The National Times - Troisième procès pour les assassins présumés du journaliste slovaque Jan Kuciak

Troisième procès pour les assassins présumés du journaliste slovaque Jan Kuciak


Troisième procès pour les assassins présumés du journaliste slovaque Jan Kuciak
Troisième procès pour les assassins présumés du journaliste slovaque Jan Kuciak / Photo: © AFP/Archives

Les responsables présumés de l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak et de sa fiancée Martina Kusnirova sont jugés pour la troisième fois à partir de lundi en Slovaquie, huit ans après ce crime qui avait bouleversé ce pays d'Europe centrale.

Taille du texte:

Le procès s'est ouvert devant le tribunal pénal spécial de la ville de Pezinok, près de Bratislava peu avant 9H00 (08H00 GMT), a constaté l'AFP.

Accusé d'être le commanditaire, l'homme d'affaires Marian Kocner, 62 ans, a été conduit dans la salle d'audience menotté et portant un masque chirurgical par des hommes des forces spéciales cagoulés.

Il avait été acquitté à deux reprises, en 2020 et 2023, des décisions à chaque fois annulées par la Cour suprême, qui a décidé de nommer de nouveaux juges pour un troisième procès. Il purge cependant une peine de prison dans une autre affaire.

Jan Kuciak et Martina Kusnirova, tous deux âgés de 27 ans, avaient été tués par balle en février 2018 dans leur maison du village de Velka Maca, près de la capitale Bratislava, peu avant la publication d'un article mettant en lumière les liens entre des responsables politiques et la puissante mafia italienne 'Ndrangheta.

Martina Kusnirova avait été "abattue d'une balle dans le visage" et Jan Kuciak "touché par deux balles dans le cœur", selon les enquêteurs.

Ces assassinats avaient déclenché une vague de manifestations, les plus importantes depuis la chute du communisme, et conduit à la démission en mars 2018 du gouvernement de Robert Fico - revenu au pouvoir en 2023.

Les parents des deux victimes étaient présents lundi.

Selon l'avocat de la famille Kuciak, Peter Kubina, interrogé par l'AFP, 43 dates d'audience ont été fixées. M. Kocner a toujours nié avoir ordonné l'assassinat de Jan Kuciak, une défense qu'il devrait maintenir, estime Peter Kubina.

Il est rejugé aux côtés de sa présumée complice Alena Zsuzsova, 51 ans, qui était sa compagne.

- Impunité -

Reporters sans frontières (RSF) a salué "une nouvelle occasion de résoudre un crime qui a porté atteinte à la liberté de la presse en Slovaquie et en Europe" et appelé la cour à "tirer les leçons du passé et examiner minutieusement toutes les preuves du dossier", dans un communiqué.

Alena Zsuzsova, acquittée en 2020, avait été condamnée à 23 ans de prison en 2023, après avoir été reconnue coupable d'avoir commandité l'assassinat, pour "plaire" à Marian Kocner, souligne RSF.

En revanche, le tribunal avait jugé qu'il n'avait "pas été prouvé" que Marian Kocner avait orchestré le meurtre.

La Cour suprême a reproché aux juges de ne pas avoir pris en compte tous les éléments de preuve, dont les messages cryptés échangés par M. Kocner et Mme Zsuzsova avant, pendant et après les assassinats.

Trois autres personnes, dont deux tueurs à gages, ont été condamnées pour ce crime et purgent des peines de 25 ans de prison.

M. Kocner avait été condamné à 19 ans de prison en 2020, notamment pour faux en écriture.

Alena Zsuzsova avait, elle, été condamnée à 21 ans de prison pour sa participation au meurtre d'un maire, Laszlo Basternak, avant d'être reconnue coupable dans le dossier Kuciak.

En 2017, Jan Kuciak avait accusé Marian Kocner de montages financiers frauduleux, ce qui lui avait valu des menaces.

Selon RSF, qui dénonce une longue culture de l'impunité, le jeune homme n'est peut-être pas le premier journaliste assassiné en raison de son travail dans l'histoire récente de la Slovaquie.

