Les Bourses européennes à nouveau moroses après un rebond de courte durée
Les Bourses européennes évoluent dans le rouge vendredi, après avoir un temps tenté un rebond en début de séance à la faveur d'une détente sur les prix du pétrole, dont les cours chahutent les marchés mondiaux depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Vers 09H30 GMT, Paris cédait 0,21%, Francfort 0,15%, et Londres était stable (+0,03%). Vendredi matin, elles avaient toutes ouvert dans le vert.
Depuis près d'une semaine, les investisseurs ont les yeux rivés sur le Moyen-Orient, où la guerre entre l'Iran d'un côté et Israël et les Etats-Unis de l'autre menace de gripper les approvisionnements en pétrole à l'échelle mondiale. Par le détroit d'Ormuz, au centre du conflit, transite quelque 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL).
Le secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, a déclaré jeudi que Washington examinait diverses options pour endiguer la flambée des prix énergétiques, dont un prélèvement dans les réserves d'urgence voire une intervention directe sur le marché, selon Bloomberg.
Autre initiative américaine: Washington a autorisé pour un mois la livraison de pétrole russe sous sanction vers l'Inde, gros consommateur, afin de limiter les tensions sur l'offre mondiale de brut.
L'annonce de ces mesures potentielles ont permis de "verser un peu d'eau froide" sur un marché du pétrole en surchauffe, note Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Mais après une légère baisse, le baril de pétrole est reparti en hausse, moindre toutefois que la flambée de la veille. A 09H30 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le marché mondial, prenait 0,30%, à 85,67 dollars, après avoir grimpé de 4,93% jeudi. Celui du WTI nord-américain prenait 1,27%, à 82,02 dollars. Jeudi, il avait flambé de 8,51%.
Les investisseurs redoutent un regain d'inflation, particulièrement en Europe où les pays importent massivement leurs hydrocarbures, rappelant la vague inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine en 2022.
Inversement, toute détente sur le pétrole rassure les investisseurs.
"Pour les marchés, la question reste entière: s'agit-il d’un simple choc temporaire ou du début d'un nouveau cycle de tensions durables sur l'énergie?", résume John Plassard responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Les craintes concernant le marché de l'énergie ont récemment poussé "les rendements obligataires à la hausse", note John Plassard.
"Conséquence directe: les anticipations de baisse de taux de la Réserve fédérale continuent de se réduire, les investisseurs n'envisageant désormais qu’un nombre très limité d'assouplissements cette année", explique l'analyste.
Vendredi, le marché de la dette des Etats était cependant en phase de stabilisation: vers 09H30 GMT, le taux d'emprunt à 10 ans des Etats-Unis était à 4,14%, comme la veille. Du côté de l'Europe, le rendement de l'emprunt allemand à 10 ans, référence sur le continent européen, se situait à 2,84%, comme la veille.
Ce contexte d'incertitude pousse toutefois les investisseurs à réduire "leur exposition au risque" et privilégier "les actifs considérés comme plus sûrs", ajoute l'analyste, citant l'or et le dollar comme valeurs refuges.
A 09H30 GMT, l'once d'or prenait 0,73%, à près de 5.119 dollars, tandis que le dollar avançait légèrement, de 0,21%, à 1,1585 dollar pour un euro.
- Emploi américain -
"Dans ce contexte encore fragile, l’attention des marchés se tournera aujourd’hui (vendredi) vers la publication du rapport mensuel sur l’emploi américain", note John Plassard, pour qui ce "dernier indicateur majeur" avant la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait "au moins temporairement, calmer la nervosité ambiante".
Le chiffre est attendu à 13H30 GMT.
"Compte tenu des risques d'inflation croissants", un nombre de création d'emplois plus fort qu'attendu "pourraient déclencher une réaction positive du marché, tandis que des chiffres inférieurs aux attentes pourraient alimenter les craintes de stagflation – hausse du chômage conjuguée à une inflation persistante", explique Ipek Ozkardeskaya.
T.Allen--TNT