The National Times - Au procès Jubillar, les parties civiles dressent un réquisitoire avant l'heure

Au procès Jubillar, les parties civiles dressent un réquisitoire avant l'heure


Au procès Jubillar, les parties civiles dressent un réquisitoire avant l'heure

Les parties civiles ont défendu mardi, au procès de Cédric Jubillar, une enquête "exhaustive" établissant un "paroxysme du féminicide", tout en fustigeant une stratégie de la défense faite de "subterfuges cruels" pour la famille de Delphine, qui souffre depuis cinq ans d'une douleur "qui ne finit pas".

Taille du texte:

"L'absence, c'est cette douleur particulière, qui ne finit pas (...) c'est une plaie vive sur laquelle chaque jour, goutte à goutte, de l'acide se déverse", a plaidé Laurent de Caunes, avocat des frères et soeur de Delphine, disparue à Cagnac-les-Mines (Tarn) dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 et que son mari est accusé d'avoir tuée.

L'infirmière de nuit de 33 ans était une personnalité "hors du commun", a dépeint Me de Caunes. "Il ne s'agit pas d'en faire une sainte", a-t-il dit, mais "en termes allégoriques, c'était un ange, une personne entièrement tournée vers les autres" et qui "ne se plaignait jamais."

"Pourquoi a-t-il fallu que cet ange rencontre, non pas un démon, mais une personnalité comme M. Jubillar, son exacte antithèse, (...) indifférent à tout ce qui n'est pas son plaisir?"

- "Puzzle" -

Le doyen des avocats des parties civiles a regretté à la barre les "subterfuges cruels" des avocats de la défense qui, alors que leur client a peu ou pas répondu aux questions, ont multiplié les attaques "sur des sujets particuliers qui n'affectent pas la vision d'ensemble de cette procédure".

"Est-ce une enquête orientée, superficielle ou malhonnête? Non", avait plus tôt martelé Me Philippe Pressecq, qui représente une cousine de Delphine, faisant remarquer que la défense n'a demandé l'annulation d'aucun acte de procédure alors qu'elle en avait la possibilité.

Au terme d'une enquête ayant bénéficié de "moyens technologiques et humains inédits", "toutes les pièces s'assemblent pour former ce puzzle de la vérité, qui est que, ce soir-là, Cédric Jubillar a bien tué son épouse", a souligné Me Pressecq, tandis que Me de Caunes a dénoncé un accusé "cynique et désinvolte" dont les aveux n'ont finalement aucune importance.

"On s'en passe très bien", a évacué cet habitué des cours d'assises, à propos du "leitmotiv" répété selon lui par la défense d'une affaire "sans corps, sans scène de crime, sans aveux".

En fin de matinée, Mourad Battikh, conseil de plusieurs cousins, oncles et tantes de Delphine, mais aussi depuis lundi de son amant qui a annoncé se constituer partie civile, avait invité les jurés à se projeter au coeur de la nuit du 16 décembre, reconstituée à partir du faisceau d'indices réunis contre M. Jubillar, autant de "caméras" et "d'angles de vue" démontrant le crime.

De son débit rythmé et imagé, il a listé le témoignage de Louis, le fils du couple qui a évoqué une dispute entre ses parents ce soir-là, les lunettes "fracassées" de l'infirmière qui évoquent la violence, ou encore le téléphone de la disparue qui continue à borner près de son domicile le matin, écartant la thèse d'un rôdeur ou d'un départ volontaire.

- "Paroxysme" -

Pauline Rongier, l'avocate d'une amie de Delphine Jubillar, a quant à elle demandé aux jurés de trouver le "courage" de condamner l'accusé malgré l'absence de corps, car cette affaire constitue un "cas d'école", voire un "paroxysme du féminicide".

"Isolement" de son épouse, dénigrement, "surveillance", "violences sur les enfants", Pauline Rongier a décrit la "chape de plomb, la prison dans laquelle était Delphine", ce "contrôle coercitif" exercé par Cédric sur son épouse qui, selon elle, précède la plupart des féminicides.

La mère de l'accusé Nadine Jubillar, qui s'est constituée partie civile, "n'a rien à gagner dans ce procès contre son fils", a souligné son avocate Géraldine Vallat, affirmant que sa cliente sortirait "d'ici avec un verdict, une vérité judiciaire" pour pouvoir avancer.

Les plaidoiries des parties civiles se poursuivront mercredi matin, suivies du réquisitoire des avocats généraux, avant les plaidoiries de la défense toute la journée de jeudi.

Vendredi, la présidente donnera une dernière fois la parole à l'accusé. "Ca peut être l'occasion de vous libérer de cette chape que vous avez sur les épaules, pour vous, pour vos enfants", lui a glissé Me Laurent Nakache-Haarfi, autre avocat des parties civiles.

Puis la cour se retirera avant de rendre son verdict.

P.Murphy--TNT

En vedette

Mexique: la fusillade sur la pyramide était "planifiée", sécurité renforcée avant le Mondial-2026

La fusillade ayant tué une femme canadienne et blessé 13 autres touristes, dont un enfant, lundi sur le site des pyramides de Teotihuacan au Mexique, avait été soigneusement préparée par son auteur, un Mexicain de 27 ans, selon les détails de l'enquête révélés mardi.

Fuite de données à l'ANTS: près de 12 millions de comptes concernés, annonce l'Intérieur

Près de 12 millions de comptes sont concernés par l'incident de sécurité qui a frappé le portail de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) le 15 avril, a indiqué mardi le ministère de l'Intérieur.

Mexique: la fusillade était "planifiée", la présidente réclame plus de sécurité avant le Mondial-2026

L'auteur des tirs mortels lundi contre une touriste canadienne sur le site mexicain des pyramides de Teotihuacan avait prémédité son crime et "planifié" son action, selon les détails de l'enquête révélés mardi, la présidente Sheibaum demandant un renforcement de la sécurité à l'approche du début de la Coupe du monde de football.

Procès de la mort de Maradona: sa fille dénonce une "manipulation totale" de la famille par l'équipe médicale

Une des fille de Diego Maradona, Gianinna, a dénoncé mardi au procès sur les circonstances de la mort de son père en 2020, une "manipulation totale et horrible" de la famille par l'équipe médicale entourant alors la légende du football argentin, aux dernières semaines de sa vie.

Taille du texte: