The National Times - "Aucun doute" sur la culpabilité de Cédric Jubillar, selon le premier avocat général

"Aucun doute" sur la culpabilité de Cédric Jubillar, selon le premier avocat général


"Aucun doute" sur la culpabilité de Cédric Jubillar, selon le premier avocat général
"Aucun doute" sur la culpabilité de Cédric Jubillar, selon le premier avocat général / Photo: © AFP/Archives

Le premier avocat général à requérir lors du procès de Cédric Jubillar, Nicolas Ruff, a affirmé mercredi n'avoir "aucun doute" sur le fait que l'accusé a tué son épouse la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

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"Au bout du chemin, je n'ai aucun doute sur le fait que Delphine (Jubillar, née) Aussaguel est morte ce soir-là, je n'ai aucun doute sur le fait que c'est Cédric Jubillar qui l'a tuée", a-t-il affirmé devant la cour d'assises du Tarn, estimant que les jurés devraient eux aussi parcourir le même chemin, en se posant "les mêmes questions".

"Il est coupable, a poursuivi Nicolas Ruff, qui officie pour le ministère public avec Pierre Aurignac, dont les réquisitions vont occuper la fin de l'après-midi.

"Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les conséquences et en espérant vous convaincre de condamner Cédric Jubillar", a-t-il conclu, au terme de deux heures de réquisitoire.

Descendu dans le prétoire pour s'adresser "uniquement" à la cour et aux jurés, M. Ruff, vice-procureur de Toulouse, les a appelés à ne pas rendre une "justice des on-dit", une "justice des certitudes fainéantes", dans un dossier qui a vu "le pire de ce que peut être la médiatisation".

Sans hausser le ton, regardant régulièrement l'accusé et sa défense, Nicolas Ruff s'est défendu d'être un "mercenaire de l'accusation", affirmant livrer son "analyse factuelle et juridique d'un dossier".

- "Heureuse comme jamais" -

Et si l'absence du corps de Delphine Jubillar "rend votre travail judiciaire plus compliqué", a-t-il dit aux jurés, "elle n'empêche pas la justice de travailler" et "on doit condamner quand il y a des éléments qui convergent", a-t-il insisté.

Reprenant le leitmotiv qui a guidé la défense, à savoir celui d'un "dossier vide", il a égrené pendant plus de deux heures les principaux éléments de l'enquête, les précédant de la formule: "dire que ce dossier est vide, c'est ne pas voir...".

Au sujet de la nuit de la disparition, il a rappelé que l'enquête sur le couple et ses relations montrait que Delphine était ce soir-là "heureuse comme jamais, euphorique même", parce que la femme de son amant venait d'accepter la perspective d'une séparation, ce qui ouvrait la voie à cette nouvelle vie à deux dont rêvait l'infirmière de 33 ans.

"S'il y a un soir où il y a pu avoir ce moment de bascule, ces mots qui tuent, cet instant fatidique qui vient sceller la rupture, c'est bien ce 15 décembre", a ainsi déclaré l'avocat général, estimant comme les parties civiles que le meurtre a été commis à la suite de l'annonce d'un "départ définitif" de la part de Delphine.

Lunettes brisées de la disparue, cris d'effroi entendus par les voisines, témoignage de son fils Louis, téléphone éteint de l'accusé, voiture garée dans un sens démontrant qu'elle a été utilisée dans la nuit, attitude de Cédric Jubillar le lendemain matin... M. Ruff a inlassablement décortiqué les indices du dossier.

Loin du "désastre judiciaire" annoncé par la défense si leur client était condamné, Nicolas Ruff a estimé que ces indices démontraient au contraire que "Cédric Jubillar est coupable du meurtre de Delphine Aussaguel".

- "Rendez-leur Delphine" -

Dans la matinée, les deux derniers avocats des parties civiles, plaidant dans l'intérêt des enfants du couple Jubillar, se sont une nouvelle fois directement adressés à l'accusé.

"Rendez-leur Delphine!", a par deux fois tonné Me Laurent Boguet en concluant sa plaidoirie, l'accusé ne trahissant aucune émotion face à cette injonction.

Me Boguet a dénoncé le "brouillard de guerre" déployé par l'accusé, via ses réponses imprécises, et la défense, qui a "torturé le dossier" pour le remettre en question.

D'une voix chargée d'émotion, sa consoeur Malika Chmani a regretté que les enfants Jubillar n'aient "jamais eu de réponses à leurs questions" au cours des quatre semaines de procès.

"Il n'y a pas eu de vérité de leur père, je suis venue chercher une vérité judiciaire", a conclu à la barre l'avocate, demandant "vérité et justice pour Louis et Elyah".

Le réquisitoire se poursuit mercredi après-midi. La journée de jeudi va être consacrée aux plaidoiries de la défense, avant le verdict attendu vendredi.

N.Johns--TNT

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