Guerre au Moyen-Orient: Wall Street évolue dans le rouge
La Bourse de New York évoluait dans le rouge lundi face à la guerre au Moyen-Orient, les valeurs de la défense et de l'énergie tirant leur épingle du jeu tandis que celles de l'aérien et du tourisme sont plombées.
Vers 15H10 GMT, le Dow Jones cédait 0,34%, l'indice Nasdaq reculait de 0,27% et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,29%. Les trois indices sont initialement tombés de plus de 1% dans les premiers échanges.
"L'aversion au risque est la tendance dominante à l'heure actuelle" à Wall Street, résume Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Après les frappes israélo-américaines sur l'Iran au cours du week-end, Téhéran a répliqué avec des attaques de missiles contre les pays de la région. La guerre s'étend désormais au Liban, où Israël a lancé des raids qui pourraient durer.
Le président américain Donald Trump a dit envisager une opération de plusieurs semaines et chaque camp affiche sa détermination à poursuivre les hostilités, faisant craindre un embrasement général de la région.
"Chaque fois qu'un conflit géopolitique s'intensifie, la réaction instinctive (des marchés boursiers) est de vendre dans un premier temps, jusqu'à ce que (...) la situation soit plus claire", explique Jay Woods, de Freedom Capital Markets.
"Si ce conflit s'étend, (...) cela ne sera pas de bon augure" pour la place américaine, remarque auprès de l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.
Pour l'instant, le secteur de la défense profitait lundi matin des derniers développements: Lockheed Martin prenait 3,32%, RTX s'octroyait 2,97% et Northrop Grumman avançait de 3,06%.
Face à la nette hausse des prix du pétrole, les compagnies pétrolières évoluaient aussi dans le vert, à l'image d'Exxon (+1,86%), Chevron (+0,43%), ConocoPhillips (+2,98%) ou EOG Resources (+1,54%).
"La hausse des coûts énergétiques suscite des craintes inflationnistes", observe par ailleurs Patrick O'Hare.
A l'inverse, d'autres secteurs étaient minés par le conflit, avec les compagnies aériennes en première ligne. Delta lâchait 2,80%, American Airlines tombait de 4,91% et United, de 4,16%.
Le secteur du tourisme accusait également le coup, comme Booking (-4,22%), Airbnb (-2,80%) ou les croisiéristes Royal Caribbean Cruises (-5,61%) et Carnival (-10,59%).
Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts de l'Etat américain à 10 ans se tendait par rapport à la clôture vendredi, à 4,02% contre 3,94%.
Le deux ans, plus sensible à la conjoncture, progressait aussi, à 3,45% contre 3,38%.
Outre les événements géopolitiques, les investisseurs ont aussi en ligne de mire la publication de données macroéconomiques dans la semaine, dont le rapport officiel sur l'emploi vendredi.
"Si nous assistons à une hausse du chômage, cela pourrait être de bon augure pour les partisans d'une baisse des taux" de la banque centrale américaine, commente Jay Woods.
"Mais cela pourrait également faire craindre que le marché du travail soit confronté à des problèmes plus importants", ajoute l'analyste.
A.Wood--TNT