Chine et Etats-Unis pénalisent les résultats de Pernod Ricard
Le géant des vins et spiritueux Pernod Ricard a vu son activité se replier encore et son bénéfice net décliner de 18% pour son premier semestre, de nouveau plombé par ses ventes aux Etats-Unis et en Chine.
Sur le marché américain, son premier, les ventes accusent un repli de 15%. Alors que les alcools européens y sont soumis depuis août à 15% de droits de douane imposés par le gouvernement Trump, le bilan pâtit en outre d'ajustements de stocks constitués en amont.
"Les conditions de marché des spiritueux y demeurent modérées", note le groupe français, son PDG Alexandre Ricard discernant tout juste de "premiers signes de reprise," a-t-il dit jeudi à des analystes.
En Chine, le chiffre d'affaires a chuté de 28% ce semestre. Le groupe y relève une "faiblesse persistante de l’environnement macroéconomique et de la confiance des consommateurs", et garde une "prudence commerciale élevée à l’approche du Nouvel An chinois".
Globalement, sur ces premiers six mois, achevés fin décembre, de son exercice décalé 2025-2026, son bénéfice net a atteint 975 millions d'euros (-18%), pour 5,25 milliards de chiffre d'affaires (-15%).
Son bilan souffre aussi d'un impact défavorable des taux de change, des droits de douane et de l'inflation notamment sur les matières premières agricoles.
Mais le numéro deux mondial du secteur, maison mère de la vodka Absolut, du whisky Jameson et du champagne Mumm, relève "un environnement contrasté, globalement stable hors États-Unis et Chine".
- Programme d'économies -
Le groupe voit une trajectoire "en amélioration" au deuxième trimestre, notamment dans les duty-free (dynamisme des croisières, ventes rouvertes au cognac en Chine après un conflit commercial avec l'UE).
En Inde, les ventes ont crû de 4% au 1er semestre, portées par une "forte" demande, des tendances à la premiumisation, le lancement de spiritueux locaux premium...
Réagissant à des rumeurs autour d'une éventuelle cotation de son activité indienne, le groupe a simplement indiqué ne "pas commenter les spéculations ou rumeurs de marché".
En matière d'objectifs annuels, il indique de nouveau que l’exercice 2025/26 "sera une année de transition avec une amélioration des tendances en chiffre d’affaires organique, se matérialisant au deuxième semestre".
En revanche, ses investissements stratégiques sont rabaissés à 750 millions d'euros (contre moins de 900 millions précédemment).
Pour défendre sa marge, le groupe applique un programme de réduction d'économies d'un milliard d’euros sur trois ans, dans la logistique, les achats, la fabrication et l'organisation (ressources humaines notamment y compris via des cessions).
Pernod Ricard compte ainsi quelque 18.200 collaborateurs dans le monde, selon son dernier document d'enregistrement universel publié en juin, contre 20.600 selon le même document pour 2022-23.
Alexandre Ricard s'est dit jeudi "confiant dans les fondamentaux attractifs de (son) industrie, dans la stratégie de Pernod Ricard". Il table sur une "présence géographique équilibrée" et un "portefeuille diversifié", soulignant la progression ce semestre de marchés tels que le Nigeria ou la Turquie.
"Nous adaptons notre stratégie pour capturer la croissance là où elle se trouve", dans "un environnement où les tendances de consommation évoluent en permanence", a-t-il expliqué, axées sur l'accessibilité, la praticité (petits formats, boissons prêtes à boire...), mais aussi le premium, de nouveaux goûts (épicé...).
Le groupe a aussi pour la première fois lancé un produit mondialement, sur 50 marchés, en janvier (une vodka Absolut Tabasco). Moins régionalisé que dans le passé, il est réorganisé depuis ce 1er janvier en deux entités ("Gold" pour les alcools de vieillissement, "Crystal" pour les autres).
C.Bell--TNT