The National Times - Un mois après, ce que l'on sait de la crue meurtrière dans l'Himalaya

Un mois après, ce que l'on sait de la crue meurtrière dans l'Himalaya


Un mois après, ce que l'on sait de la crue meurtrière dans l'Himalaya
Un mois après, ce que l'on sait de la crue meurtrière dans l'Himalaya / Photo: © AFP/Archives

La crue gigantesque qui a frappé le 26 août le nord du Népal est la catastrophe naturelle la plus meurtrière subie par ce pays depuis le séisme de 2015. Elle a aussi touché le territoire chinois du Tibet.

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Voici ce que l'on en sait, un mois après le désastre:

La vague

A 08H37 (02H52 GMT), un morceau de glace et de roche se détache de la face nord du mont Langtang Lirung (5.200 m d'altitude), selon les observations et les données réunies depuis par les scientifiques.

Cette masse énorme - d'un volume estimé à plus de 140 millions de mètres cubes - plonge de plusieurs centaines de mètres en contrebas, obstruant momentanément la rivière Lhende.

Sitôt libérée, la masse d'eau, de glace et de débris s'engouffre "à la vitesse d'un train", selon le géologue népalais Sudan Bikash Maharjan, dans la vallée, débordant sur le territoire chinois du Tibet.

D'une force inouïe, la vague emporte tout sur son passage sur des dizaines de kilomètres en aval, maisons, ponts ou centrales hydroélectriques.

Les autorités népalaises donnent l'alerte à 09H15, trop tard pour les populations menacées.

Le bilan humain

Un mois après il est très lourd, mais encore provisoire.

Selon l'autorité népalaise chargée des situations d'urgence, un total de 1.451 corps ont été retirés des décombres et de la boue et 5.705 personnes restent portées disparues.

Parmi ces disparus, des centaines d'ouvriers ou d'agents des sites hydroélectriques balayés par la crue, et autant d'étrangers, touristes ou pèlerins.

L'identification des victimes par comparaison ADN relève du casse-tête pour les autorités népalaises, dont les morgues ont vite débordé. A ce jour, elles n'ont pu mettre un nom que sur 112 corps.

Faute d'information sur le sort de leurs proches et faute de dépouille, de nombreuses familles de confession hindoue ont organisé des cérémonies funéraires virtuelles, en brûlant des mannequins. Côté chinois, où les images apocalyptiques de la submersion du petit poste-frontière de Gyirong ont fait le tour du monde, les médias officiels ont fait état de 43 morts et 519 disparus.

Les secours

Leurs opérations sont toujours en cours de part et d'autre de la frontière. Depuis près d'un mois, des centaines de sauveteurs creusent la boue et les décombres dans l'espoir de retrouver des survivants.

Côté népalais, trois ouvriers, deux Népalais et un Chinois, ont été extraits vivants de tunnels en chantier où ils avaient été ensevelis.

L'un des rescapés, Sanjay Sah, 30 ans, a raconté à l'AFP avoir survécu dix jours en buvant de l'eau boueuse et en priant. "J'ai survécu grâce à ma foi profonde et à ma confiance", a-t-il témoigné.

Les secours ont par ailleurs procédé au Népal à près de 14.000 évacuations, et continuent à ravitailler, par camions, hélicoptères ou drones cargo, les populations des zones les plus isolées.

Les dégâts et l'aide

La catastrophe a fait plus de 80.000 sinistrés. Des milliers d'entre eux, qui ont tout perdu, sont hébergés dans des centres d'accueil d'urgence. D'autres ont trouvé refuge chez des proches.

L'ONU a lancé un appel urgent pour récolter près de 50 millions de dollars destinés à l'aide d'urgence.

Plusieurs pays et organisations ont promis un soutien financier au Népal, qui se chiffre à quelques millions de dollars seulement, largement insignifiant au regard de l'ampleur du désastre.

La crue a par ailleurs amputé le pays de 10% de sa capacité de production d'électricité, dont 90% provient d'installations hydrauliques.

Le gouvernement a évalué à plus de 4,7 milliards de dollars le coût de la reconstruction. Une facture très lourde pour un pays dont l'économie fragile repose largement sur les versements d'argent de ses travailleurs émigrés et le tourisme.

Les causes

Les premières études scientifiques ont confirmé que le réchauffement planétaire des températures, qui accélère la fonte des glaciers et du pergélisol - la couche toujours gelée du sol - dans l'Himalaya, avait nourri l'instabilité géologique de la région.

"Il ne fait aucun doute que le changement climatique est l'un des moteurs" du désastre, a résumé Friederike Otto, climatologue à l'Imperial College de Londres.

Le Premier ministre népalais Balendra Shah et ses ministres ont exhorté le monde entier à prendre la mesure des dangers du dérèglement climatique et à agir vite au nom de la "justice climatique".

Le Népal est l'un des pays qui contribue le moins au réchauffement planétaire mais en même temps l'un des plus menacés par ses effets, plaident-ils.

R.Hawkins--TNT