indiqué la CFDT Télécoms.

Q.Marshall--TNT

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