The National Times - Le jour J est arrivé pour la Fed, qui va relever ses taux face à l'inflation

Le jour J est arrivé pour la Fed, qui va relever ses taux face à l'inflation


Le jour J est arrivé pour la Fed, qui va relever ses taux face à l'inflation
Le jour J est arrivé pour la Fed, qui va relever ses taux face à l'inflation

La banque centrale américaine devrait relever mercredi ses taux directeurs pour la première fois depuis deux ans, afin de freiner la frénésie de consommation des Américains et ainsi faire ralentir l'inflation, et alors que la guerre en Ukraine créée de nouvelles incertitudes.

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La puissante Réserve fédérale a préparé les marchés depuis des mois, et le grand moment est enfin arrivé. Les taux directeurs, qui sont au plancher de 0 à 0,25% depuis mars 2020, vont commencer à décoller.

L'objectif: pousser les banques commerciales à proposer des taux d'intérêts plus élevés pour les crédits qu'elles accordent à leurs clients pour l'achat d'une maison, d'une voiture, ou encore d'une télévision, par exemple.

Et donc, faire ralentir la consommation, pour alléger la pression sur les prix, alors que les problèmes d'approvisionnement ne devraient pas être résolus de sitôt, et que la guerre en Ukraine provoque une flambée supplémentaire, pour l'essence, mais aussi l'alimentation.

Cette première hausse devrait ramener les taux soit dans une fourchette de 0,25% à 0,50%, ou bien directement de 0,50% à 0,75%, ce qui serait un mouvement inhabituellement brutal.

Le président de la Fed Jerome Powell s'était, récemment, très clairement prononcé en faveur d'une hausse de 0,25 point seulement, et non de 0,50 point directement.

Les membres du comité de politique monétaire (FOMC) donneront aussi une indication sur combien de hausses des taux ils prévoient cette année et la suivante. Les économistes tablent sur cinq ou six relèvements en 2022, ce qui devrait faire grimper les taux autour de 1,50%.

Les prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB), d'inflation et de chômage seront également actualisées.

Les annonces seront faites à 14H00 (18H00 GMT) dans un communiqué de presse publié à l'issue de cette réunion du comité de politique monétaire, débutée mardi matin. Jerome Powell tiendra une conférence de presse à 14H30.

Il "répétera sa volonté d'avancer plus rapidement si nécessaire", anticipe Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics, qui ne mise toutefois sur "aucune annonce d'accélération pour le moment".

- "Atterrissage en douceur" -

L'équation semble simple: faire ralentir l'inflation tout en maintenant la croissance économique. Mais les inconnues sont nombreuses, et le résultat incertain.

Le président de la Fed Jerome Powell s'est récemment dit confiant dans la capacité de l'institution à assurer "un atterrissage en douceur", c'est-à-dire "maîtriser l'inflation sans provoquer de récession".

Le comité de politique monétaire devrait également "éviter d'indiquer si la guerre en Ukraine signifie" aller plus vite ou moins vite, a commenté Steve Englander, économiste pour Standard Chartered Bank, dans une note.

La Fed pourrait aussi discuter du moment opportun pour entamer la réduction de son bilan, c'est-à-dire se séparer petit à petit des milliards de dollars de bons du Trésor et autres actifs qu'elle a achetés depuis mars 2020, pour soutenir le fonctionnement de l'économie.

L'inflation aux Etats-Unis s'est élevée à 7,9% sur un an en février, selon l'indice CPI du département du Commerce. La Fed privilégie un autre indicateur, l'indice PCE: +6,1% sur un an en janvier.

Cette flambée des prix fait ressurgir le spectre de l'inflation à deux chiffres des années 1970 et du début des années 1980. La Fed avait à l'époque drastiquement relevé ses taux, jusqu'à 20%, ralentissant l'inflation mais au prix d'une récession.

En Europe, où l'inflation est moins élevée, l'homologue de la Fed, la BCE, avait décidé jeudi de maintenir, à ce stade, ses taux à leur plus bas historique.

La Fed, par ailleurs, attend toujours que le Sénat américain confirme les nominations de plusieurs gouverneurs, y compris le renouvellement de Jerome Powell pour un second mandat.

L'économiste Sarah Bloom Raskin, qui avait été choisie par Joe Biden pour le poste clé de vice-présidente chargée de la supervision bancaire, a annoncé mardi qu'elle renonçait, faute d'un soutien suffisant.

F.Lim--TNT

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