The National Times - Au Liban, la culture des cafés revit grâce à la crise

Au Liban, la culture des cafés revit grâce à la crise


Au Liban, la culture des cafés revit grâce à la crise
Au Liban, la culture des cafés revit grâce à la crise

La musique y est douce et l'ambiance studieuse. Dans le quartier traditionnel de Mar Mikhael à Beyrouth, Aaliya's Books ressemble davantage à une bibliothèque universitaire qu'à un bar: pour échapper à la crise, les Libanais se rendent de plus en plus au café.

Taille du texte:

"Si je suis ici, la plupart du temps, c'est que je n'ai pas d'électricité chez moi", explique Maria Bou Rouphael. Cette trentenaire travaille à distance pour des ONG et trouve chez Aaliya's un confort et une connexion wifi bienvenue.

Depuis le début de la crise économique, sociale et politique au Liban il y a deux ans, l'électricité fournie par le gouvernement s'est réduite comme une peau de chagrin: une à deux heures par jour. C'est devenu un luxe dans ce pays où le salaire mensuel minimum atteint à peine l'équivalent de 30 dollars, à cause de la dévaluation drastique de la livre libanaise.

La qualité de la connexion internet a également beaucoup baissé, alors qu'avec la pandémie de Covid-19 le nombre de gens en télétravail a augmenté dans ce pays où 80% des habitants vivent désormais sous le seuil de pauvreté.

Pour remédier aux défaillances de l'Etat, les Libanais se réfugient dans les cafés qui payent de leur poche des générateurs d'électricité.

"Avec la crise et la pandémie, nos clients passent davantage de temps à travailler, préférant les endroits qui offrent le plus de confort", explique à l'AFP l'enseigne Café Younes, implantée dans tout le pays.

D'ailleurs, la branche ouverte il y a un an à Hamra, quartier historiquement étudiant de la capitale, a spécialement aménagé une salle d'étude dotée de larges tables et de prises électriques.

"Ici, certaines personnes viennent tous les jours pendant leurs heures de travail", confirme Niamh Flemming Farrell, gérante de Aaliya's.

Aujourd'hui néanmoins, Maria est simplement venue lire et profiter de l'ambiance du lieu, lumineux, avec ses étagères remplies d'ouvrages.

"Nous avons perdu beaucoup de lieux culturels, j'aime cet endroit parce qu'il a un lien avec la culture", confie-t-elle, confortablement assise dans un grand canapé marron.

- "Dans notre sang" -

Aaliya's Books tient son nom de Aaliya Saleh, héroïne du roman "Les vies de papier", de Rabih Alameddine, écrivain américano-libanais. Il y met en scène une vieille femme, qui se réfugie dans son appartement, pour être entourée par ses livres, alors que dehors, la guerre civile fait rage.

Le café-librairie Barzakh a tout de ce type de refuge. Au premier étage d'un immeuble, ses grandes baies vitrées offrent une vue imprenable sur l'artère principale de Hamra, naguère une des rues les plus vivantes de Beyrouth.

Mustafa al-Sous, étudiant en design de la mode, feuillette délicatement son cahier de dessin: "Je suis dans un endroit relaxant."

Une sérénité précieuse quand dehors, l'instabilité règne et que nul n'est en mesure de voir clairement une issue à la crise.

"A l'origine, on voulait bannir les ordinateurs portables", s'amuse Mansour Aziz, fondateur de Barzakh, qui n'a finalement même pas essayé. Dans ce lieu qui a ouvert il y a quatre mois, chargeurs, tasses et carnets se partagent les larges tables.

L'endroit est bondé en ce vendredi après-midi: une occasion de tisser des liens, alors que le télétravail isole et que la majorité des Libanais ne peut plus se permettre de faire la fête le soir.

La crise actuelle semble faire revivre une culture des cafés. Les établissements traditionnels qui faisaient la part belle aux discussions et parties de tric-trac (jeu de dés très populaire) ont progressivement cédé la place ces dernières années à des bars branchés, vitrines de la vie nocturne beyrouthine.

