The National Times - Soupçons d'abus de biens sociaux: l'homme d'affaires Michel Ohayon et d'ex-subordonnés en garde à vue

Soupçons d'abus de biens sociaux: l'homme d'affaires Michel Ohayon et d'ex-subordonnés en garde à vue


Soupçons d'abus de biens sociaux: l'homme d'affaires Michel Ohayon et d'ex-subordonnés en garde à vue
Soupçons d'abus de biens sociaux: l'homme d'affaires Michel Ohayon et d'ex-subordonnés en garde à vue / Photo: © AFP/Archives

Des mouvements de fonds suspects alimentant des interrogations sur ses faillites en cascade d'enseignes commerciales prestigieuses: Michel Ohayon et au moins quatre ex-subordonnés sont en garde à vue mercredi à Paris dans une information judiciaire sur des soupçons d'abus de bien social et de banqueroute.

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L'homme d'affaires bordelais avait bâti un empire commercial, fragilisé dès septembre 2022 par la liquidation, à Lille, de Camaïeu (2.600 salariés).

Il avait dû céder Gap France et Go Sport, placées en redressement judiciaire peu après. Sa holding, la Financière immobilière bordelaise, était dès 2023 en cessation de paiements, avec 500 millions d'euros de passif.

Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP qu'outre Michel Ohayon, sont en garde à vue Wilhelm Hubner, ex-dirigeant de la filiale distribution, Hermione People & Brands (HPB) ; Samuel Alimi, ex-vice-président de cette filiale ; Charles-David Ohayon, fils de Michel et ex-dirigeant de certaines filiales, et enfin Jonathan Szejner, qui avait succédé à M. Hubner.

Sollicités, les avocats de Michel Ohayon et Wilhelm Hubner n'ont pas répondu dans l'immédiat à l'AFP, tandis que celle de Samuel Alimi n'a pas souhaité commenter.

Ces cinq hommes sont entendus par les gendarmes de la section de recherches de Paris, selon la source proche du dossier.

Le parquet de Paris et de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) a "confirmé que des personnes sont entendues en garde à vue ce mercredi, sur commission rogatoire" de la juge d'instruction chargée de l'information judiciaire ouverte le 19 avril 2023 pour abus de biens sociaux, banqueroute, escroquerie aggravée, blanchiment en bande organisée.

Les parquets de Lille, Grenoble et Bordeaux s'étaient dessaisis au profit de la Junalco des signalements, notamment en provenance de commissaires au compte, et plaintes reçus à la fin de 2022 et début 2023 sur des soupçons de détournements commis au préjudice des enseignes de Gap, Camaïeu, Go Sport et Campus Academy.

Selon une source proche du dossier, les soupçons d'abus de biens sociaux et de banqueroute sont au coeur de l'enquête des juges d'instruction parisiens, avec en toile de fond la question de savoir si ces faits ont permis un enrichissement illicite de Michel Ohayon.

Dans le cadre de l'information judiciaire, des perquisitions ont été menées en février 2024, notamment aux bureaux et au domicile parisien de Michel Ohayon, avaient indiqué des sources proches du dossier.

A Grenoble, l'une des enquêtes initiales concernait un possible abus de bien social au préjudice de Go Sport, et avait pour origine un signalement des commissaires aux comptes.

Libération avait indiqué que les enquêteurs s'intéressaient à deux "ponctions" suspectes sur la trésorerie de Go Sport, totalisant plus de 50 millions d'euros, alors que Go Sport avait bénéficié de deux prêts garantis par l'Etat, d'un montant de 55 millions d'euros, pour l'aider à surmonter ses difficultés au moment de la crise Covid.

- Endettement -

Ces dernières années, les ennuis s'accumulent pour Michel Ohayon. Sa holding, la Financière immobilière bordelaise (FIB), a été placée en février 2023 en redressement judiciaire, à sa demande, par le tribunal de commerce de Bordeaux.

C'est avec cette société que ce fils de marchand de tissus, arrivé en Gironde enfant depuis le Maroc, a bâti un vaste empire commercial et immobilier à partir des années 1980.

Deux enseignes (Gap France et Go Sport) sont également passées par la case redressement avant d'être reprises, tandis que Camaïeu a été liquidée.

Son royaume a aussi pu comprendre, entre autres actifs, l'enseigne de jouets La Grande Récré (repris par le concurrent JouéClub) et les cafés Legal (cédés et en liquidation judiciaire).

Plusieurs palaces apparaissaient aussi dans son escarcelle : le Grand Hôtel de Bordeaux, le Sheraton de l'aéroport de Roissy et le Waldorf Astoria Trianon Palace de Versailles.

Les trois filiales de la FIB propriétaires de ces établissements avaient été placées en redressement début 2023, assignées devant le tribunal de commerce de Bordeaux par leur principal créancier, Bank of China, faute d'avoir remboursé plus de 200 millions d'euros d'emprunts.

Elles ont été sorties du redressement judiciaire en mars 2024.

Le même mois, le tribunal de commerce de Bordeaux a homologué le plan de sauvegarde présenté par Ohayon pour la vingtaine de magasins Galerie Lafayette qu'il détient en province.

Les derniers comptes publiés par la FIB, correspondant à son exercice financier 2020, faisaient ressortir une perte de 31 millions d'euros et un endettement de 477 millions.

T.Ward--TNT

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