The National Times - L'Iran n'a "pas l'intention de négocier", Trump réaffirme l'inverse

L'Iran n'a "pas l'intention de négocier", Trump réaffirme l'inverse


L'Iran n'a "pas l'intention de négocier", Trump réaffirme l'inverse

L'Iran n'a "pas l'intention de négocier", a assuré mercredi son chef de la diplomatie, avant que Donald Trump réaffirme que Téhéran participait bien à des tractations pour mettre fin à la guerre.

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"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire", a affirmé le président américain en suggérant que les responsables iraniens chargés de "négocier" le taisaient de "peur" d'être "tués par les leurs".

"Ils ont aussi peur qu'on les tue", a-t-il lancé devant un parterre de parlementaires républicains réunis mercredi soir à Washington.

Téhéran a démenti être engagé dans les négociations évoquées par Washington.

L'Iran n'a "pas l'intention de négocier" mais "de continuer à résister", a déclaré à la télévision d'Etat son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

"Parfois, des messages peuvent être transmis (...) mais ça ne peut en aucun cas être qualifié de dialogue ni de négociation", a-t-il ajouté.

De la part des Etats-Unis, "parler de négociations maintenant revient à admettre une défaite", a estimé le chef de la diplomatie iranienne.

- "Déchaîner l'enfer" -

Plus tôt dans la journée, la Maison Blanche avait prévenu que Donald Trump était "prêt à déchaîner l'enfer" si Téhéran faisait "encore un mauvais calcul".

Les initiatives diplomatiques se sont multipliées ces derniers jours pour tenter de mettre un terme à une guerre débutée il y a bientôt un mois, qui embrase le Moyen-Orient et menace l'économie mondiale. Sans percée diplomatique jusqu'ici.

Mercredi après-midi, Press TV, branche anglophone de la télévision d'Etat, a affirmé que l'Iran rejetait une "proposition américaine" pour faire taire les armes. Si cette information a été reprise par les autres médias d'Etat iraniens, elle n'a pas été confirmée officiellement par la République islamique.

Selon des médias américains et israéliens, ce projet américain contiendrait en quinze points les premières propositions concrètes de Washington depuis le déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran, le 28 février.

Il a été transmis à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

L'Iran veut "mettre la fin à la guerre à ses propres conditions", a souligné le chef de la diplomatie iranienne.

- "Qui tient les rênes" -

Si Donald Trump persiste quant à l'existence de tractations, aucune information n'est disponible sur le ou les dirigeants iraniens qui seraient impliqués.

Le président américain avait listé mardi, côté Maison Blanche, son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio.

"Il y a une interrogation sur celui qui, dans le système iranien, tient réellement les rênes", observe auprès de l'AFP Guillaume Lasconjarias, professeur associé à l'université de la Sorbonne.

Selon un diplomate de la région, l'objectif américain est d'obtenir une trêve avant des discussions censées permettre aux parties de "revendiquer une victoire et sauver la face".

"On est dans des pré-négociations. On teste ce qui serait acceptable", explique Guillaume Lasconjarias.

En cas d'invasion terrestre américaine, l'Iran ouvrira un "nouveau front" dans un détroit clé pour le trafic maritime mondial, reliant la mer Rouge au golfe d'Aden, a prévenu une source militaire citée par l'agence Tasnim.

La guerre est "hors de contrôle", s'est alarmé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, s'inquiétant d'une "marée de souffrance humaine" dans la région et au-delà.

- Ormuz "fermé aux ennemis" -

Les frappes se sont de fait poursuivies sans relâche.

Selon la marine iranienne, des tirs de missiles ont contraint le porte-avions Lincoln, déployé dans le Golfe, "à changer de position". L'armée américaine n'a pas confirmé.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de Téhéran, ont annoncé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv. Des images de l'AFP ont saisi des traînées de roquettes striant le ciel de la ville côtière de Netanya.

Des bases militaires américaines en Jordanie et à Bahreïn ont été visées et un réservoir de carburant a pris feu au Koweït après une attaque de drones.

Les pays du Golfe ont appelé Téhéran à cesser ses frappes et à leur verser des réparations, devant l'ONU à Genève.

Israël a pour sa part annoncé de nouvelles frappes sur Téhéran, frappée quotidiennement depuis quatre semaines, et avoir ciblé un centre de recherche lié au programme de sous-marins militaires iraniens à Ispahan (centre).

L'attention reste focalisée sur le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Son blocage quasi total par Téhéran a fait flamber les cours et ralentit l'activité mondiale.

Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que le détroit d'Ormuz était "fermé uniquement aux ennemis".

- "Toute ma vie en exil" -

Londres et Paris organiseront cette semaine une réunion des chefs d'état-major d'une trentaine de pays prêts à s'unir pour sécuriser le précieux passage, a confirmé à l'AFP une source au ministère britannique de la Défense.

Depuis que le Liban a été aspiré dans une nouvelle guerre sur son sol, le 2 mars, les frappes israéliennes y ont tué près de 1.100 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

"Tout le monde a peur pour sa maison et sa terre, mais que pouvons-nous faire?", a raconté à l'AFP Mustafa Ibrahim Al Sayed, 50 ans, à Tyr. "Depuis 1978 (date de la première invasion israélienne, NDLR), c'est la cinquième fois que je suis déplacé, j'ai passé toute ma vie en exil".

burx-dla-es/ev/pno

L.Johnson--TNT

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