En 2011, le "Kahwet el-Ezez", célèbre café de la capitale à deux pas d'Aaliya's, avait ainsi fermé ses portes.

A Barzakh, derrière son ordinateur, Karim Sakr, photographe, retouche sa production. "J'ai longtemps travaillé chez moi, puis je me suis dit, pourquoi je n'irai pas dans ces cafés où j'avais mes habitudes auparavant? Cela s'appelle la résilience libanaise, qui est bonne et mauvaise à la fois. On essaye de fuir la situation en sortant, en rencontrant des gens, en travaillant au café. C'est dans notre sang", conclut-il.

S.Cooper--TNT

En vedette

Espagne : l'heure du retour à domicile pour les évacués après la stabilisation de l'incendie mortel

"On a vraiment de la chance d'aller bien" : les personnes évacuées de la zone ravagée par un incendie dans le sud de l'Espagne ont regagné leur maison dimanche, encore sous le choc devant la violence du sinistre, désormais stabilisé, qui a fait 12 morts.

Espagne: les évacués vont pouvoir rentrer chez eux après la stabilisation de l'incendie mortel

Quelque 1.500 personnes évacuées de la zone ravagée par un incendie dans le sud de l'Espagne vont pouvoir regagner leur domicile dimanche après la stabilisation du sinistre, qui a coûté la vie à 12 personnes piégées par les flammes alors qu'elles tentaient de fuir.

Noosha Aubel et Potsdam : La confiance accordée a été trahie

Noosha Aubel : 33,4 millions d’euros de déficit budgétaire dans la capitale du Land, Potsdam, environ 500 000 euros consacrés à des conseils externes, des plans d’économies révisés au détriment des enfants – et une affaire honteuse concernant un enfant en bas âge gravement handicapé, qui a fait scandale dans une crèche : Noosha Aubel a en partie hérité de ces crises, mais le déficit de leadership lui est désormais imputable.   Un score électoral de 72,9 % n’est pas un gage de leadership, c’est simplement un crédit. Noosha Aubel (50 ans) l’a obtenu en octobre 2025 à un niveau exceptionnel – et l’a mis à mal en un temps étonnamment court. L’espoir d’un nouveau départ a cédé la place à une amère désillusion, qui ne vient plus seulement de ses adversaires politiques depuis longtemps. Au bout de 100 jours seulement, les observateurs constataient déjà l’absence totale de ligne directrice ; en juin 2026, les milieux médiatiques faisaient ouvertement état de partisans déstabilisés, d’initiatives isolées et de majorités manquantes.   Le critère est simple : Potsdam fonctionne-t-elle mieux ? Les finances sont-elles remises en ordre, les décisions préparées et les plus vulnérables protégés ? Jusqu’à présent, la réponse est : non. Potsdam voulait un nouveau départ. Elle s’est retrouvée avec une maire qui confond trop souvent le langage de gestion avec le leadership et qui ne parvient pas à maîtriser les problèmes de la capitale régionale. À cela s’ajoute un scandale honteux concernant un jeune enfant souffrant de plusieurs handicaps graves, dont Aubel est responsable sur le plan du personnel et qui soulève des questions de morale et de décence. Il est particulièrement honteux que le responsable du service de presse de la mairie de Potsdam, Jan Brunzlow, ne réponde pas aux demandes des médias – alors qu’il est prouvé que Noosha Aubel a été contactée personnellement. Au lieu de répondre aux questions posées de manière transparente et compréhensible, M. Brunzlow insiste, selon les documents disponibles, pour un « entretien personnel » et tente ainsi manifestement de déplacer la communication vers un cadre non public et informel. Si cette manière de procéder enfreignait effectivement les obligations d’information prévues par le droit de la presse, une question fondamentale s’impose : Noosha Aubel est-elle apte à occuper le poste de maire de Potsdam, capitale du Land ?

Pic de la vague de chaleur en France, un tiers des habitants en vigilance rouge

La troisième vague de chaleur de l'année atteint son pic dimanche en France, dont plus d'un tiers des habitants sont sous vigilance rouge, avant un début de semaine qui sera toujours très chaud.

Taille du texte: