The National Times - Christophe Leribault, un conservateur d'art expérimenté en mission déminage au Louvre

Christophe Leribault, un conservateur d'art expérimenté en mission déminage au Louvre


Christophe Leribault, un conservateur d'art expérimenté en mission déminage au Louvre
Christophe Leribault, un conservateur d'art expérimenté en mission déminage au Louvre / Photo: © AFP/Archives

Un conservateur d'art expérimenté en opération déminage: Christophe Leribault, passé mercredi de la présidence du château de Versailles à celle du Louvre, prend la tête d'un musée en crise depuis le cambriolage du 19 octobre où il devra mettre à profit son savoir-faire dans la gestion des institutions culturelles.

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Nommé en remplacement de Laurence des Cars, à qui il avait déjà succédé fin 2021 à la tête du musée d'Orsay, ce conservateur du patrimoine de 62 ans dirigeait le château de Versailles depuis mars 2024 où il laissera de très bons souvenirs au maire de la ville.

"Je le vois partir avec regrets", déclare à l'AFP François de Mazières (divers droite), louant ses qualités "humaines et professionnelles". "C'est quelqu'un de très apprécié, au caractère chaleureux, et c'est aussi un grand conservateur", ajoute l'édile, qui siégeait à ses côtés au conseil d'administration de Versailles.

A la tête du château iconique de Louis XIV, M. Leribault, né le 14 octobre 1963 dans le Val-d'Oise, a accueilli des compétitions des Jeux olympiques et paralympiques de 2024 et poursuivi les grands projets de restauration et d'ouverture à l'art contemporain.

"Je ne souhaite pas faire que du Louis XIV", avait-il déclaré au Figaro en juin 2025.

Comme au Louvre, ce passionné d'art a aussi fait adopter fin 2025 la hausse du prix d'entrée à Versailles pour les visiteurs non-européens afin de regarnir les caisses de l'Etat.

La mesure a été combattue par les syndicats au Louvre mais a fait moins de vagues à Versailles.

Consulté à cette occasion par M. Leribault, le délégué CGT du Louvre Gary Guillaud dit avoir pu observer "la qualité du dialogue social" instauré à Versailles et a formé l'espoir qu'il maintiendra cet état d'esprit dans ses nouvelles fonctions.

Déléguée CFDT au Louvre, Valérie Baud confie, elle, avoir eu des "échos positifs" du haut fonctionnaire qui devra notamment répondre à la mobilisation engagée depuis mi-décembre par les personnels du musée parisien pour de meilleures conditions de travail.

Pour régler le plus long conflit social de l'histoire du Louvre, "on a besoin d'un apaisement social", a-t-elle ajouté, déplorant l'"impasse" des discussions avec l'ancienne direction.

- "Climat de confiance" -

Ce ne sera pas la seule mission de celui qui a débuté sa carrière comme conservateur au musée Carnavalet (1990-2006) avant de devenir directeur adjoint du département des arts graphiques au Louvre (2006-2012) où il fait donc son retour dans un climat très lourd.

Le cambriolage du 19 octobre a mis au jour une série de failles dans la sécurisation du musée, frappé par ailleurs par une impressionnante série noire (inondation, fermeture d'une galerie pour vétusté, fraude à la billetterie...).

"Christophe Leribault aura pour priorité de renforcer la sûreté et la sécurité du bâtiment, des collections et des personnes, de restaurer un climat de confiance et de porter, avec l'ensemble des équipes, les transformations nécessaires au musée", a énuméré dans un communiqué le ministère de la Culture, son autorité de tutelle.

Dans ses précédentes fonctions, Christophe Leribault avait été salué pour ses politiques d'ouverture.

A Orsay et à l'Orangerie, il avait voulu faire de ces musées "des lieux en prise avec les préoccupations et les interrogations de notre temps", selon sa propre expression.

Il peut également se targuer d'avoir fait massivement revenir le public à Orsay après la fin de la crise sanitaire grâce à des expositions "blockbusters", comme celles consacrées à Edvard Munch ou à Van Gogh à Auvers-sur-Oise.

Pendant son mandat à la direction du Petit Palais, où il avait été nommé en 2012, ce musée s'était considérablement développé, porté par une politique d'éducation artistique très active.

En février 2024, il avait été choisi par Emmanuel Macron pour prendre la tête du château de Versailles, l'un des postes les plus convoités de la culture en France.

Spécialiste du XVIIIe siècle, Christophe Leribault a été élu à l’Académie des beaux-arts en 2023.

T.Bennett--TNT

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