The National Times - "Journée de Jérusalem": altercations et insultes lors d'une marche de nationalistes israéliens

"Journée de Jérusalem": altercations et insultes lors d'une marche de nationalistes israéliens


"Journée de Jérusalem": altercations et insultes lors d'une marche de nationalistes israéliens
"Journée de Jérusalem": altercations et insultes lors d'une marche de nationalistes israéliens / Photo: © AFP

De nombreux Israéliens ont défilé lundi à Jérusalem-Est lors d'une marche émaillée d'échauffourées avec des Palestiniens, à l'occasion des célébrations annuelles marquant l'occupation par Israël de la partie orientale de la ville sainte.

Taille du texte:

Le ministre israélien d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, s'est rendu sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, une visite considérée comme une provocation par les Palestiniens et les pays arabes.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis, lui, de garder Jérusalem "unifiée, indivisible et sous la souveraineté d'Israël".

Israël a conquis et annexé Jérusalem-Est à l'issue de la guerre israélo-arabe de 1967, une annexion non reconnue par la communauté internationale.

"Yom Yerushalaïm" ("la Journée de Jérusalem" en hébreu) commémore pour les Israéliens ce qu'ils estiment être la "réunification" de la ville.

Chaque année, à l'occasion de cette journée, des milliers de nationalistes israéliens, en majorité religieux, marchent dans les rues de Jérusalem, y compris dans la Vieille ville, en brandissant des drapeaux israéliens.

Pour de nombreux Palestiniens, ce défilé sous haute surveillance est perçu comme une provocation délibérée.

Lundi après-midi, des groupes de jeunes israéliens ont été vus en train de s'en prendre à des commerçants palestiniens, des passants, des écoliers, mais aussi à des militants israéliens des droits humains et à la police.

Certains ont craché sur des passants, proféré des insultes et tenté de forcer l'entrée de maisons.

- "Provocation" -

Troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, l'esplanade est une poudrière où le moindre incident peut dégénérer.

"Je suis monté sur le Mont du Temple pour la Journée de Jérusalem et j'ai prié pour la victoire dans la guerre (à Gaza), pour le retour de tous nos otages (...) Joyeux Jour de Jérusalem!", a écrit le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, dans un message sur Telegram, accompagné de photographies le montrant sur l'esplanade des Mosquées, désigné sous le nom de mont du Temple par les Juifs.

La Jordanie, qui administre l'esplanade mais dont les points d'entrée sont contrôlés par Israël depuis la prise de Jérusalem-Est en 1967, a condamné "les pratiques de ce ministre extrémiste".

La France a condamné une "nouvelle provocation inacceptable".

Les célébrations se déroulent sur fond de guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

En 2021, le mouvement islamiste palestinien avait lancé un barrage de roquettes en direction de Jérusalem alors que la marche commençait à se diriger vers la Vieille ville, ce qui a été suivi d'une guerre de 12 jours entre Israël et le Hamas.

- "Projectiles" tirés de Gaza -

L'armée israélienne a fait état lundi de trois "projectiles" tirés depuis la bande de Gaza, affirmant avoir intercepté l'un d'entre eux et que les deux autres sont "tombés" à l'intérieur du territoire palestinien.

L'événement marque "le jour où nous avons conquis Jérusalem, le mont du Temple, le Mur occidental" (mur des Lamentations), explique Yosef Azoulai, 21 ans, étudiant d'une yéchiva, centre d'études des textes rabbiniques.

"Nous avons vaincu nos ennemis ce jour là. Nous sommes tous venus, tous les étudiants de yéchivas, unis, pour célébrer", a-t-il ajouté.

Dès lundi matin, des groupes de jeunes venus de tout le pays se sont réunis près de la porte de Jaffa, arborant des T-shirts blancs comme c'est souvent le cas pour cette marche.

Leur marche doit les conduire jusqu'au mur des Lamentations à Jérusalem-Est, dernier vestige du Second Temple, détruit en 70 par les Romains, et le lieu le plus sacré où les juifs sont autorisés à prier.

Comme les années précédentes, une "marche des fleurs" était aussi organisée par des militants israéliens désireux de contrer la marche nationaliste.

"Nous donnerons des fleurs de paix aux résidents de Jérusalem, tout particulièrement aux musulmans, aux chrétiens", a précisé l'organisateur, Gadi Gvaryahu, qui préside Tag Meir, organisation fédérant des ONG oeuvrant pour une co-existance pacifique.

- Forte présence policière -

Dans la vieille ville, des Palestiniens surpris ont accepté les fleurs tendues. Mais un vieil homme a décliné: "vous voyez ce qui se passe à Gaza? Je suis désolé mais je ne peux pas accepter".

Plus loin, des adolescents venus participer à la marche principale ont déchiré les fleurs.

La police a dit dimanche déployer "des milliers" d'agents dans toute la ville pour éviter des incidents.

La mairie israélienne de Jérusalem a annoncé une série d'événements ayant débuté, comme pour toutes les fêtes du calendrier juif, la veille au soir.

Un drapeau israélien géant a ainsi été déployé dimanche soir sur l'esplanade du mur des Lamentations alors que des milliers de visiteurs se pressaient dans les rues de la Vieille ville.

S.Mitchell--TNT

En vedette

Jordanie: stupeur et tristesse dans un village après l'attaque contre une église

Dans le village jordanien de Hammoud, des employés s’affairent à nettoyer les dernières traces de sang dans l’église Saint-Georges et à ses abords, où dominent stupeur et tristesse après l'attaque meurtrière sans précédent contre les chrétiens du royaume.

Cybersécurité : avec l'IA, "une période assez chaotique" commence, analyse un ex-conseiller d'Obama

Entreprises et administrations se sont précipitées cette semaine pour corriger deux failles critiques, découvertes grâce à l'intelligence artificielle (IA) dans PHP, un langage informatique qui fait tourner une grande partie des sites internet du monde entier.

Manifestation à Paris : 142 interpellations dont 126 gardes à vue, annonce la préfecture de police

Au total, 142 personnes ont été interpellées, dont 126 ont été placées en garde à vue, en marge de la manifestation samedi à Paris pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, a annoncé dimanche la porte-parole de la préfecture de police.

Crise sociale : une mobilisation toujours forte dans un contexte tendu

Des centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté samedi en France pour défendre le pouvoir d'achat et réclamer de meilleurs services publics, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, estimant que "les cortèges se sont bien passés" malgré "près de 1.000" interpellations.

Taille du texte: