The National Times - Plaidoiries pour les enfants puis réquisitoire au procès Jubillar

Plaidoiries pour les enfants puis réquisitoire au procès Jubillar


Plaidoiries pour les enfants puis réquisitoire au procès Jubillar
Plaidoiries pour les enfants puis réquisitoire au procès Jubillar / Photo: © AFP/Archives

Après d'ultimes plaidoiries des parties civiles, les avocats généraux du procès de Cédric Jubillar vont requérir mercredi contre un accusé qu'ils n'ont cessé de questionner avec courtoisie mais dont les esquives ont fini par les agacer.

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Malika Chmani et Laurent Boguet, les avocats des enfants du couple, Louis et Elyah, s'exprimeront dans la matinée après les prises de parole, la veille, des sept autres avocats des parties civiles, et rappelleront les attentes de leurs jeunes clients, âgés de 11 et six ans.

"On veut que Cédric Jubillar dise la vérité, il la doit à ses enfants", mais s'il "ne la donne pas, elle sera judiciaire", avait déclaré à l'AFP, avant le procès, Me Chmani.

Lundi, à la toute fin des débats, la présidente des assises, Hélène Ratinaud, a lu un courrier que Louis lui avait adressé, dans lequel il répétait son désir de pouvoir se recueillir à l'endroit où sa mère repose.

"J'aimerais lui apporter une réponse à cette question, mais malheureusement, je n'en ai pas", a dit l'accusé.

"Compte tenu de la spécificité de notre rôle, que je n'oublie pas, je trouverai des choses originales à venir plaider devant la cour d'assises", a affirmé à l'AFP Me Boguet, qui conclura la séquence de plaidoiries des parties civiles.

- Fourbir leurs arguments -

Les deux représentants de l'accusation, Pierre Aurignac et Nicolas Ruff, doivent enchaîner par leur réquisitoire à partir du début d'après-midi.

Hors procès Jubillar, le premier, qui arbore en audience la robe traditionnelle d'avocat général, rouge avec revers bordés d'hermine, dirige le pôle des affaires criminelles du parquet général de Toulouse, tandis que son jeune collègue porte la robe noire correspondant à ses fonctions habituelles de vice-procureur de Toulouse.

Tout au long de ce long procès de quatre semaines, les interventions des deux hommes ont ponctué chaque témoignage et exposé d'experts, souvent sur des points factuels très précis, comme pour fourbir leurs arguments en vue du réquisitoire de mercredi.

Au fil des audiences, ils ont pris un soin manifeste à traiter avec considération l'accusé, le saluant toujours poliment et l'interrogeant avec parfois plus d'égards que les avocats des parties civiles.

Ce n'est qu'en fin de procès que les réponses de Cédric Jubillar (ses "si vous le dites", "peut-être", "je ne sais pas", "je n'en ai pas le souvenir", ou encore ses "tout à fait" répétitifs) ont commencé à impatienter les représentants de l'accusation.

"A chaque fois qu'on essaie de dialoguer avec vous, vous vous dérobez, c'est un peu vain de discuter. Mais merci monsieur!", a ainsi regretté Pierre Aurignac lundi, lors du long interrogatoire de Cédric Jubillar.

"Vous dites tout et son contraire sur tout et n'importe quoi", s'est aussi exaspéré Nicolas Ruff lors de la même journée. Et alors que Cédric Jubillar estimait qu'il essayait de lui forcer la main sur une réponse, l'avocat général réplique: "Je crois au contraire que je suis trop gentil avec vous."

- Montrer les crocs -

Le duo d'avocats généraux a toutefois su montrer de temps à autre les crocs d'un ministère public soucieux du sérieux de la procédure, comme au terme de la première semaine, lorsqu'un ancien policier, cité comme expert par un avocat des parties civiles, était venu présenter des théories loufoques à la barre. "Vous demandez à cette cour d'assises de condamner cet homme sur la base de cette plaisanterie, monsieur?" avait lâché Pierre Aurignac, quand Nicolas Ruff le jugeait soit "inhumain" de donner de faux espoirs aux parties civiles, soit "incompétent".

Ou encore lorsqu'un gendarme avait reconnu à la barre une erreur de copier-coller cruciale: "J'imagine que vous n'avez pas passé une très bonne nuit, moi non plus", l'avait froidement accueilli M. Aurignac.

"On a affaire à une paire efficace, on a senti leur complémentarité", juge pour l'AFP Me Boguet. "Ce sont des avocats généraux expérimentés, qui ont déjà eu l'occasion d'intervenir sur des dossiers intéressant les cours d'assises et qui impliquaient une absence de corps, donc je pense qu'ils ont été sélectionnés à cette fin."

La défense plaidera jeudi toute la journée, avant le verdict attendu vendredi.

F.Lim--TNT

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