The National Times - Espagne: le procès de l'ancien bras droit du Premier ministre s'est ouvert à Madrid

Espagne: le procès de l'ancien bras droit du Premier ministre s'est ouvert à Madrid


Espagne: le procès de l'ancien bras droit du Premier ministre s'est ouvert à Madrid
Espagne: le procès de l'ancien bras droit du Premier ministre s'est ouvert à Madrid / Photo: © AFP/Archives

Le procès pour corruption de José Luis Ábalos, ex‑ministre des Transports espagnol, ancien poids lourd du parti socialiste et figure clé de l'ascension du Premier ministre Pedro Sánchez, s'est ouvert mardi, une affaire embarrassante pour les socialistes s'étant toujours présentés comme exempts de malversations

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L'audience de cette affaire mêlant détournement de fonds, trafic d'influence et appartenance à une organisation criminelle, le tout autour de contrats irréguliers de vente de masques pendant la pandémie de Covid‑19, s'est ouverte à 10H15 (08H15 GMT) au Tribunal suprême de Madrid, la plus haute juridiction en Espagne, a constaté un journaliste de l'AFP présent sur place.

Le procès, qui devrait durer environ deux semaines, secoue le gouvernement socialiste qui s'est toujours fait le chantre de la lutte contre la corruption et est arrivé au pouvoir il y a huit ans à la faveur d'une motion de censure contre le gouvernement de Mariano Rajoy embourbé dans des affaires.

L'audience a débuté avec la lecture, suivie attentivement par un José Luis Ábalos à l'air serein, des témoignages de la présidente du Congrès des députés Francina Armengol et du ministre Víctor Torres, deux socialistes de longue date, selon le journaliste de l'AFP.

Ce procès se tient après plusieurs déroutes électorales pour les socialistes et alors qu'approche le scrutin régional du 17 mai en Andalousie.

L'opposition s'est régalée de ce scandale, réclamant à chaque étape judiciaire la démission de Pedro Sánchez, dont plusieurs proches collaborateurs sont également inculpés.

"Rappelons" que Pedro Sánchez "est allé jusqu'à dire qu'il ne connaissait pas personnellement Ábalos, a souligné lundi le porte‑parole du Parti populaire (PP), Juan Bravo, ajoutant: "c'était son ami et très probablement son complice".

- "Pacte criminel" -

Les socialistes répliquent en rappelant que lundi s'est ouvert à Madrid le procès d'un ancien ministre de l'Intérieur du PP, accusé d'avoir organisé un réseau pour espionner et faire taire un ancien trésorier du parti qui menaçait de révéler des secrets compromettants.

Devant le Tribunal suprême de Madrid, José Luis Ábalos - qui plaide non coupable - sera jugé aux côtés de son ex‑conseiller Koldo García et de l'homme d'affaires Víctor de Aldama.

Le parquet, - qui requiert avant le procès en Espagne -, a demandé jusqu'à 24 ans de prison à l'encontre de l'ancien ministre, placé en détention provisoire depuis novembre 2025.

Selon le ministère public, le trio d'hommes formait un "pacte criminel" qui recherchait l'enrichissement personnel, en tirant parti de la fonction de José Luis Ábalos pour favoriser l'attribution de marchés à des entreprises liées à Víctor De Aldama.

Le scandale est d'autant plus fâcheux pour le parti au pouvoir - qui n'a de cesse de se proclamer féministe - que l'enquête a mis au jour certains enregistrements audio, révélés par la presse, dans lesquels les accusés échangeaient dans un langage cru à propos de rencontres qu'ils organisaient avec des prostituées.

Plus de 75 témoins et une vingtaine d'experts sont cités à comparaître dans ce procès, qui devrait se prolonger jusqu'à la fin du mois.

Le tribunal n'examinera pas, pour l'instant, les autres volets de l'affaire qui ont éclaboussé Santos Cerdán, successeur d'Ábalos au poste de numéro trois du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), lui aussi inculpé pour corruption dans une procédure parallèle.

José Luis Ábalos, Koldo García et Santos Cerdán ont joué un rôle décisif dans le retour de M. Sánchez à la tête du parti socialiste en 2017, après la célèbre "tournée de la Peugeot", pendant laquelle l'actuel président a reconquis les bases du parti. Un passé commun qui leur vaut désormais le surnom de "Bande de la Peugeot".

Pedro Sánchez affirme qu'il ignorait totalement les activités visées par l'enquête et nie que le PSOE ait bénéficié d'un financement illégal.

Après la mise en examen de Cerdán, il a présenté ses excuses aux citoyens et a pris ses distances avec les accusés.

Le Premier ministre devra faire face à d'autres fronts judiciaires : son frère David doit être jugé fin mai pour trafic d'influence présumé et son épouse, Begoña Gómez, est inculpée dans une affaire distincte de corruption.

P.Johnston--TNT

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