Zambie: Hichilema va prêter serment le 1er septembre après un scrutin contesté
Le président zambien Hakainde Hichilema va prêter serment pour un second mandat le 1er septembre, a annoncé mardi le gouvernement, malgré l'incertitude quant à la validité du dépôt d'un recours contre sa victoire électorale.
M. Hichilema a été réélu avec environ 60% des suffrages à la présidentielle du 13 août, mais le chef de l'opposition Brian Mundubile, arrivé en deuxième position, a dénoncé des fraudes et promis de contester le résultat en justice.
Le pays d'Afrique australe a fermé ses tribunaux lundi, le gouvernement invoquant des "raisons de sécurité", alors qu'il s'agissait du dernier jour du délai imparti pour déposer un recours contre les résultats de l'élection présidentielle.
Le gouvernement a indiqué que l'appareil judiciaire n'avait reçu aucune requête et que M. Hichilema prêterait serment mardi 1er septembre.
L'institution judiciaire a cependant fait savoir que le président de la Cour suprême avait reçu, sur sa messagerie personnelle, une requête émanant d'un citoyen contestant les résultats. Elle a qualifié cette démarche de "très irrégulière", précisant néanmoins que le président de la Cour suprême l'avait transmise à la Cour constitutionnelle pour examen.
Il n'était pas immédiatement possible de savoir si la Cour accepterait la requête ni si celle-ci pourrait affecter la cérémonie d'investiture prévue pour M. Hichilema.
Lundi, des organisations de défense des droits ont critiqué la décision de fermer les tribunaux et de déployer des forces de sécurité aux abords des bâtiments judiciaires à Lusaka.
Le scrutin du 13 août a été entaché d'allégations d'intimidation, de partialité en faveur du gouvernement et de restrictions visant l'opposition, les tensions s'étant vivement accrues après la fermeture des bureaux de vote.
M. Mundubile est entré dans la clandestinité après l'arrestation le lendemain du vote de onze membres de son camp, justifiée par les autorités par "une menace grave pour la sécurité de l'Etat".
Un ancien ministre, Mutotwe Kafwaya, a été abattu lors de l'opération menée par les forces de sécurité.
Les observateurs internationaux ont estimé qu'une interruption de six heures du dépouillement à l'échelle nationale avait nui à la confiance dans le processus électoral.
Le Christian Churches Monitoring Group, qui a effectué son propre décompte, a estimé que M. Hichilema avait obtenu la majorité absolue, mais que son score officiel avait peut-être été gonflé, une allégation que le gouvernement a démentie.
C.Stevenson--TNT