Budget de la Sécu: Juvin (LR) a "très envie" de ne pas le voter
Le rapporteur général du Budget de l’État Philippe Juvin affirme dimanche dans une interview à Radio J qu'il a "très envie", à ce stade, de ne pas voter le budget de la Sécurité sociale dont l'examen commencera en nouvelle lecture mardi à l'Assemblée nationale.
"A l'heure où je vous parle (...) j'ai très envie de ne pas voter ce budget de la Sécurité sociale", a déclaré le député (Les Républicains, LR) des Hauts-de-Seine.
M. Juvin explique être "très défavorable" à la suspension de la réforme des retraites que le Premier ministre Sébastien Lecornu a concédée aux socialistes en échange de leur non-censure.
De plus, "j'ai l'impression que ce n'est pas pour solde de tout compte et que tous les jours il y a une demande nouvelle des socialistes qui arrive", fustige-t-il.
Interrogé sur le budget de l’État, actuellement discuté au Sénat, le député pense que la commission mixte paritaire réunissant sept députés et sénateurs, qui devrait être convoquée après le vote des sénateurs, pourrait être conclusive.
Et il encourage fortement, comme il l'a déjà fait auprès du Figaro, le Premier ministre à utiliser l'arme constitutionnelle du 49.3 pour faire adopter le budget.
"Je dis au Premier ministre, je dis très, très, très fort à votre antenne, monsieur le Premier ministre, vous avez la possibilité, le droit d'utiliser le 49.3. J'ose dire que, dans la situation où nous sommes, vous n'en avez pas le droit, vous en avez le devoir. Donc utilisez-le", a-t-il dit.
"Une voie de sortie, c'est de dire bah finalement on a laissé au Parlement la possibilité de travailler (...), le Parlement n'arrive pas à se mettre d'accord, dans cette hypothèse, le gouvernement c'est son rôle, c'est sa responsabilité" d'utiliser le 49.3, a insisté M. Juvin.
Sébastien Lecornu a renoncé au 49.3 à la demande des socialistes, soucieux de faire vivre le parlementarisme.
Mais l'ancien président de la République François Hollande a publiquement remis sur la table mercredi son utilisation, affirmant qu'il "ne faut jamais se priver d'une disposition constitutionnelle".
Et le chef des députés Boris Vallaud n'a pas fermé la porte à l'hypothèse, dans une interview au Parisien, samedi, affirmant que cet outil est "dans les mains du Premier ministre".
Avantage du 49.3: il permet à un groupe d'opposition de ne pas voter pour un texte mais de se contenter de ne pas censurer le gouvernement. Il permet aussi à l'exécutif de contraindre une majorité indisciplinée.
O.Nicholson--TNT