The National Times - Guatemala : fin de campagne agitée entre deux prétendants de gauche

Guatemala : fin de campagne agitée entre deux prétendants de gauche


Guatemala : fin de campagne agitée entre deux prétendants de gauche
Guatemala : fin de campagne agitée entre deux prétendants de gauche / Photo: © AFP

Les Guatémaltèques choisissent dimanche leur prochain président entre deux sociaux-démocrates, au terme d'une campagne dominée par les attaques contre le favori des sondages, l'inattendu Bernardo Arevalo, qui a promis de s'attaquer à la corruption, et les mises en doute de la partialité du scrutin lancées par sa rivale Sandra Torres.

Taille du texte:

Qualifié à la surprise générale, Bernardo Arevalo, 64 ans, fils du premier président démocratiquement élu du pays, Juan José Arevalo (1945-1951), a promis de suivre les pas de son père pour améliorer l'éducation, combattre la violence, la pauvreté et s'attaquer à la corruption.

"Nous avons été les victimes, les proies, de politiciens corrompus pendant des années", a-t-il déclaré lors de la clôture de sa campagne. "Voter, c'est dire clairement que c'est le peuple guatémaltèque qui dirige ce pays, et non les corrompus".

Trois fois candidate malheureuse à la présidence, Sandra Torres, 67 ans, ancienne épouse de l'ex-président de gauche Alvaro Colom (2008-2012), a focalisé sa campagne sur la lutte contre les bandes criminelles et contre la pauvreté grâce à des programmes d'aide alimentaire et de formation.

Selon un sondage mercredi, Bernardo Arevalo, sociologue et ancien diplomate, était crédité de 50% des intentions de vote, devant Mme Torres, communicante et femme d'affaires, avec 32%.

Dans la dernière ligne droite, Mme Torres a déclaré vendredi "remettre en question ce processus électoral", se disant "préoccupée par toute altération des données" de comptage des voix par les personnes habilitées du Tribunal suprême électoral (TSE).

Le TSE "est-il impartial, est-il objectif ou appartient-il à Semilla?", s'est demandée la dirigeante du parti Unité nationale de l'espoir (UNE) en mentionnant le mouvement de son rival, lors d'une conférence de presse précédant sa clôture de sa campagne.

Quel qu'il soit, le vainqueur mettra fin à 12 ans de gouvernements de droite dont celui du sortant Alejandro Giammattei, au terme de quatre ans d'un mandat non renouvelable marqué par la répression contre les magistrats et les journalistes qui dénonçaient la corruption.

"Au Guatemala, Bernardo Arevalo est présenté comme l'option du changement politique" face à Sandra Torres qui "assume une position de défense du système traditionnel des dernières décennies", souligne auprès de l'AFP Arturo Matute, à la tête de l'institut guatémaltèque Gobernalisis.

"Si cela se confirme dans les urnes et que l'élection n'est pas" entachée de fraudes, "ce sera un grand espoir pour une reconstruction institutionnelle démocratique et transparente", a estimé auprès de l'AFP Francisco Rojas, recteur de l'Université pour la paix (UPEACE).

- Le Parquet contre Arevalo -

Bien que les deux candidats soient de centre gauche, le ministère public a multiplié les procédures contre Bernardo Arevalo, suscitant des soupçons contre les élites guatémaltèques, le voyant comme un danger pour ses intérêts depuis sa spectaculaire percée le 25 juin au premier tour de l'élection.

Sur avis du Parquet, un juge a ordonné la suspension de son parti, pour de supposées irrégularités lors de sa création en 2017. La Cour constitutionnelle a suspendu cette décision mais les services du procureur général ont perquisitionné en juillet le siège du parti.

Et jeudi, le procureur Rafael Curruchiche, sanctionné pour "corruption" par Washington, a annoncé de possibles arrestations de dirigeants de Semilla, n'excluant pas "des descentes, des mandats d'arrêt, des demandes de levée d'immunité après le 20 août".

Communauté internationale et analystes considèrent les actions du Parquet comme une tentative d'écarter M. Arevalo du scrutin.

Le chef du département d'Etat américain pour l'Amérique latine a plaidé vendredi pour un vote "dans le cadre d'un processus libre, équitable, transparent et pacifique". "Le véritable pouvoir de la démocratie réside dans le respect de la volonté du peuple", a dit Brian Nichols sur X (ex-Twitter).

Trois décennies après la fin de sa brutale guerre civile, le pays le plus peuplé d'Amérique centrale est enlisé dans la pauvreté, la violence et la corruption, ce qui pousse chaque année des milliers de Guatémaltèques à émigrer. Dix des 17,6 millions d'habitants du pays vivent sous le seuil de pauvreté, selon les statistiques officielles.

Le nouveau président prendra ses fonctions le 14 janvier 2024.

G.Morris--TNT

En vedette

Jordanie: stupeur et tristesse dans un village après l'attaque contre une église

Dans le village jordanien de Hammoud, des employés s’affairent à nettoyer les dernières traces de sang dans l’église Saint-Georges et à ses abords, où dominent stupeur et tristesse après l'attaque meurtrière sans précédent contre les chrétiens du royaume.

Cybersécurité : avec l'IA, "une période assez chaotique" commence, analyse un ex-conseiller d'Obama

Entreprises et administrations se sont précipitées cette semaine pour corriger deux failles critiques, découvertes grâce à l'intelligence artificielle (IA) dans PHP, un langage informatique qui fait tourner une grande partie des sites internet du monde entier.

Manifestation à Paris : 142 interpellations dont 126 gardes à vue, annonce la préfecture de police

Au total, 142 personnes ont été interpellées, dont 126 ont été placées en garde à vue, en marge de la manifestation samedi à Paris pour le pouvoir d'achat et la défense des services publics, a annoncé dimanche la porte-parole de la préfecture de police.

Crise sociale : une mobilisation toujours forte dans un contexte tendu

Des centaines de milliers de personnes ont à nouveau manifesté samedi en France pour défendre le pouvoir d'achat et réclamer de meilleurs services publics, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, estimant que "les cortèges se sont bien passés" malgré "près de 1.000" interpellations.

Taille du texte: