The National Times - Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son site historique de Poissy après 2028

Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son site historique de Poissy après 2028


Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son site historique de Poissy après 2028
Stellantis va cesser la production d'automobiles dans son site historique de Poissy après 2028 / Photo: © AFP/Archives

Le constructeur Stellantis a annoncé jeudi qu'il allait cesser après 2028 la production d'automobiles dans son usine historique de Poissy (Yvelines), qui deviendra un centre de fabrication de pièces et de déconstruction de véhicules, en conservant 1.000 postes ouvriers sur 1.500.

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Le groupe italo-franco-américain (marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Chrysler...) va investir 100 millions d'euros pour reconvertir ce site et assure que les réductions d'effectifs s'effectueront par des départs naturels ou volontaires.

"Le site ne fermera pas, il aura un futur industriel pérenne", a assuré Stellantis dans un communiqué, précisant que la production automobile se poursuivra à Poissy au moins jusqu'à fin 2028.

Ensuite, le site va progressivement intégrer "quatre nouvelles activités industrielles, pleinement opérationnelles d'ici à 2030" pour "maintenir 1.000 postes ouvriers", à savoir "la production de pièces automobiles, la valorisation de pièces dans une logique d’économie circulaire, la préparation et la transformation de véhicules et l’impression 3D de pièces pour des petites séries".

"Compte tenu de la pyramide des âges, les évolutions d’effectifs se feront de manière progressive", "via des départs naturels ou des mesures individuelles basées sur le volontariat", selon le groupe.

Stellantis précise que le site compte aujourd'hui 1.925 ouvriers "sur le papier", mais qu'en réalité 1.580 personnes travaillent réellement sur le site, "compte tenu des absences pour formation, congés, ou maladie".

"A horizon 2030, avec les départs naturels, dont les mesures d’âge, le site comptera autour de 1.200 ouvriers actifs", ce qui correspond bien à "1.000 postes ouvriers", car "dans l’industrie, il faut environ 1,2 personne pour tenir un poste", selon le groupe.

La fabrication de pièces correspond à un nouveau besoin étant donné le vieillissement continu du parc roulant, avec 40 millions de véhicules de 12 ans en moyenne, explique le groupe.

Poissy restera le siège du constructeur avec un centre de recherche et développement et un "green campus" fort de 8.000 personnes.

- En sursis -

Dernière usine d’assemblage automobile d’Ile-de-France, le site de Poissy, l'une des cinq usines françaises de Stellantis et l'une des onze usines françaises d'automobiles, produisait 400 véhicules par jour, des Opel Mokka et des DS3.

A son apogée, vers 1976, elle a employé jusqu'à 27.000 personnes.

L'arrêt de la production automobile à Poissy, usine née en 1938, vient clore une série noire pour les autres grandes usines automobiles franciliennes: les usines Renault de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) ont fermé en 1992, puis l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014.

A Flins (Yvelines), l'usine Renault a cessé la production automobile en 2024 pour se reconvertir dans le reconditionnement automobile.

Considérablement réduit de taille ces dernières années, le site de Poissy était en sursis depuis octobre et l'annulation par Stellantis du projet de DS3 électrique sans attribuer de nouveau modèle à l'usine. En 2025, des rapports internes montraient un taux d’utilisation de la capacité de seulement 58%.

Stellantis garde en France quatre usines de production d'automobiles, sur 42 dans le monde: Mulhouse, Sochaux, Rennes et Hordain pour les véhicules utilitaires, pour une production totale de près de 662.000 véhicules en 2025 dont 13,5% à Poissy.

- Marché ralenti -

La fermeture de Poissy s’inscrit dans le recul continu de l’emploi automobile en France depuis deux décennies, sous l'effet des délocalisations, puis de la transition vers l'électrique et maintenant de la concurrence chinoise.

En outre, les marchés français et européen comptent un quart de ventes de voitures neuves en moins depuis la pandémie de Covid-19.

Selon l’Insee, la filière automobile française (constructeurs et fournisseurs) a perdu un tiers de ses effectifs en 20 ans, passant de 425.500 emplois en 2010 à 286.800 en 2023.

Les équipementiers ont eux aussi fermé de nombreux sites ces dernières années, une tendance qui s'accentue.

La France "a perdu un million de véhicules à la production depuis 2020 et 40.000 emplois depuis 2019. Et 75 000 emplois sont à risque d'ici 2035 si rien n'est fait", a lancé mercredi devant les députés Nicolas Le Bigot, représentant de la Plateforme automobile, qui regroupe les industriels français du secteur.

A.M.Murray--TNT

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