En août 2025, la police a rouvert une enquête pour meurtre avec préméditation concernant le journaliste d'investigation indépendant Pavol Rypal, porté disparu depuis 2008, a confirmé à l'AFP Jaroslav Macek, procureur régional adjoint à Nitra (ouest).

La Slovaquie, membre de l'Union européenne, se classe 38e sur 180 pays dans l'indice mondial de la liberté de la presse 2025 de RSF.

L.A.Adams--TNT

En vedette

La mousson au Bangladesh fait au moins 50 morts et des milliers de déplacés

Des inondations éclair et des glissements de terrain, provoqués par des pluies de mousson, ont fait au moins 50 morts et des dizaines de milliers de déplacés au Bangladesh depuis une semaine, ont indiqué les autorités dimanche.

Espagne : l'heure du retour à domicile pour les évacués après la stabilisation de l'incendie mortel

"On a vraiment de la chance d'aller bien" : les personnes évacuées de la zone ravagée par un incendie dans le sud de l'Espagne ont regagné leur maison dimanche, encore sous le choc devant la violence du sinistre, désormais stabilisé, qui a fait 12 morts.

Espagne: les évacués vont pouvoir rentrer chez eux après la stabilisation de l'incendie mortel

Quelque 1.500 personnes évacuées de la zone ravagée par un incendie dans le sud de l'Espagne vont pouvoir regagner leur domicile dimanche après la stabilisation du sinistre, qui a coûté la vie à 12 personnes piégées par les flammes alors qu'elles tentaient de fuir.

Noosha Aubel et Potsdam : La confiance accordée a été trahie

Noosha Aubel : 33,4 millions d’euros de déficit budgétaire dans la capitale du Land, Potsdam, environ 500 000 euros consacrés à des conseils externes, des plans d’économies révisés au détriment des enfants – et une affaire honteuse concernant un enfant en bas âge gravement handicapé, qui a fait scandale dans une crèche : Noosha Aubel a en partie hérité de ces crises, mais le déficit de leadership lui est désormais imputable.   Un score électoral de 72,9 % n’est pas un gage de leadership, c’est simplement un crédit. Noosha Aubel (50 ans) l’a obtenu en octobre 2025 à un niveau exceptionnel – et l’a mis à mal en un temps étonnamment court. L’espoir d’un nouveau départ a cédé la place à une amère désillusion, qui ne vient plus seulement de ses adversaires politiques depuis longtemps. Au bout de 100 jours seulement, les observateurs constataient déjà l’absence totale de ligne directrice ; en juin 2026, les milieux médiatiques faisaient ouvertement état de partisans déstabilisés, d’initiatives isolées et de majorités manquantes.   Le critère est simple : Potsdam fonctionne-t-elle mieux ? Les finances sont-elles remises en ordre, les décisions préparées et les plus vulnérables protégés ? Jusqu’à présent, la réponse est : non. Potsdam voulait un nouveau départ. Elle s’est retrouvée avec une maire qui confond trop souvent le langage de gestion avec le leadership et qui ne parvient pas à maîtriser les problèmes de la capitale régionale. À cela s’ajoute un scandale honteux concernant un jeune enfant souffrant de plusieurs handicaps graves, dont Aubel est responsable sur le plan du personnel et qui soulève des questions de morale et de décence. Il est particulièrement honteux que le responsable du service de presse de la mairie de Potsdam, Jan Brunzlow, ne réponde pas aux demandes des médias – alors qu’il est prouvé que Noosha Aubel a été contactée personnellement. Au lieu de répondre aux questions posées de manière transparente et compréhensible, M. Brunzlow insiste, selon les documents disponibles, pour un « entretien personnel » et tente ainsi manifestement de déplacer la communication vers un cadre non public et informel. Si cette manière de procéder enfreignait effectivement les obligations d’information prévues par le droit de la presse, une question fondamentale s’impose : Noosha Aubel est-elle apte à occuper le poste de maire de Potsdam, capitale du Land ?

Taille du texte: