The National Times - 1er-Mai: vidéo, pétition et rassemblement, avant un ultime débat à l'Assemblée

1er-Mai: vidéo, pétition et rassemblement, avant un ultime débat à l'Assemblée


1er-Mai: vidéo, pétition et rassemblement, avant un ultime débat à l'Assemblée
1er-Mai: vidéo, pétition et rassemblement, avant un ultime débat à l'Assemblée / Photo: © AFP/Archives

Ultimes forces jetées par le centre et la droite pour tenter d'adopter la mesure face à une gauche et des syndicats vent debout: l'autorisation pour les salariés de certains commerces de travailler le 1er-Mai, jour historiquement férié et chômé, est débattu vendredi à l'Assemblée nationale.

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Adoptée au Sénat l'été dernier, inscrite en janvier mais pas débattue faute de temps, la proposition de loi issue de sénateurs centristes et soutenue par l'exécutif fait son retour.

Pour convaincre, l'ancien Premier ministre et candidat putatif à la présidentielle Gabriel Attal a sorti l'artillerie lourde: une pétition en ligne et une vidéo sur ses réseaux sociaux où il déroule un argumentaire quelque peu erroné.

Tout en achetant ses "deux traditions pas trop cuites" dans une boulangerie, le patron de Renaissance assure "que les boulangers et fleuristes n'avaient pas droit d'ouvrir leur boutique le 1er Mai", jour de la fête internationale des travailleurs.

"Gabriel Attal, c'est Pinocchio sans le nez", a moqué mercredi sur X Sophie Binet, patronne de la CGT, dénonçant "mensonge sur mensonge".

En effet, si le Code du Travail établit que "le 1er-Mai est jour férié et chômé", il prévoit tout de même qu'un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là... mais seul ou presque.

- Dès le 1er-Mai 2026 -

Il peut en effet compter sur lui-même ou des membres de sa famille non-salariés, mais pas sur ses employés. A défaut, il s'expose à une amende de 750 euros par salarié concerné (1.500 euros s'il est mineur).

Le débat a été relancé l'an dernier après que des boulangers en Vendée, en Charente et à Paris s'étaient émus de contrôles inopinés suivis d'amendes pour avoir fait travailler des salariés un 1er-Mai.

La proposition de loi doit clarifier les règles et "permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler", en l'espèce "des commerces de bouche de proximité" comme les boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries, fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres)... Mais exclut la grande distribution ou les magasins d'outillages et travaux, par exemple.

Payés le double, seuls les salariés "volontaires" seront concernés et "le refus de travailler le 1er-Mai ne constitue pas une faute ou un motif de licenciement", précise le texte.

"Si la loi est adoptée, le gouvernement" fera en sorte pour qu'elle entre en vigueur dès "le prochain 1er-Mai" 2026, a assuré cette semaine le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. "Nous ne souhaitons pas revenir sur l'acquis du 1er-Mai, chômé pour l'immense majorité des salariés de notre pays", a-t-il assuré, mais "sécuriser le cadre existant".

- Rassemblement syndical -

Les discussions commenceront à 9H00, avec une bonne centaine d’amendements au programme avant d’arriver au vote, alors que les débats doivent s’interrompre au plus tard à 17H30.

C'est une "remise en cause du 1er-Mai" dont on célèbre les 140 ans, dénoncent les huit confédérations syndicales. La CGT, FSU, Solidaires et FO Ile-de-France appellent à un rassemblement vendredi matin, près de l'Assemblée nationale.

Dans une vidéo, Marylise Léon (CFDT) "refuse" l'idée "qu’il faudrait toujours travailler plus, même le jour qui symbolise précisément les droits conquis par le monde du travail".

"Si elle est votée, cette loi permettrait de faire travailler au moins 1,4 million de travailleurs en plus le 1er-Mai", estimait lundi Mme Binet dans un entretien à Sud Ouest, doutant de la notion de "volontariat".

Un doute partagé par le député LFI Thomas Portes, qui en veut pour preuve "le travail du dimanche qui devait être sur la base du volontariat, mais qui finalement s'est traduit par une obligation".

La Confédération française de la Boucherie-Charcuterie, qui soutient le texte, estime qu'il offre "une opportunité de gain de pouvoir d'achat".

L'U2P, syndicat d'artisans et petits entrepreneurs, l'appuie également en plaidant qu'il est "temps de sortir d’une situation archaïque".

Cette traditionnelle fête a vu le jour en 1886 lorsque les syndicats américains ont lancé un appel à la grève le 1er-Mai pour réclamer un maximum de huit heures de travail quotidiennes. Durant ce mouvement, plusieurs grévistes et policiers sont morts.

P.Jones--TNT

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