The National Times - "Peu déstabilisable", Cédric Jubillar va être interrogé sur la nuit de la disparition de son épouse

"Peu déstabilisable", Cédric Jubillar va être interrogé sur la nuit de la disparition de son épouse


"Peu déstabilisable", Cédric Jubillar va être interrogé sur la nuit de la disparition de son épouse
"Peu déstabilisable", Cédric Jubillar va être interrogé sur la nuit de la disparition de son épouse / Photo: © AFP/Archives

Décrit lundi matin par un psychiatre comme "peu déstabilisable", tout en étant fragilisé par des "angoisses d'abandon", Cédric Jubillar doit donner, dans la foulée, sa version de la nuit de la disparition de son épouse qu'il est accusé d'avoir tuée.

Taille du texte:

L'expert a examiné l'accusé à deux reprises et a décrit devant la cour d'assises du Tarn une "organisation défensive de sa personnalité", un homme "impulsif" mais "peu déstabilisable", qui a "une grande maîtrise de ses émotions".

Parallèlement, a souligné le psychiatre, l'enfance chaotique de Cédric Jubillar peut avoir fait de lui "un colosse aux pieds d'argile", travaillé par des fragilités persistantes: "les angoisses d'abandon, ce sont des choses qui restent et mettent l'adulte en difficulté".

Dans la dernière ligne droite de ce procès, qui entre dans sa quatrième semaine, avocats généraux et parties civiles ont questionné le psychiatre sur la colère qu'aurait pu ressentir l'accusé face à la relation extraconjugale de son épouse ou sur sa mémoire parfois défaillante à propos de certains points. C'est "compliqué pour lui de parler de choses qui peuvent être émotionnellement difficiles pour lui", a souligné le psychiatre.

- "Abîme" -

Vendredi, pendant les premières heures de son interrogatoire récapitulatif, le peintre-plaquiste de 38 ans est resté fidèle à son comportement depuis le début du procès: globalement stoïque, avec quelques signes de nervosité mais toujours des réponses directes, souvent courtes et peu développées.

Et alors qu'il doit donner des explications sur la nuit du 15 au 16 décembre 2020, au cours de laquelle l'infirmière de 33 ans a disparu sans jamais être retrouvée, "il ne donne pas l'impression de mesurer l'abîme qui s'ouvre devant nous", a estimé l'un des avocats des parties civiles, Laurent de Caunes, décrivant un accusé qui donne "une apparence très lisse et très évasive".

"C'est intéressant de voir qu'il choisit de ne pas répondre, ou de répondre le strict minimum, quand on sait que c'est un être exubérant, prolixe, un être qui, en dehors de la cour d'assises, a une grande gueule", a analysé vendredi soir l'avocat de plusieurs cousins, oncles et tantes de la disparue, Mourad Battikh.

Ni défense ni parties civiles ne s'attendent lundi à un rebondissement majeur. "Je n'ai aucune inquiétude sur les propos que tiendra Cédric Jubillar lundi", a confié l'un de ses avocats, Alexandre Martin, "parce que depuis le début cet homme a toujours la même version sur ce qu'il a fait cette nuit-là".

"On n'obtiendra rien de Cédric Jubillar à cette audience", a estimé Me Mourad Battikh. "La culture de l'aveu, ce n'est pas ce que l'on attend de ce procès", a-t-il dit.

- "Vérité judiciaire" -

"Nous, ce qu'on attend, c'est qu'il y ait une vérité judiciaire qui s'exprime au regard des éléments du dossier (...) qui sont quand même très accablants", a ajouté Me Battikh, en référence aux témoignages et aux indices recueillis comme les lunettes de Delphine, cassées, sa voiture changée de sens pendant la nuit, les cris de femme entendus dans la nuit...

La semaine écoulée a notamment été marquée par le témoignage de la mère de l'accusé, Nadine Jubillar, qui a raconté comment, quelques semaines avant la disparition de sa belle-fille, Cédric lui aurait dit: "J'en ai marre, elle m'énerve, je vais la tuer, l'enterrer et personne ne va la retrouver", ce que l'accusé a en partie reconnu.

"C'est une expression que j'utilise fréquemment", s'est défendu Cédric Jubillar, en référence aux menaces également proférées à deux amis, avant de marteler, comme depuis le début du procès: "Je n'ai jamais fait de mal à Delphine."

Le reste de la semaine sera consacré aux plaidoiries des parties civiles et de la défense, ainsi qu'au réquisitoire des deux avocats généraux désignés pour ce procès où près de 90 personnes ont été entendues, dont 65 témoins et 11 experts.

Le verdict est attendu vendredi. Cédric Jubillar encourt la réclusion à perpétuité.

M.Wilson--TNT

En vedette

Mexique: la fusillade sur la pyramide était "planifiée", sécurité renforcée avant le Mondial-2026

La fusillade ayant tué une femme canadienne et blessé 13 autres touristes, dont un enfant, lundi sur le site des pyramides de Teotihuacan au Mexique, avait été soigneusement préparée par son auteur, un Mexicain de 27 ans, selon les détails de l'enquête révélés mardi.

Fuite de données à l'ANTS: près de 12 millions de comptes concernés, annonce l'Intérieur

Près de 12 millions de comptes sont concernés par l'incident de sécurité qui a frappé le portail de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) le 15 avril, a indiqué mardi le ministère de l'Intérieur.

Mexique: la fusillade était "planifiée", la présidente réclame plus de sécurité avant le Mondial-2026

L'auteur des tirs mortels lundi contre une touriste canadienne sur le site mexicain des pyramides de Teotihuacan avait prémédité son crime et "planifié" son action, selon les détails de l'enquête révélés mardi, la présidente Sheibaum demandant un renforcement de la sécurité à l'approche du début de la Coupe du monde de football.

Procès de la mort de Maradona: sa fille dénonce une "manipulation totale" de la famille par l'équipe médicale

Une des fille de Diego Maradona, Gianinna, a dénoncé mardi au procès sur les circonstances de la mort de son père en 2020, une "manipulation totale et horrible" de la famille par l'équipe médicale entourant alors la légende du football argentin, aux dernières semaines de sa vie.

Taille du texte: