Meta: le conseil de surveillance met en garde contre le fact-checking fait par les utilisateurs
Le conseil de surveillance créé par Meta, maison mère de Facebook, pour examiner ses décisions de modération a mis en garde jeudi contre une généralisation du fact-checking effectué par ses propres utilisateurs à travers ses "notes de la communauté".
Meta a annoncé l'an dernier qu'elle comptait mettre fin à son programme de vérification des faits aux Etats-Unis, jusque-là mené par des organismes indépendants, dont l'AFP fait partie.
Le groupe américain souhaite les remplacer par un système appelé "notes de la communauté", où les utilisateurs vérifient eux-mêmes les affirmations controversées, s'inspirant des méthodes utilisées sur X et d'autres réseaux sociaux.
S'il était déployé au niveau mondial, ce dispositif "pourrait (...) présenter des risques considérables pour les droits humains et causer des dommages concrets", s'est inquiété le conseil de surveillance de Meta dans un communiqué.
Cela vaut tout particulièrement pour "les régimes répressifs en matière de droits humains, notamment dans le cadre d'élections et dans les situations de crise et de conflit", a-t-il ajouté.
L'AFP figurait parmi les 23 organisations dont les commentaires publics ont été pris en compte par ce conseil de surveillance lors de la rédaction de son avis.
Composée d'universitaires, d'anciennes personnalités des médias et de figures de la société civile, cette instance indépendante, créée en 2020, est souvent qualifiée de "cour suprême" de Meta. Elle statue sur les décisions de modération et donne des avis sur les politiques du groupe, qui possède également le réseau social Instagram et la messagerie WhatsApp.
Créées et approuvées par de simples utilisateurs des réseaux sociaux, les "notes de la communauté" s'appuient généralement sur le journalisme indépendant pour étayer leurs affirmations.
Mais cela se révèle difficile, voire impossible, dans des régimes répressifs, a souligné le conseil de surveillance.
En période de conflit, certains groupes peuvent se voir privés d'accès à internet et être dans l'incapacité de faire valoir leur version des faits, a-t-il poursuivi.
Dans certaines régions du monde, "des acteurs malveillants ont démontré à plusieurs reprises leur capacité à coordonner un grand nombre de comptes pour diffuser des informations trompeuses" et pourraient chercher à manipuler les "notes de la communauté" de Meta, a fait valoir le conseil de surveillance, ajoutant que "ce risque s'accentuera à mesure que l'intelligence artificielle facilitera la création et le fonctionnement à grande échelle de ces réseaux".
Il suggère ainsi d'exclure de ce système les pays ayant des antécédents de campagnes de désinformation.
R.Evans--TNT