The National Times - Dans l'attente d'un accord sur sa dette, Casino s'enfonce au premier semestre

Dans l'attente d'un accord sur sa dette, Casino s'enfonce au premier semestre


Dans l'attente d'un accord sur sa dette, Casino s'enfonce au premier semestre
Dans l'attente d'un accord sur sa dette, Casino s'enfonce au premier semestre / Photo: © AFP/Archives

Le distributeur français Casino a publié jeudi de mauvais résultats semestriels, au moment où est attendu un accord sur la restructuration de la dette du groupe et la validation d'un plan de reprise par Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière.

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Le groupe aux 200.000 salariés dont un quart en France a annoncé jeudi avoir réalisé une perte nette de 2,23 milliards d'euros au premier semestre 2023, du fait notamment de dépréciations, contre 259 millions d'euros un an plus tôt.

Il a aussi averti que "la situation présente à date une incertitude" quant à sa capacité "à poursuivre son exploitation", "compte tenu des étapes juridiques restant à franchir pour mettre en oeuvre la restructuration financière" sur laquelle il planche depuis des mois dans le cadre d'une procédure amiable de conciliation sur sa dette.

Le groupe avait donné le 18 juillet son feu vert à l'offre de recapitalisation et de restructuration de sa dette présentée par les milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, adossés au fonds d'investissement britannique Attestor.

Cette offre prévoit notamment l'apport de 1,2 milliard d'euros d'argent frais ainsi qu'une forte restructuration de la dette - toutefois un peu moindre qu'attendu au départ. Les créanciers du groupe doivent donner leur aval à la proposition.

Les candidats à la reprise comptent céder les activités du groupe en Amérique latine - notamment au Brésil - pour lesquelles travaillent les trois quarts des salariés du groupe.

Lors d'un point presse téléphonique jeudi matin, le directeur financier de Casino David Lubek s'est dit "confiant" quant à la possibilité de trouver un accord d'ici à la fin de la journée. "Il y a un intérêt commun" à le faire, a-t-il estimé.

- Nécessité d'aller vite -

Si un accord de principe est bel et bien entériné, Casino prévoit ensuite de soumettre le plan à l'approbation de ses actionnaires actuels - dont le poids sera considérablement réduit, à commencer par l'actuel PDG Jean-Charles Naouri - "au plus tard" le 30 septembre, pour une restructuration de sa dette attendue d'ici la fin de l'année.

 

Les ventes du groupe ont baissé sur le premier semestre 2023, de 11,45 milliards d'euros en 2022 (chiffre retraité après la cession de l'enseigne brésilienne Assai) à 10,96 milliards d'euros (-4,2%), dans un contexte de forte inflation alimentaire qui gonfle les chiffres d'affaires des supermarchés.

Casino met notamment ce recul du chiffre d'affaires sur le compte de baisses de prix de l'ordre de 10% dans ses supermarchés et hypermarchés français, décidées après une année 2022 où le groupe avait gardé un positionnement de prix plus élevé que la concurrence.

Sa perte nette est le fait "principalement" de "pertes opérationnelles de Casino France" d'une part et, d'autre part, des dépréciations "des impôts différés actifs en France" et du "goodwill et des marques".

- Les syndicats sur le qui-vive -

La situation du distributeur est lourde d'incertitudes pour ses salariés.

Daniel Kretinsky s'est engagé à "préserver le périmètre maximal possible" d'hypermarchés et supermarchés.

Selon le premier syndicat du groupe, Force ouvrière, les repreneurs prévoient de "passer un grand nombre de magasins en franchise", modèle dans lequel la majorité des coûts relèvent du gérant.

La situation de Casino "augure de nouvelles transformations dont les salariés pourraient être une nouvelle fois la variable d'ajustement", a aussi alerté la CFDT Services, pour qui le passage de magasins en franchise serait autant de "restructurations qui ne disent pas leur nom". Elle espère "une réelle implication des pouvoirs publics".

Devant l'Assemblée nationale, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire avait déclaré le 11 juillet que l'Etat serait vigilant sur "l'avenir des 50.000 salariés du groupe" en France et sur le maintien du siège historique du groupe à Saint-Etienne. Les salariés "n'ont pas à payer pour les erreurs qui ont pu être commises par la direction", avait-il dit.

Les candidats à la reprise de Casino ont indiqué vouloir maintenir le siège à Saint-Etienne et en faire "le centre d'innovation" du groupe.

M.Wilson--TNT

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