The National Times - Ferveur et larmes de joie pour la réouverture des Lieux saints à Jérusalem

Ferveur et larmes de joie pour la réouverture des Lieux saints à Jérusalem


Ferveur et larmes de joie pour la réouverture des Lieux saints à Jérusalem
Ferveur et larmes de joie pour la réouverture des Lieux saints à Jérusalem / Photo: © AFP

Il est à peine 05h00 du matin sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Un fidèle musulman prie, en larmes. Quelques heures plus tard, une émotion similaire étreint chrétiens et juifs de retour dans les Lieux saints, rouverts jeudi après l'entrée en vigueur d'une trêve avec l'Iran.

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Situés dans la Vieille Ville à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, les sites parmi les plus sacrés des trois grandes religions monothéistes avaient été fermés dès le premier jour de la guerre déclenchée par les frappes israélo-américaines contre l'Iran, le 28 février.

Jeudi, pour la première fois depuis 41 jours, les fidèles musulmans sont retournés dans la mosquée Al-Aqsa, les juifs devant le Kotel (mur des Lamentations), et les chrétiens dans la basilique du Saint-Sépulcre.

A Al-Aqsa, plusieurs milliers de fidèles musulmans ont accompli la prière de l'aube, après avoir accédé à l'esplanade sous forte surveillance policière.

Un homme, posté à l'entrée de la salle de prières Al-Qibli, distribue des mouchoirs en papier à ceux que les larmes submergent.

La mosquée al-Aqsa représente "l'âme de Jérusalem", estime une autre fidèle, qui ne donne pas son nom pour des raisons de sécurité.

A 06h30 du matin, la police commence à écarter les fidèles musulmans, provoquant des réactions de colère, afin de permettre l'entrée de juifs religieux. Ces derniers appellent l'esplanade le mont du Temple et le considèrent comme le plus sacré de leurs lieux religieux.

Selon le statu quo en vigueur depuis l'occupation, les non-musulmans peuvent visiter la mosquée à certaines heures déterminées, mais sans y accomplir de prières, une règle que des juifs ultra-orthodoxes enfreignent de plus en plus.

- "Comme à la maison" -

A quelques encablures, une première messe accueille des fidèles dans la basilique du Saint-Sépulcre, construite sur le site où, selon les chrétiens, Jésus a été crucifié, mis au tombeau puis est ressuscité.

Même ferveur, même émotion. Uwde Slimane, une Ethiopienne de 40 ans enveloppée dans un voile blanc, ne retient pas ses larmes en sortant de la basilique.

"Je n'ai pas de mots", s'excuse-t-elle en souriant. "Cela fait plus d'un mois, c'était très très très dur, mais Dieu merci, nous sommes en vie... tous les chrétiens sont contents aujourd'hui".

Devant l'édifice, Imad Marcos demande à être pris en photo et prend la pose, avec puis sans lunettes de soleil, visiblement très heureux.

"Je n'étais pas sûr que ce serait ouvert, c'est un miracle!", s'exclame cet homme d'affaires égypto-américain, qui vient tous les ans de Miami en pèlerinage à Jérusalem. "Je devais repartir aujourd'hui, mais je vais changer mes plans, je vais profiter des lieux toute la journée", ajoute-t-il.

Le Père Andrea, qui a célébré la messe, ne s'étonne pas du tout petit nombre de fidèles, après des semaines de fermeture et "en ces temps difficiles". "Petit à petit, nous espérons qu'ils reviendront", dit-il.

Au mur des Lamentations, plusieurs dizaines de fidèles juifs prient en fin de matinée. "Je suis si heureuse de pouvoir revenir. Ici on se sent comme à la maison", dit dans un grand sourire Ayla, une jeune femme de 19 ans.

Une joie partagée par Yehuda Bandel, un enseignant à la retraite de 70 ans vivant à Kfar Harohe, au nord de Tel-Aviv. Il est venu avec toute sa famille pour fêter la future bar-mitzvah de son petit-fils, prévue dans un mois.

"C'est la première fois qu'il va porter ses tefilin", petits boîtiers contenant des versets bibliques, s'exclame fièrement le grand-père.

Outre la réouverture des Lieux saints de Jérusalem, les autorités israéliennes ont levé la plupart des restrictions liées à l'état d'urgence, à l'exception du nord du pays frontalier avec le Liban, où se poursuit la guerre contre le Hezbollah, un allié de Téhéran, au risque de fragiliser la trêve avec l'Iran.

S.Clarke--TNT

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